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tronomie. Il examinoit soigneusement , dit-il ensuite , le cours des Altres. Jugera-t-on après cela que CHARLEMAGNE paslât le reste du tems à grifonner des lettres. Il y a bien plus d'apparence qu'il faifoit autre chose ; & l'on n'a qu'à corriger deux mots pour trouver la pensée de l'Auteur , & reconnoître la veritable occupation d'un Prince qui aimoit tant à cultiver les beaux Arts *. Il y avoit donc ainsi dans l'Original, Tentabat ( pingere ; tabulasque a codicillos ad hoc in lectulo fub cervicalibus circumferre. Solebat, nt cum vacuum tempus eljet; manum effigiandis lineamentis aluefaceret. Il s'étudioit aussi à peindre, e portoit pour cela ordinairement des tablettes & des cahiers qu'il mete loit sous le chevet de son lit , afin de se former la main et de s'habituer dans les momens de loisir à copier facilement des de feins. Ce qui fait un sens naturel, & donne une idée plus raisonnable. Mais il est aisé de juger que le Manuscrit étant Gothic que , on n'a pas pris garde qu'au lieu de scribere qu'on croyoit y li

re, * Artes liberales ftudiofiflimè coluit.

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te, il y avoit pingere ; les premieres lettres de ce mot étant confonduës ou abregées selon l'ordinaire de cette écriture , & que le G ainsi figu

3 , ressemble assez à nôtre b:ce que je puis justifier entr’autres , par cette Medaille Gothique que j'ai, & que je donne dans la l. Planche Figure 3. On a substitué de même litteris au- lieu de lineamentis , qui y étoit sans doute d'une maniere abregée.

Ce terme au refte n'est point étranger à cette matiere puisque Pline s'en sert : Nec qui fuccederet , ditil, en parlant de la Venus d'Appelle, operi ad præfcripta lineamenia inventus eft : Et il ne se trouva perSonne qui fist capable de travailler sur cette ébauche. Aufli apelle-t-il cette espece de peinture pictura linea. ris : comme qui diroit , je pense, les esquisses & les desseins que font les Peintres. Tacite dans le livre qu'il a fait des moeurs des Allemans, lorfqu'il parle de certains secrets de couleurs qu'ils avoient, se sert du terme lineamenta , dans un sens qui confirme beaucoup ma conje&ure. Quedam loca , dit-il, diligentiùs illinunt terrà ita pura e splendente, út.pic

H4

turam

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turam ac lineamenta imitentur. Its frottent de certains lieux fort adroi

tement avec une terre fi pure e fi

Inifante, qu'elle imite la peinture et * Les les lineamens *. Je ne crois pas qu'on defeins.

puille répondre à cette conjecture; 1. 35. car pourquoi l'Auteur se seroit-il ser

vi du mot tabulds qui convient plûtôt , & principalement de son tems , .au dessein qu'à l'écriture ; & ce qu'il ajoute, ensuite témoigne assez que c'en est le sens. L'Emperenr, ditil, n'y put réussir, car il s'y étoit appliqué trop.bard : Sed parum suce 6efit labor præpofterus , ac fere inchocius.

Il feroit ridicule de dire que ce Prince qui avoit tant profité dans la science de la parole, comme nous le represente fon Historien, n'eût pû faire aucun progrès dans celle de l'écriture, dont les regles ne sont ni fi difficiles, ni si nombreuses , après y avoir employé apparemment plusieurs années. En verité, Monsieur, cela ne vaut pas la peine d'en dire davan. tage, & j'apprehende de m'y être trop étendu : je reviens aux Manuscrits & à ce qui peut nous faire connoître les anciens d'avec ceux qui le font moins.

Les

Les premiers outre les lettres Majuscules qui les distinguent, ont encore deux autres marques. La premiere , qu'ils sont écrits d'un même contexte , sans aucune distinction de mots, ou pat versets, selon S. Jerôme dans sa Preface sur la traduction d'Isaïe. C'est assurément la plus ancienne maniere d'écrire , & je-conjecture qu'elle a duré : jusqu'à l'Empire de Neron. J'en tire la preuve de Suetone dans la vie qu'il a faite de Valerius Probras de Beryte. Ce Grammairien *, dit-il , s'attacha à corriger les livres ,

À

y mettre des points des accens. Ce qui me fait juger que de son tems les Manuscrits . n'avoient ni points, ni distinction de mots ; car Suetone après avoir dit que Probus ne s'appliqua jamais à au. tre chose , il ajoûte que ce Grammairien fe fit moins des disciples que des seetateurs. Hic non tam difcipu: los quàm rectatores aliquot habuit. En quoi l'Historien semble marquer ? que celui dont il décrit la vie, a été l'Auteur de cet usage, ou du-moinsi

HS

qu'il:

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* Multaque exemplaria contrada emendare ac diftinguere & adnotare curavit. Soli huic ncc ulli præterea Grammatices parti dedicuso.

qu'il a été le chef de ceux qui l'ont luivi.

Il s'introduisit dès ce tems-là apparemment un genre d'homines parini les Grecs, qui n'avoient d'autre emploi ni d'autre étude que de corriger les livres, d'en séparer les mots & d'y mettre des accens. Seneque qui vivoit du même. tems que ce Grammairien , confirme assez mon opinion de la nouveauté de cet usage: Nos autem , dit-il , cum fcribimus interpungere consuevimus : Car pour nous autres, quand nous écrivons nous avons accontumé de distinguer á de ponctuer nos discours. Par où il paroît que c'étoit une chose qui commençoit à s'introduire Seneque s'en servoit pour rendre les Ouvrages plus commodes à lire.

Enfin la seconde maniere, est de ceux qui sont ponctuez à chaques mots

& où l'on trouve quelques accens ; tel est le celebre Manuferit des Pandectes Florentines que quelques Sçavans croyent être du tems même de Juftinien ; ce qui montre aufli

que les lettres majuscules étoient encore en usage dans le VII. fiécle.

Ce seroit ici le lieu de parler d'une autre maniere d'écrire qui s'introdui

& que

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