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écorces d'arbres dont parle QuinteCurse : Libri arborum teneri hand fecus quàm cera litterarum notas capiebant : Sur lesquelles les lettres s'im

primoient aussi aisément que sur de „ la cire.” Panciroles témoigne avoir vû & lû plusieurs de ces livres écrits en caracteres Lombards ; j'en ai vû aussi chez le P. du Moulinet, que j'ai conjecturé, sur ce passage de QuinteCurse, être des Indes. Tite-Live & Apulée parlent en beaucoup d'endroits de livres de lin , Libri lintei. Ils ont été long-tems si précieux , qu'on ne s'en servoit que pour y conserver les actes de la vie des Empereurs Romains ; & ces livres étoient gardez dans le Temple de Junon Moneta.

Je suis en peine de savoir néanmoins fi dans ces fortes de Livres les caracteres auroient été tissus avec le lin, ou s'ils

у avoient été peints seulement. Le premier pourroit bien être ; puisque dans l'Orient, d'où vient l'art d'imprimer de quelque maniere que ce soit, l'usage de faire des toiles avec toutes sortes de figures y étoit fort ancien. Aussi un Commentateur d'Apulée sur ces paroles , Elle avoit äü-devant un voile de lin qui contenois qui faifoit voir les voxx:

Carbafus

Carbafus lintea votum ingestans progerebat , dit que les lettres étoient tissues sur le voile littera in carbafo intecte. Ce qui étoit en usage apparemment parmi les Grecs, comme on le peut confirmer par un endroit de Pline, où parlant de Zeuxis , il dit que ce Peintre après avoir acquis de grandes richesses, portoit un manteau par ostentation , avec son nom tissu en caracteres d'or dans les compartimens : Opes quoque tantas aquisivit, ut in ostentatione earum Olympia ana reis litteris in palliornm tefferis in textum nomen suum ostentarit. A l'é. gard néanmoins des Livres de lin, je crois que les Grecs n'en avoient point l'usage ; ce que je remarque dans Vopiscus sur la vie d'Aurelien, où il distingue cette espece de Livres d'avec ceux des Grecs ; ce qui apparemment étoit précieux dans ce tems-là. Je trouve encore dans une Inscription de Gruter, qu'il y est parlé en quelque façon de deux manieres de Livres, dont je ne connois point la dia ftinction qu'il y est faite de la premiere avec le papier & le parchemin. NAM. NEQUE. HIC. ATRAMENTUM.

AUT PAPYRUS.
AUT MEMBRANA. ULLA.

On

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On se servit aussi pour écrire d'ancre de plusieurs couleurs *. Il faut que l'usage de se servir de l'or soit bien ancien; puisqu'un ancien Auteur rapporte qu'une des Odes de Pindare, qui est , ce me semble la septiéme, fut écrite en lettres d'or & conservée dans le Temple de Minerve. L'argent & le pourpre étoient prodiguez pår les Grands. Les Empereurs Grecs s'étoient reservez à eux seuls le droit d'user de la derniere couleur. Les Tuteurs de ces Princes s'attribuerent depuis celui de ratifier ce qu'avoient fait leurs Pupilles en écrivant avec de l'ancre verte, comme on le voir dans Nicetas au sujet d'Alexis Comnene fils de Manuel. Je ne sçai li dans la suite des tems cet usage passa dans nos quartiers & si cela distinguoit encore la qualité des gens. Mais j'ai un Testament écrit. en longue feuille de parchemin vers 1400.

Je ne sçai non plus si les sceaux de cire verte que nous voyons à plusieurs Pancartes, ne tireroient point leur origine de ce que rapporte l’Historien de Constantinople. L'illustre Monsieur du Cange dit qu'on les employoit aux chartres, aux remissions & aux privileges , & que la couleur verte marquoit que ces graces subsisteroient long-tems, & que ces titres demeuroient toujours dans leur force. Ne peut-on pas dire aussi que l'usage de l'Empire Grec a passé dans nos Provinces , & qu'on se servoit de cette couleur pour des confirmations, des ratifications, ou des renouvellemens de graces & de privileges par les premiers Officiers de l'Etat , à qui le Prince en avoit commis la charge On pourra voir cela aisément aux Chambres des Comptes, en examinant les Patentes où il y a de pareils sceaux, telle

storien

Selon Pine néanmoins il y en avoit une espece pa tie Buliere pour les livres , que l'on détrem oit avec de l'alline the

four les garantir des rats. Atramentum librarilun 6x diluto ejus temperatum litteras à mufculis Iuctur,

que j'en ai une de 1221. donnée par Blanche Comtesse de Troye & de Champagne , & qui est une confirmation d'une aumône qu'on avoit faite à une Eglise. J'ai appris de Monsieur Arnold le fils lorsqu'il étoit, à Paris, qu'en Allemagne il n'est permis qu'aux Etats de consequence de sceller leurs expeditions en cire rouge ; ce qui a quelque rapport à ce que je viens de dire , qu'il n'étoit permis qu'aux Souverains d'écrire de cette maniere.

La

La derniere espece de Manuscrits est de ceux dont le caractere eft menu & rond, comme celui de nos impressions, ou bien dont les jambages des lettres commencent à étre ou tetragones ou pentagones , tels que font les Gothiques. Ce n'est que dans l'Occident où les Goths & les autres nations semblables se sont le plus arrêtées, que ce caractere s'est introduit ; & il est resté même dans les lieux où ces peuples furent obligez de se retirer, & où la barbarie de leur Langue est en quelque façon demeurée, comme la Suisle & l'ALlemagne. Les Provinces du Nord ne sont pas oubliées dans ce genre, nonobstant l'impertinente & folle vision de Goropius Becanus qui veut que le Flamand soit sans exception, la plus agréable, la plus noble & la plus a cienne de toutes les Langues.

A l'égard de l'Angleterre , il y a bien de l'apparence que les Normans y ont porté avec leurs loix , ces mêmes caracteres qu'ils avoient conservez des Goths dont ils sont fortis. Spelman confirme cela en quelque endroit , quoiqu'il attribue aux Saxons particulierement l'origine de sa Langue; mais les Saxons eux-mêmes Tom. II.

I ti

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