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Explication pour les connoître, & d'enseigner enfin la maniere de les faire & d'y réuflir. Il seroit à sout haiter qu'il eût exécuté ce deflein.

Il ne faut pas oublier ici que le Livre d’Agrippa de la Philofophic occulte , n'est proprement que

le lecret & l'explication des Talismans, quoique jusqu'à-present on ait eu de fon Ouvrage une opinion moins avantageuse. Cela vient sans doute de ce que ceux qui ont travaillé sur ce fujet, l'ont fait fi obseurément , & couvert leurs Ecrits de tant d'énigmes , que le Vulgaire & quelquesans même de ceux qui s'en distinguent, l'ont attribué à une science dangereuse & défenduë. Je fçai que les termes dont ils se font servis, & que les ceremonies qu'ils veulent qu'on obferve pour la fabrique de leurs fecrets, ont une apparence dangereuse ; mais qui ne le feroit point , fi elle étoit developpée & expliquée comme on doit faire les fecrets de la Chymie.

Il feroit à souhaiter que ces Auteurs nous eussent laissé la clef de leurs Ecrits : peut-être aussi l'ont-ils fait & que quelque ignorant ou quelque enyieux nous la retient.

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Il y en a tant aujourd'hui qui font condes tombeaux de leurs Bibliotheques UN EN. ou de leurs Cabinets, & qui ont moins VIEUX d'avidité , quelques ardens qu'ils RANT. soient d’acquerir pour eux ce qu'ils trouvent de rare, que d'empreslement de l'ôter au public. Nous en avons vû un entr'autres d'un genie tout particulier. Il vouloit un mal mortel à celui qui avoit fait imprimerun Livre dont il avoit le Manuscrit. C'est conrre lui que Monfieur Petit a fait une piece imprimée parmi ses. Poësies intitulée in B1BLIOT A PHUM, contre un Entera reur de Livres. Cet homme avoit passé sa vie à acheter des Livres & des Manuscrits, & il étoit de lui ce que Lucien dit d'un de ses semblables. Les Libraires loüoient son difcernement en ce qu'il achetoit leur marchandise : ainsi devenu la proye de leurs discours & de fa vanité, tout son bien a été * un tresor acquis & un fond assûré pour eux. Quoique dupe néaninoins à les payer , il en avoir fait un amas & très-curieux & très-considerable. Mais par malheur

C6 pour και θησαυρός έτοιμος τους καπήλοις αυtwy.

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pour lui , ni la connoissance des Auteurs & de leur merite , ni l'amour des sciences, n'autorisoit le choix de sa folie , & n'excusoit pas sa profufion; on peut dire qu'il n'avoit aucun motif honnête, il achetoit *

Ni fans aimer la Lyre , ou cherir.

quelque Mufe.

Ce n'étoit pas pour s'en servir , mais pour en ôter l'usage aux autres , & pour nous dérober ce qu'on lui disoit

être unique , curieux ou fingulier ; semblable à ce chien du proverbe dont Lucien 8 parle en plusieurs endroits, & dont quelquc Grec a fait une Epigramme que voici : Sur de l'orge entafé , remarquez bien ce Dogue

Son instinct envieux câ rogue, Défend, fans en manger, l'apprache du cheval.

Ainsi jalo:4x , l'avare enrage, Que dit trefor dont il joüit si mal, Un autre en fit meilleur usage.

Ne * Nec. studio cytharæ nec Mufæ deditus ullia

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Hor. 2. Serm.

$ κύων εν τη φάτνη. Dans le Mifantrope contre un Envieux ignorant.

Coro

Ne seroit-il point descendu, Monsieur , de ce genre d'hommes de Galatie , dont parlent Strabon & Athenée ; au-moins son nom a beaucoup deau. de rapport avec le leur, & fon inclia nation ne differoit en rien de leur manie. Ces peuples qu'ils appellent KOPAICTAI, défendoient par un pur caprice qu'on se servît ni de l'or, ni de l'argent, & ne permettoient pas qu'on enlevât de chez eux ces métaux qui leur étoient fi inutiles. Tel étoit ce Bibliotaphe si bien décrit par notre ami , & à qui il donnoit un fi bon confeil de vendre sa Bibliotheque ; parce qu'il est plus naturel d'enfermer des écus dans son coffre , que des li

yres.

* Vend les tous mon ami, les écus

dans un coffre S'enferment mieux.

Il avoit des Manuscrits uniques, & en grand nombre , cependant à peine en apprenoit-on le nom ; & je ne sçache aucuns Sçavans qui se foüent de lui dans leurs Ouvrages ou autrement

pendant * Vende omnes ; melius nummi condentur in arca.

L'OFFRE MAG

pendant quarante ans qu'il les a pofa fedez. Sa fervante qu il avoit époufée sur la fin de ses jours, les lui a fait vendre , & il n'y a gueres de Biblioheques dans Paris qui n'en ait profité. J'en ai eu en mon particulier quelques Manuscrits , entre lesquels est un Grec de Pletho fur la Geographie , dont Monsieur Bourdelot parle dans l'Edition d'Heliodore. Il promettoit de le donner ; & le mien pourroit bien être le même qu'il pofsedoit.

Quoiqu'il en soit, Monsieur , nous

fommes dans un siécle & sous un PrinNIFI- ce qui nous consolent de ce que ces

ames basses & envieuses nous déroROY bent. Quelles recompenses le Roy ne

pas à ceux qui ont fait des TITE- découvertes falutaires , & quel em

preslement n'a-t-il pas à les communiquer , non seulement à ses sujets, mais à toute la terre ? Vous sçavez ce que LOUIS LE GRAND a donné autrefois a un grand nombre de Sçavans & ce qu'il donne encore depuis si long - tems à quelques - uns d'eux , pour leur procurer le loisir de cultiver les Muses & d'enrichir le public par leurs Ecrits. Quels ordres ne donne-t-il pas de publier ce qu'on

découvre

QUE
DU

POUR donne-t-il

LE

LIVE.

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