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tiroient la leur des Goths, comme il en demeure d'accord : & ce qui établit mon sentiment fondé encore sur ce qu'en ont dit Josias Simler,

& Olaus Magnus Archevêque d'Upsal au sujet des Goths, des Cimbres & des Şaxons , qui sont des peuples d'une même origine.

On juge encore de ces Manuscrits par l'ancre, par le papier , ou le parchemin dont on en trouve beaucoup où l'un & l'autre sont mêlez ensemble ; ce qui a été fait

par menage ou par avarice environ au XI. fiécle, selon la remarque de Lambecius , & ce qui a duré deux ou trois cens ans. L'épaisseur de l'ancre marque l'antiquité, le mélange du parchemin va après; & la quantité des abreviations me feroient croire pour j'ai donnée plus haut , qu'ils seroient les plus anciens de cette troisiéme efpece , fi l'experience ne me faisoit juger le contraire.

Ce n'est pas que dans les derniers tems il ne se trouve des Manuscrits en assez beaux caracteres; car les Princes avoient toujours conservé des gens qui copioient le mieux qu'ils pouvoient selon les tems ; & ceuxU sont mieux écrits, Et je crois mê

la raison que

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me que c'étoient des peintres qui les copioient, vû les mignatures qui se rencontrent dans ces fortes de Manuscrits du bas âge D'où vient mê. me que l'on dit une écriture peinte, lorsqu'elle est bien écrite. Le palfage de Loup de Ferrieres dont j'ai déja parlé , confirme merveilleusement l'une & l'autre conjecture. Aufli ce Peintre * dans le dernier siécle à qui l'on demanda un essai de sa main pour le presenter à Leon X. ne fit autre chose qu'un O avec un pinceau ; ce qui fait voir , felon mon sens, que dans ce tems-là encore l'art de la plus me & celui du pinceau n'étoient

pas separez , & qu'il suffisoit d'être habile en l’un pour faire connoître qu'on excelloit' en l'autre. Il est facile de distinguer ces Manuscrits pour peu qu'on en ait vû d'anciens & de

mo dernes. Vous jugerez de cela, Mons sieur , aussi aisément que vous feriez de deux maisons de même ordre & de même grandeur, dont l'une auroit seulement un demi fiécle devant l'autre.

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De Præterea scriptor regius Bertaudus dicitur ano aiquarum litterarum duntaxat earum quæ maxime funt & unciales à quibusdam vocari exiftimantur habere mensuram descriptam. Itaque li penes vos eft, mitte mihi eam per hunc quæso pi&orem cùm rcdierit, &c. Lupus Fer. Ep. V. ad Eginhart.

De toutes les Langues qui nous font restées , voilà les plus illustres dépositaires des sciences, & les plus celebres interpretes des Religions qui sont le plus en vogue. Je ne crois pas qu'on trouve quelque chose de considerable dans les autres. S'il fe trouvoit néanmoins des - Manuscrits dont les titres que vous vous feriez expliquer vous en donnaflent bonne opinion , vous ne sçauriez manquer de les acquerir , fi cela se peut. Si vous trouviez Monsieur Galland en chemin , faites amitié avec lui; perfon- . ne sçauroit vous donner de meilleures leçons sur cette matiere; il sçait les Langues, il cultive les sciences il a du zéle pour les Lettres , & fa vertu lui a acquis autant de lumieres que la nature lui a donné d'inclination pour les communiquer , fi on lui en donnoit les moyens. Après cela , Monsieur , si vous êtes allez heureux pour faire quelque découyerte, vous aurez dequoi faire votre cour içi. Et yous vous ferez outre cela un trésor de reputation , non seulement dans votre patrie, mais même parmi les Etrangers & les Voyageurs. Ce que vous devez faire pour

cette

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cette recherche, aussi-bien que pour le reste dont je vous ai parlé, c'est de visiter les Palais, les Bibliothe. ques publiques & particulieres , les Cabinets , les Trésors des Eglises, des Monasteres , des Temples, des Maisons de Ville, des Republiques. il ne faut pas. ômettre de voir les ruines des Villes, des Temples , des Palais & des autres monumens publics ; car dans tout cela , on ne laisse pas de découvrir & de ramasfer une infinité de choses que vous devez décrire & recueillir exactement. Ne vous embarrassez point d'abord de l'ordre que vous y mettrez. Ecrivez tout de suite, & ne laissez rien échaper Quand vous serez de retour, vous y remettrez la main, & vous retaillerez ce Jardin pour lui donner une fymimerrie plus réguliere. Enquêtez-vous en chaque lieu qui sont les sçavans ou les gens curieux qui y demeurent'; on ne leur sçauroit faire un plus grand plaisir que de leur témoigner que c'est leur répritacion qui vous y attire ; & je Tuis : für que vous éprouverez des effecs de leur ouverture de cour, de leur bien-veillance ou de leurs liberalitez ; car ils vous permettront ou de copier leurs Manuscrits, ou de dessiner ce qu'ils auront de plus rare. Retenez leur nom, leur âge, leur demeure & la fituation du lieu, & ce qu'ils vous diront de plus fin-> gulier. Faites-en de même auprès des Ministres de la Religion de chaque païs où vous parlerez.

Au-reste , Monsieur', la connoifsance de la Religion du pais où l'on se trouve , est un grand point pour découvrir beaucoup de choses. Il faut tâcher de s'en instruire pour pouvoir accofter plus commodément ceux qui en sont les Ministres , parce qu'ils sont plus habiles que le commun des ? hommes , de qui les Etrangers pour-: roient apprendre quelque chose. Et comme c'est particulierement parmi les Sectes chrétiennes que vous pourrez apprendre davantage , à cause qu'elles ont conservé plus de livres qui leur donnent quelque ouverture & quelques notions du tems & des choles passées ; il faut vous appliquer quelques momens pour connoître leurs usages , & pour sçavoir.ce qui les divise d’avec nous. Mais rien. au monde n'est plus propre pour acquerir cette connoissance en peu de tems, que le petit Traité du Pere Si

mon

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