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. st. rer a donné encore uneouverture, par une secon

de penitence : mais pour une seule fois. Il parle de
la penitence publique, qui ne s'accordoit qu'une
fois:comme lavent les théologiens. Il dit ensuite :
Pluscecte seconde & unique penitence est resser-
rée,plus l'épreuve est difficile:il ne suffit
le soit dans la conscience, il faut qu'elle s'exprime

des actions. C'est ce qu'on appelle d'un mot grec Exomologese, qui est un exercice pour abatre l'homme & l'humilier:qui lui prescrit une manie

de vie propre à attirer la misericorde : qui regle même son habit&fa nourriture:qui l'oblige à coucher dans le sac & la cendre, à avoir le corps crafseux , l'esprit triste, ne boire&ne manger quedes choses simples,seulement pour solltenir la vie : le plus souvent nourrir ses prieres par les jeûnes:gemir,pleurer,crier jour&nuit vers son Dieu:se prosterner devant les prêtres : se mettre à genoux devantlesamisde Dieu,chargertous les freresdenous secourirdeleursprieres. Il parleensuitecontreceux quidiferoient leur penitence;ou parmauvaise hon. te, ou par la crainte desincommoditezcorporelles.

Dans le livre de la priere il reprend quelques suDe vrace.O. 21. perstitions qui s'introduisoient entre les fideles,

sans aucun préceptede N.S.ni des apôtres ; &plûtôrà l'imitation des payens:quiest,dit-il,une raison suffisante pourles rejetter.Ilyenavoitquin'osoient prier , s'ils ne s'étoient lavez tout le corps ; ou du moins lesmains.Cequ'ils prétendoient faireenmémoiredece que Pilateavoit fait, en livrant N.S.aux Juifs. D'autres ôtoient leurs manteaux pour prier

1

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6. II.

XLIX

12,

و

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L:
Avis de Tertullien

S

d'autres s'asseïoient aprés la priere : d'autre affe- 6. 13.
ctoient de parler haut. Il étoit ordinaire de se don-
ner le baiser de paix, aprés la priere publique, ex-
cepté les jours de jeûne solemnels, comme la nuit
de pâque. Il y en avoit qui s'abstenoient aussi du
baiser quand ils jeûnoient en particulier. Il con-
damne cet usage comme celui de s'abstenir des
prieres du sacrifice les jours de station, sous

pre-
texte qu'aprés avoir receu le corps de N. S. on
rompoit le jeûne : apparemment à cause des aga-
pes, ou repas communs, qui suivoient le sacrifice.

Le premier livre de Tertullien à sa femmetend à lui persuader de ne se point remarier, s'il meurt le a la femme. premier:non pour aucun interêt qu'il y ait , mais pour son avantage à elle-même. Il dit qu'aucune 6. s. des raisons qui portent au mariage , ne convient aux chrétiens : ni de contenter la chair ni de s'établir dans le monde , ni de laisser des enfans: Quand nous enavons,dit-il, nous souhaitons de les envoyer devant, en vûedes malheurs qui nous ménacens : ne delirant nous mêmes que de sortir de ce siecle injuste pour aller au Seigneur. Il marque queplusieurs s'engageoient à la continence: aullitôt aprés le baptême:& que plusieurs la gardoient dans le mariage d'un consentement mutuel.

Dans le second livre il lui déclare, quesielleveut se remarier elle doitau moins épouserun chrétien; & prouveengeneral:qu'iln’est point permisauxfidelesdecontracter inariageaveclesinfideles:quoiqu'illeur soit permis dedemeurerensemble, quand ils étoient mariez: avant la conversion de la partie

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fidele. Quelques exemples deces mariages illicites contractez

par

des femmes chrétienes l'avoient excité à en écrire. Il insiste principalement sur ces paroles des. Paul:La femme est libre aprés la mort de son mari,qu'elle épouse qui elle voudra, seulement au Seigneur. Il marque les inconveniens de ces mariages malassortis. La femme chrétienerendra à ce mari payen des devoirs de payene; la beauté, la parure, une propreté mondaine, des caresses honteuses , principalement dans les devoirs secrecs ; car ce n'est pas de même que chez les saints, où tout se passe avec retenue & modestie, comme sous les yeux de Dieu.

