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SERENISSIMO DE L P HINO

Jos. OLIVETUS. Q UÆRENTI mihi, SERENISSIME DELPHINE, quæ potiffimùm literaturæ pars te nunc haberet, Eloquentiam spectare dictus es : cùm Poëfim & Historiam deguftasses ha&enus, ut ingenium altera oble&taret speciofis , quas ubique effingit, imaginibus ; mentem altera ditaret rerum utilitate & copiâ , quas commemorat vel factas laudabiliter , vel di&as idoneè. Atque his dignam fanè coronidem imponis, Oratoriam artem. Quæ fi privato homini quemdam in ceteros mortales dat principatum ; parumne decet Principem , cui tot regendi olim populi destinantur ? Obtemperantes habebis illos quidem, & , quod magis Gallicæ eft indolis etiam obfequentes. At quantum fuerit , fi ad illam fceptri majestatem adjungatur altera hæc au&oritas, quæ vim auget imperii, dum temperat ? Proprium eft enim Principis munus , continere in officio liberos homines : quod is assequatur facillimè, qui arte instructus dicendi , ac præftantium inter paucos oratorum ufu perpolitus , ita sciat agere cum homini- : bus, ut benevolentiam acquirat , neque amitfat dignitatem ; orationis suavitate atque ille cebris rapiat animos, quò satio vocaț ; impetretque , ut quod fieri necessitatis eft, voluntatę suscipiatur. Noli igitur , SERENISSIME DELPHINE, in cursu instituto defatigari. Ne committas ut hoc defit tibi tantulum , quod ftudio ac labore absolvendum , tuæ reli&tum eft industriæ. Nam quibus in labellis sessitare malit Suada, quàm tuis ? Proinde ut neceffariis animum præceptionibus excolas, cognosce optimos dicendi artifices , Demosthenem aç Ciceronem ; quos videtur efformasse natura, ut, quid in eo genere posset , feculis omnig bus oftenderet. Vale.

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jugement soit

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PRÉFACE. On a beaucoup à lire pour deve. nir savant : mais pour se former le goût, il faut lire peu, & bien lire. Car, avant que

le mûr, la multiplicité des Auteurs ne peut que produire une confüsion d'idées , qui ne se guérit jàmais, & qui même , par rapport au goût , ne vaut pas l'ignorance accompagnée du sens commun.

Quintilien (1) nous enseigne à bien lire un Orateur, « Il faut « observer, dit-il , comment dans « l'exorde on se rend les auditeurs « favorables : Quelle clarté il y a « dans la narration , quelle briè- « veté , quel air de sincérité , &*

(1) Liv. II, ch. 8. Je cite , prefque mot pour mot, conformément à la belle Traduction de M. l'Abbé Gédoyn,

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„ cependant quel art quelquefois

à déguiser son véritable but : ,, Quel ordre ensuite , & quelle

justesse dans la division : Com„ ment dans les preuves l'Orateur

est subtil , vif, serré, tantôt vé

hément , tantôt doux & infi„ nuant : Quelle force il met dans

ses invectives, & quel agrément,
quel sel dans ses railleries : Com-
mentil remue les passions, se rend
maître des cœurs

tourne les „ esprits à son gré : Quelle est la » propriété, l'élégance, la noblesse

des expressions : En quel cas (2) „, l'amplification est louable

& , quelle est la vertu opposée : La

beauté des métaphores , & les
différentes figures: Enfin, ce que

c'est qu'un style coulant, & pé„'riodique, mais pourtant mâle &

nerveux.

Aux chefs-d'oeuvre qui nous reftent des Anciens , il sera bon

(2) Voyez là-dessus Quintilien, VIII, 4.

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