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faifoit fans doute de ces pieces plus ou moins grosses selon le caprice du Prince ; il falloit pourtane qu'ont en fîc beaucoup, & qu'elles fuffent communes, comme je le conjecture sur ce que Capitolin rapporte de Ve. rus : * Il pettoit , dit-il, de prèsgroßes Monnoyes dans les Hôtelle. ries, e prenoit plaisir d'en casser les pots. Cecte espece qui est d'ordinaire de bronze eft rare, cela s'entend des Romaines; car on en trouve de Grecques, principalement d'Egypte , qui font communes : ce que je vous expliquerai en vous parlant des Greco ques en particulier

Ce genre d'antiques est aussi plus recherché , paree que la grandeur du deffein faisant mieux remarquer ce qu'elles contiennent; l'histoire & les lettres entirent de plus grands fecours, quoiqu'en veuille dire Gio. feppe Monterchi. Cet Auteur prétend qu'on doit plâtôt regarder les Médaillans

par

leur beauté & leur perfection, que par l'histoire , comme s'ils n'y avoient du rapport que par hasard's ou li en general ils ne

pouvoient Jaciebat in popinas nummos maximos , quibus galices frangereto Capile. , vero!

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pouvoient pas y apporter un grand éclaircissement :1 en quoi il se trom pe fort-, d'autant plus que

les Més daillons Grecs de l'Empire ne sont la plâpart du tems confiderables que par leurs types historiques , & ne le sont nullement par la délicatesse de leur deslein. Ausili semble-t-il vouloir les distinguer d'avec les autres Monnoyes, quoiqu'il soit certain que les uns & les autres n'ont qu'un même principe.

il se trouve aufli des Médaillons en argent, mais dans le haut Empire, qui commence depuis Pompée jusqu'à Poftume. Ils font un peu plus grands qu'une piece de quinze fols, & gros comme un écu au-plus. Dans le bas Empire ils paffent souvent cette grandeur, & font aufli minces qu'une piece de quinze fols. On en trouve aufli d'or de cette derniere grandeur qui pesent quatre ou cinq pisto les. A l'égard de la rareté, cela dépend de l'Empereur. Le Pois rapporte dans fon livre quelques Més dailles d'argent ; comme d'Agrippi+

de Vitellius, de Tite, de Do mitien , de Trajan, de Plotine, d'Hadrien , de Sabine, d'Antonin, des deux Faustines, de Lucius Verus, de

Commode,

ne ,

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>

Commode , de Philippe , sa femme & de son fils, dont il spécifie même le poids.

La grandeur qui fuit est des Mé dailles qu'on appelle de grand bron. ze, à-peu-près comme une de nos pieces de trente sols, mais plus épaifa fes. S'il s'en trouvoir d'argent de cette grandeur , elles seroient rares.Dans le bas Empire. qui commence: après Postume", le grand bronze est Medaillon, parce que la maniere des : Monnoyes étoit changée.

Le moyen bronze est comme une piece de quinze sols ou environ, & plus épais très-souvent:

Enfin le petit bronze est comme une piece de cinq sols ou environ. Cette derniere grandeur est aussi celle des Médailles d'argent, c'est-àdire, du denier Romain , fi ce n'est vers le bas Empire , où elles font quelquefois ou un peu plus grandes ou plus petites."

Les Médailles d'or approchent aussi de ce dernier modéle : mais dans le haut Empire, elles sont épaisses comme une piece de quinze fols, & dans le bas .comme une de cinq sols out: environ. On en trouve néanmoins & d'or

&

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:

& d'argent , qui ne font grosses &
grandes que de la moitié de ces pre-
mieres ; on les appelle des Quinaia
res , quoiqu'improprement, à cause
seulement qu'elles sont grandes coni-
me des Quinaires d'argent. Ces der-
niers ne sont pas fi rares que ceux
d'or : & je crois que Domitien für
le premier qui fit battre des Quinai-
res d'or , que Martial a peut-êtrei
désignez par ces vers : :

Aut libram petit illa Cosmiani
At binos-quater à nova moneta..

Lil. Ep. 15

DES:

RES

C'étoit

peut- être ce qu'on donnoit aux femmes publiques de son tems; ce que Monfieur de Beuverland n'ou- . bliera

pas

fans doute d'expliquer dans fon Traité.

Après avoir décrit les métaux & GEN les grandeurs des Médailles , l'ordre DE ME- & l'ufage veulent qu'on les divise LES. par le nom des principaux peuples

qui les ont fabriquées. Je les distingue donc en Hebraïques, en Puniques, en Grecques & en Romaines, sous lesquelles on peut comprendre toutes celles que les autres nations du monde ont eûës en usage chez elles li ce n'est qu'on en veüille

DAIL

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faire un cinquiéme genre de Bar-
bares..."

Les Hebraïques ou Momoyes des LES HE-
Juifs s'appellent ou ficles , ou drag- BRAI-

QUES. mes ou oboles : ce que ces peuples doubloient ou diminuoient selon lufage des nations voisines avec lefquelles le nom de leurs Monnoyes étoit commun. C'est pourquoi il y a des ficles d'argent & de bronze de toutes grandeurs ; ce qu'on appelle demi - licle , quart de ficle , & ainfi des autres , comme il eft marqué fur la Médaile. A l'égard de l'or je n'ai jamais lâu nulle part que les Juifs en ayent fait frapper de la Monnoye.

La legende ou les lettres qui sont autour de la Médaille font Samaritaines. Le Pere Kirker en rapporte quelques-unes dans Oedipe Egyptien qu'il dit être en caracteres Aflyriens ; & il faut remarquer que toutes celles qui font en lettres Hebraïques, sont toutes de coin moderne ou moulées. Il y a quelquefois d'un côté un Palmier qui est le symbole de la Palestine, comme on le voit dans celle de Vespafien & de Tire où il y a JUDEA CAPTA, & de l'autre côté des gerbes ; d'autres ont une feuille de vigne & un

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