Comment pourra-t-elle servir Dieu,ayant à ses côrez un serviteur du démon,chargé par son maître de l'empêcher? S'il faut aller à l'église, pour une station:il lui donnera rendez-vous aux bains , plû. tôt qu'à l'ordinaire. S'il faut jelìner il donnera à manger le même jour:s'il faut sortir, jamais les domestiques neseront plus occupez.Souffrira-t-ilque sa femme aille de rue en rue visiter les freres, & dans les plus pauvres maisons:Qu'elle se leve d'auprés de lui

pour assister aux assemblées de la nuit ? Souffrira-t-il tranquillement qu'elle découcheála solemnité de pâque: la laissera t-ilaller sans soupçon à la table du Seigneur, si décriée parmi eux? Trouvera-t-il bon qu'elle se glisse dans les prisons? pour baiser les chaînes des martyrs : Qu'elle lave leurs pieds, qu'elle leur offre avec empressement à boire&à manger:qu'elle pense aux ablens&qu'elle

en

en soit occupée? S'il vient un frere étranger,comment sera-t-il logé dans une maison étrangere?S'il faut donner quelque chose,legrenier,là cave, tout sera fermé.

Quand même le mari payen consentiroit à tout: c'est un mal,d'être obligé à lui faire confidence des pratiques dela viechrétienne. Vous cacherez vous de lui en faisant le signe de la croix, sur votrelit, sur votre corps; en souffant pour chasser quelque chose d'immonde: vous levant niême la nuit pour prier? Et ne croira-t-il pas quec'est quelque operation magique? Ne saura t-il point ce que vous prenez en secret avant toute nourriture? & s'il sait

que c'est du pain ; necroira-il pas qu'il est tel que l'on dit?Tertullien parle de l'eucharistie. Les chrétiens l'emportoient dans leurs maisons, pour pouvoir communier tous les jours, & on voit ici que deslors on communioit à jeun, & souvent sous la seule efpece du pain. Les payens disoient que ce pain étoit trempé dans le sang d'un enfans; & le secret avec lequel on le gardoit leur faisoit soupçonner du maléfice.

Il continue de montrer à sa femme les inconveniens de demeurer dans une maison pleine de superstitions payennes, & d'assister à des festins prophanes.Quechantera-t'elleavec son mari: elle entendra quelques chansons de cheâtre, ou de cabaret.Il n'y aura ni mention de Dieu,ni invocation de J. C. ni lecture des écritures, pour nourrir la foi : ni bénediction divine.C'étoit les pires d'entre les payens,qui prenoient des femmes chrétiennes; & Tome XIX.

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c'étoit les plus foibles chrétiennes qui les cherchoient. Les femmes riches, pour satisfaire à leur vanité & à leur luxe : pour avoir une chaise, des porteurs de belle taille, des mulles: ce qu'un chrétien même riche ne leur auroit peut-être pasdoné.

Il conclut en répresentant le bonheur d'un mariage chrétien. L'église en fait le traité, l'oblation confirme, la benediction en est le seau,les anges le rapportent au Pere celeste, qui le ratifie. Deux fideles portent ensemblele même joug, ils ne sont qu'une chair & un esprit, ils prient ensemble, ils s'instruisent & s'exhortent l'un l'autre: ils sont enseinble à l'église & à la table de Dieu, dans les persecutions , & dans le soulagement. Ils ne se cachent rien & ne s'incommodent point l'un l'autre. On visite librement les malades. On fait l'aumône sans contrainte. On asliste aussi aux sacrifices sans inquiétude. Ils chantent ensemble les pseaumes & les hymnes, ils s'excitent à louer Dieu. On voit par ces exemples quelle étoit la vie ordinaire des chétiens

Fin du premier tome.

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