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conclut : J'honorerai donc plûtôt l'empereur , sans toutefois l'adorer : mais j'adorerai le vrai Dieu , qui est Dieu: réellement. L'empereur n'est pas un Dieu: mais an homme établi de Dieu, non pour être adoré, mais pour juger justement. C'est une administration que Dieu lui a confiée. L'empereur lui-même ne veut pas queceux qu'il a audessous de lui soient nommez empereurs: c'est son nom , qu'il n'est pas permis de donner à un autre. Il n'est aussi permis d'adorer que Dieu seul. Honorez l'empereur par votre affection, par votre soumission , en priant pour lui. Ainsi vous ferez la volonté de Dieu. Il exhorte Autolyque à lire les faintes écritures, pour s'instruire & éviter la rigueur du jugement de Dieu,donc il le menace. Dans le second livre, Theophile montre l'absurdité de l'idolatrie : l'ignorance des philosophes & des poëtes , sur le sujet de la divinité, & leurs contradictions. Et en cet endroit il cite le passage entier d'Aratus, dont S. Paulavoit cité un demi vers. Il montre combien les prophetes sont au-dessus:il rapporte l'histoire de la création selon Moïse , & l'explique au long, même par desallegories morales. Il marque que toutes les nations conproient la semaine & le leptiéme jour,que les Juifs nomment fabat. Il dit ensuite , que le Verbe de Dieu est son fils:non comme les poètes & les auteurs des fables disent que les dieux ont des enfans engendrez à la maniere des hommes: mais comme la verité le raconte du Verbe, qui étoit toûjours

p. 79. B.

dans

p. 86.3.
Act. XVil.28.

91. D.

P. 100. B.

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dans lecæur de Dieu. Car avant que rien fût fait il l'avoit pour conseiller : & il étoit sa pensée & sa prudence. Mais quand Dieu voulut faire tout ce qu'il avoit résolu, il engendra ce Verbe proferé, premier né de toute créature. Non qu'il demeurất vuide de son Verbe , mais l'ayant engendré, il converse toûjours avec lui. Ainli Theophile le reconnoît le Verbe coéternel au Pere. Mais il nomme generation, suivant le stile des anciens theologiens, cette progression, par laquelle il s'est manifesté au dehors : lorsque le Pere a produit les créatures par lui. Il ajoûte : que Dieu le Verbe, né de Dieu, est envoyé par le Pere quand il veur. Il dit encore: Les trois jours qui ont prece- p. 94. D: de la creation des astres , sont figures de la trinité de Dieu , de son Verbe, & de la sagesse: en- 2.q. 45. m.se tendant par la sagesse le S. Esprit qui la donne. Et c'est la premiere fois que nous trouvons dans les anciens le nom de-Trias ou Trinité en ce sens: pour marquer la distinction des personnes divines. Theophile dit , que Dieu n'avoit créé l'hom

ni mortel ni immortel : mais capable de l'un & de l'autre, selon qu'il'useroit du librearbitre , avec lequel il étoit créé.

Dans le troisième livreil réfute deux calomnies des payens:que nos livres sacrez étoient nouveaux p. 107:17.; & que les chrétiens commettoient des abominations dans leurs assemblées. Premierement il montre combien les poëtes, les historiens & les philosophes mêmes, proposoient de maximes & d'és

Tome I,

V. S.Tho. 2.

P. 163. C

me ,

Yyx

p. 116. D.

xemples de ces mêmes crimes, dont on accusoit les chrétiens, sur-tout les exemples.des dieux: puis il propose la sainteté de la loi de Dieu, raportant le décalogue, & plusieurs passages des prophetes & de l'évangile ; & conclud: Voyez donc si ceux qui apprennent une telle doctrine: peuvent vivre au hazard, & se plonger dans les ordures les plus abominables ; ou, ce qui est le plus impie, manger de la chair humaine : puisqu'il nous est même défendu,de voir les spectacles des gladiateurs, de peur d'être complice des meurtres. Nous ne devons point voir non plus les. autres spectacles,de peur de salir nos yeux ou nos, oreilles de ce qui s'y chante.. Car si on parle de manger de la chair humaine, c'est-là que l'on void Thyeste & Terée manger leurs enfans. S'il eft question d'adulteres, on y entend non feulement ceux des hommes, mais ceux des dieux, chantez

par

de belles voix, & avec de grandes rés compenses. Loin des chrétiens la seule pensée de ces crimes. Ils s'exercent à la continence & à la temperance. Ils gardent l'unité du mariage, ils embrassent la chasteté. Chez eux l'injustice est banie , le peché déraciné, on étudie la justice, on vic selon la loi, on pratique la piecé, on confesse Dieu : la grace conserve , la parole fainte conduit , la sagesse enseigne, la vie récompense;.

