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elles doivent être permises & conseillées. Mais lorsqu'il n'y a pas une grande vraisemblance que "l'inoculation empêchera les personnes inoculées de mourir de la petite vérole ; & quand il est à craindre qu'elle répande cette maladie, & porte la mort parmi les voisins ; il me paroît qu'on ne doit alors ni la conseiller, ni la

permettre.

CHAPITRE X.

و

Contenant des remarques sur les sentimens

de divers Auteurs concernant la manière de traiter les malades de la petite vérole , sur-tout par rapport à la saignée ; l'on fait voir que cette évacuation ne convient pas , & qu'elle est même dangereuse dans les personnes non-pléthoriques , & même dans les pléthoriques après le premier période de la maladie ; & l'on répond aux argumens employés en faveur de ce remède.

Es courtes remarques que 9.625. Lje me propose de faire ici sur certains secours recommandés par de sçavans Praticiens , tendent à mettre en garde les Etudians en Médecine contre

certains préceptes mal fondés , & établis sur l'autorité de quelques Médecins, célebres

par
leur

grand sçavoir , quoiqu'imbus de quelques nocions fausses. Mais j'insisterai principalement sur l'article de la saignée. Quoique j'en: reconnoisse. la néceflité lorsqu'il y a pléthore., & que je croye qu'on puisse la permettre dans quelques autres

cas pressans, comme lorsqu'une révulsion immédiate', faire de la partie affectée, est absolument nécessaire

pour la guérison du malade ; je pense néan, moins qu'elle est généralement dangereuse , lorsque la quantité du sang n’excéde pas fa juste mesure.

S. 626. Je commence par l'examen: du sentiment. d'Avicenne., qui confeille (a) de saigner seulement dans le: commencement de la petite vérole., si l'état du malade le requiert ; c'est-àdire , s'il y a pléthore. Il insinue. que: le tems propre pour la saignée, est depuis le premier moment de la maladie , jusqu'à son quatrième jour ; mais il observe que lorsque l'éruption se fait , cette évacuation ne doit point être em

(A) Avicen. Oger. Tom. 2..p.74. Col.2

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ployée, à moins que la matiere morbifique ne soit très-abondante. Dans ce cas ,

il

permet ce remede pour diminuer , comme je le suppose, la quantité de la matiere varioleuse. Mais il paroîtra évident que la saignée ne doit pas être conseillée pour cette raison fi nous obfervons , 1o. qu'il ne peut se faire

par cette voye qu’une diminution très-peu considérable des humeurs nuilibles ; 2°. que dans les cas où le sang n’excéde pas sa juste mesure, cette évacuation diminue les forces du malade, & affoiblit les fonctions des organes, à proportion de la quantité du sang évacué. La premiere proposition paroîtra évidente , si nous considérons que la quantité des Auides dans un corps du poids de 160 livres, monteroit à 100 livres, selon le Docteur Keil(a), si tour le corps étoit composé d'arteres; ou à 150 livres , s'il étoit entiérement formé de vaisseaux, dont les tuniques eussent toutes entr'elles la même proportion , qu'ont celles des veines. Mais pour accorder tout l'avantage possible aux partisans de la faignée, nous supposerons que

la

quan(a) De Secrete Animals

tité des fluides dans un corps de 160
livres , n'est que de cent livres, ce qui
est sans doute beaucoup moins que
la quantité réelle. Nous devons fup-
poser aussi que la matiere varioleuse
se trouve mêlée & confondue avec
toute la masse du fang & de la lym-
phe ; parce qu'il y a plusieurs rai-
sons qui prouvent que ce mélange se
fait bien-tôt après l'atraque de la fié-
vre. Il est aisé de conclure de ce qu'on
vient de dire , qu’une livre de fang ôté
par la saignée, ne sçauroit emporter
au-delà de la centiéme partie des par-
ticules varioleuses ; ce qui contribue-
roit si peu à la guérison du malade ,
qu'il seroit imprudent de conseiller
cette évacuation dans la seule vue de
diminuer la quantité de la matiere nui-
fible. Quant à la seconde proposition,
il est certain que lorsque le sang n’ex-
céde
pas

sa juste mesure , ou qu'il est au-dessous , la saignée diminue les forces du malade à proportion de la quantiré de ce Auide , évacuée par cette voye. Supposé que dans ce cas , une personne attaquée de la fiévre soit faignée deux fois par jour, & qu'on lui tire une livre de sang chaque fois, ces

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و

évacuations n'emporteront que

six

parties de la matière morbifique ; en forte qu'il en restera encore 94 parties dans la masse des humeurs, en même-tems que la vigueur du malade, & la force de ses organes seront si a foiblies par ces saignées, qu'il n'en

pourra

résulter que

des suites fâcheuses. $. 627. Cet Auteur ( 5. 626.) insie nue, qu'après le second jour de la maladie, & lorsque les boutons commencent à paroître, les rafraîchissans semblent être dangereux ; parce qu'ils peuvent retenir les humeurs varioleuses dans le sang, ou occasionnant leur dépôt sur quelque organe principal, empêcher leur transport dans les pustules , & attirer ainsi des symptômes terribles ; tels

que

les infomnies, la diffi. culté de respirer ; &c. que par conséquent, on doit aider la nature par les remèdes qui échauffent le sang , qui dislipent les obstructions, & qui pouffent la matiere nuisible vers la peau (a). Cette idée est très-juste dans les cas où le pouls est foible & languissant, & la chaleur naturelle trop petite ; mais elle

(a) Avicen. tom. 2. p. 74. col. 2.

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