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gue de l'utilité aux Lettres en general, & à l'Histoire en particulier, par les découvertes qu'on y peut faire. Car les Grecs & les Romains n'ont pas eu seuls la sagesse en partage. En voici deux que je donne dans la Planche V. Fig. 2. pour la fingularité jou

type ou du caractere.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que toutes les Médailles dont je viens de parler ont exercé la curiosité des hommes & quelles ont été mises au rang des bijoux pour en repaître non seulement les yeux, mais son esprit ; & l'amas

& qu'on en faisoit sans doute , & le plai- sir qu'on y prenoit n'étoient pas me

diocres puisque les Jurisconsultes ont crû qu'on en pouvoit leguer l'usufruit, comme je l'ai rapporté. Quoique les loix Romaines les aïent appellées des bijoux, je ne sçaurois m'imaginer qu'on les portât au cou ou ailleurs, en guise de parure , comme le veut Monsieur Chifler dans fa defcription du Tombeau de Childeric, en inrerpretant de cette maniere la décision du Jurisconsulte Pomponius. Je ne sçai pas non plus où ce sçavant hommé a pris cette vision, qu'on ne sçauroit appuyer d'aucune autorité raisonnable. Pas un Auteur ancien ne parle de cet Tom. II.

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usage a

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politele.

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usage , & il y a bien de l'apparence que les Romains & les Grecs n'en faisoient pas, non plus que nous, un emploi fi ridicule & fi éloigné de leur

Il ne reste plus, Monsieur, qu'à vous RO parler des Romaines qui sont & plus

communes, & plus connuës. Elles se divisent ordinairement en Consulaires & en Imperiales, & on en trouve de tous métaux & de toutes grandeurs; cela veut dire des Medaillons, de grand, moyen & petit bronze: j'ai expliqué déja quelles étoient ces grandeurs.

On trouve parmi les Consulaires quelques Rois de Rome avec le diadème , & & quelque Rois étrangers comme Boccus, le dernier Philippe de Macedoine & yugurtha. On y trouve plusieurs grands personnages, comme le premier & le second Brutus, Metellus , Marcellus , Regu. lns, Sylla, Pompée, son fils, ceux de la conjuration contre Cefar , Labic. nus &c. elles sont toutes d'argent pour la plâpart : & c'est ce qu'on appelle le denier Romain. On en trouve quelques-unes de Médaillons , & quelques-unes encore de Grecques. Fulvius Ursinus dans le dernier fie

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2016

ele, & Monsieur Patin dans celui-ci, nous les ont amassées & expliquées. A-propos d'Auteurs, Monsieur, qui ont donné des Ouvrages sur les Médailles, il n'est pas hors de sujet de vous dire qui font ceux qui peuvent nous inftruire beaucoup , non-seulement pour cette curiosité, mais même pour les belles Lettres.Scaliger qui n'aimoit pas aflurément les études vaines loüoit cependant Fulvius Ursinus comme un Auteur où il apprenoit extrêmement. Antonius Augustinus Evêque de Tarracone est de ce genre ; ses Dialogues sont merveilleux : auffi ne cedoit-il pas en sçavoir à celui que Scaliger estime tant. Goltzius & fon Commentateur Nonnius, Savot, & ce qu'a fait Monsieur de saint Amant sur les Empereurs sont de ceux dont on ne doit pas se passer. Ce der nier avoit travaillé sur les Grecques. Ilseroit fort à souhaiter qu'on eût communication de ses Manuscrits, ou que ceux de la famile qui les possedent, les voulufsent faire imprimer ; cela étant du gout du tems, ne pourroit manquer d'être bien reçû. Tous les Ouvrages de Monsieur Spon sont li

remplis de mélanges agreables d'anetiquité, qu'ils sont d'un grand secours

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pour

pour cette étude ausfi-bien que les differentes Dissertations qu'a faites Monsieur Patin sur la même matiere.

Enfin 1 Ouvrage que les Sçavans & les Curieux doivent le plus étudier, est celui de l'illustre Monsieur de Span" heim ; ses Dissertations li {çavantes & fi curieuses ont donné de la noblesle à l'étude des Médailles. Tout

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eft nouveau & pour l'ornement & pour l'érudition ; & ses critiques si justes &

; fi folides, font bien voir ce qu'il peut faire sur d'autres sujets : que ne doiton pas esperer des nouvelles Differtacions qu'il promet? Nous verrons dans quelques années un Ouvrage que Monsieur Morel nous doit donner, qui comprendra les types de toutes sortes de Médailles. Comme il les defline merveilleusement, & qu'il les sçait expliquer de même, il est impossible que son Livre n'ait des avantages très considerables, & ne réponde à l'attente des Curieux.

Je reviens, Monsieur, aux Inperiales qui sont ou Latines ou Grecques , comme je l'ai déja dit ; elles le partagent encore en haut & bas Empire. Le haut Empire commence à Pompée & finit à Postume : & l'on appelle le bas Empire tout ce qui suit Postume juf

qu'à

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qu'à Heraclius , où les belles suites finissent. Cependant on peut aller jusqu'aux derniers Empereurs Grecs que Bajazet détrôna tout-à-fait. Monsieur du Cange a fait graver celles du Roi dans fon excellent Ouvrage des familles Bysantines. Je crois aufli les avoir presque toutes ; elles ne sont gueres belles ordinairement, mais néanmoins elles nous peuvent apprendre quelque chose.

Les Médailles d'or comme elles sont d'ordinaire d'un métal très-pur, elles sont aufli les plus conservées , parce que la roüille ne les gâte point comme les autres. Le poids de ces Médailles est fort different , principalement vers le bas Empire. Elles ne sont

pas

à la bienseance de tous les Curieux, parce qu'elles tiennent lieu de beaucoup, & qu'il y en a dont les têtes n'écant

pas beaucoup rares dans les autres métaux , coûtent néanmoins trois ou quatre fois davantage que les plus cheres d'argent & de bronze. Il n'y a rien de la beau & de fi riche que celles du Roi, depuis principa:ement qu'elles sont augmentées de ce qu'il y en avoit de plus singulieres & de plus couservées dans la plậpart des Cabinets de l'Europe.

03 O 3 Le

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