Pour refuter solidement l'objection de la nouveauté de notre doctrine, Theophile montre, par

c'eft Dieu qui regne.

le témo gnage même des auteurs prophanes , combien les Grecs écoient ignorans dans les histoires anciennes : & combien Moïse & les autres prophetes étoient anciens ; en comparaison de leurs historiens & de leurs poëtes. Il cite Mane thon Egyprien , Menandre Ephesien, pour l'his. toire des rois de Tyr, & Berose Chaldéen. Il raporte toute la suite de la Chronologie,

& depuis Adam jusqu'à son tems: c'est à dire jusques à M. Aurele, à qui il donne de regne dix-neuf ans & dix jours. Il met ensuite les sommes,suivant diffe, rentes époques, & compte depuis la création du monde jusqu'à la mort de M. Aurele, cinq mil six cens quatre-vingts-quinze ans. C'est ce qu'il y a de plus remarquable dans les trois livres de Theophile d'Antioche, à Autolycus. Theophile écrivit des Commentaires sur les proverbes & sur les quatre évangiles., qu'il avoit joints ensemble, & fit d'autres traitez courts & élogans, pour l'édification de l'église : entr'autresil écrivit contre Marcion & contre Hermogene, autre heretique qui parue de son tems: & dans cet ouvrage il ciroit des passages de l'apocalypse de S. Jean.

Hermogene étoit peintre & philosophe : il Herefie d'Here quitta la do&rine de l'église, pour celle des Stor- neogcato ciens; & soutenoit que la matiere écoic éternelle & incrée ; que les démons seroient un jour reünis à la matiere, & que le corps de J. C. étoit dans le soleil. Il enseigna en Afrique : & vivoit encore du tems de Tertullien, auflî-bien que son

Yyy

Hier. fcrip.

Xxt:

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Matth. 111. 11.

Terimll, in Herm, disciple Nigidius. Il y eut aussi en Galatie un

Seleucus & un Hermias, qui soucinrent la même Fhlilofte, de hares

opinion de la matiere éternelle, comme Dieu. Ils disoient, que les ames des hommes étoient de feu & de vent : & que les anges les avoient créées. Ils n'usoient point de notre baptême, à cause de cette parole de S. Jean: Il vous baptisera par l'esprit & le feu. Ils disoient que ce monde étoit l'enfer : & qu'il n'y avoit point d'autre résurrection, que la generation ordinaire. De ce même temps vivoir à Antioche Lucien de Samosate:qui s'est mocqué de la religion chrétienne comme des fables & des superstitions du paganisme: & des opinions des philosophes.

Ce fut dans ces premieres années de l'empeVersun de Thco- reur Commode que parut une version nouvelle dpupo. de menfi des écritures de l'ancien testament , faite par monom11176.14.6. Theodotion natif d'Ephese. Il avoit été disciple ex illo Euf.v.6.8. de Tatien : enfuite il se fit Marcionite, puis Juif

: & alors il entreprit de traduire l'écriture, d'hébreu en grec.. Sa version fut la troisiéme, & l'église ne la méprisa pas , quoique venant d'un apostat : on s'en servoit ordinairement pour le

livre de Daniel. S. Irenée fait mention de cette Iren. lib. 1.9.6:24. verfion de Theodotion, dans son traité des here

sies,qu'il écrivit vers ce même temps sous le pape Traité de Saint Eleuthere.

Dans la préface il dit : N'attendez-pas de nous, qui habitons chez les Celtes , & qui usons le plus souvent d'une langue barbare , l'arc du discours.

XXII.

Hier.praf. in Dan. init.

. . c.8 chr. Ahx.

XXIII.

Irenée contre les bersfies,

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