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de fe procurer des vivres du côté de la mer, le combat alloit s'engager 1527 entre ces galeres & celles de Doria, lorfqu'une tempête obligea Doria de fe retirer à Savonne, avec perte d'une de fes galeres que montoit Philippin Doria fon neveu, & qui tomba entre les mains des Gênois. Ceux-ci, encouragés par ce petit fuccès, efpérerent le même bonheur du côté de la terre ; ils firent une fortie contre Frégofe, & elle parut encore leur réuffir d'abord; mais livreffe du fuccès ayant engagé les Gênois trop avant, ils furent coupés & mis en déroute; leur Général Martinengue fut fait prifonnier. Cette défaite ayant abattu le courage des affiégés, ils fe rendirent, & Lautrec donna le Gouvernement de Gênes au Maréchal Théodore Trivulce. (1) Le Doge Adorne

(1) Il avoit eu le bâton du Maréchal de Chabannes. Voir le chap. 12. de ce fecond livre. II étoit coufin-germain du fameux Maréchal JeanJacques Trivulce, dont Lautrec lui-même avoit saufé la mort. Voir le chap. 4. du liv. 1.

avec fes partifans & les Impériaux, J527. s'étoit retiré dans le château, qu'il rendit affez lâchement fans attendre qu'on l'attaquât.

La néceffité avoit contraint Sforce d'oublier les outrages qu'il avoit reçus de ce célebre Aventurier Medequin, tyran de Muffo, & maître du lac de Côme. Ce Medequin avoit alternativement fervi & l'Empereur & les Alliés. La fituation des Places qu'il avoit fu enlever & au Duc de Milan & aux Grifons, l'avoit rendu redoutable à ses voifins, & important dans toute l'Italie. Sforce s'étant réconcilié avec lui, l'avoit chargé de faire quelques levées avec lefquelles Médequin alloit joindre l'arMém. de mée de Lautrec. Antoine de Leve Tu Bellay, qui étoit à Milan, fut inftruit de fa Aiv. 3 marche; il fut que Medequin occuGuicciard. poit un pofte peu avantageux à CaGaleazzo rata, à quatorze milles de Milan, il Capella, vint l'attaquer, & fes vieux foldats Brantome, taillerent en pieces les nouvelles leétrang, art. vées de Medequin, qui s'enfuit avec Marq.de Maune précipitation dont fa gloire fouftignan. frit un peul

liv. 18.

Capitaines

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Mais cette victoire étoit plus honorable à de Leve qu'utile aux affai- 1527. res de l'Empereur; de Leve avoit trop peu de troupes pour défendre le Milanès. Deux Places importantes demandoient tous fes foins: c'étoient Milan & Pavie. Milan étoit trop vafte pour pouvoir être défendu par le peu de monde que de Leve étoit en état d'y jetter; Pavie étoit trop dépourvu de vivres pour que même ce peu de monde pût y fubfifter: de Leve fe détermina pour Milan, & réfolut d'y attendre les 'ennemis.

S

Lautrec pourfuivoit fes conquêtes; il prit Vigevano, & s'empara de toute la Lomelline; il jetta un pont fur le Tefin, prit Biagraffo & marchant droit à Milan, confirma de Leve dans l'opinion qu'il avoit eu raifon de préférer Milan à Pavie; mais tout-à-coup Lautrec tournant au Levant, fe préfenta aux portes de cette derniere Place, que les François attaquérent du côté du château, & les Vénitiens du côté

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de la ville. Il s'agiffoit de venger

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Commentar.

1527. l'affront & les malheurs que le Roi avoit effuyés fous fes murs. Les foldats impatiens n'attendirent pas que la breche fût affez grande pour fouffrir l'affaut ils fe débanderent & pénétrerent fans Chef jufqu'aux remparts. Leur témérité ne fut point heureufe, ils furent repousfés avec perte, & obligés de regagner leurs retranchemens; mais le Sleidan. fendemain le canon ayant aggrandi liv. 6. la bréche, la Place fut emportée d'affaut; la garnifon favoit trop le fort qu'elle devoit attendre, pour ne s'y pas dérober: elle eut le tems de fe fauver fur le pont, I qu'elle rompit après l'avoir paffé. Sa perte fut légere, mais la ville Guicciard. fut livrée au pillage. Les Soldats y mirent même le feu, & le Maréchal de Lautrec eut beaucoup de peine. à empêcher qu'elle ne fût entiérement réduite en cendres.

TA

Jiv. 18.

Belcar. liv.

2.

liv. 18.

Guicciard. Toutes ces Places furent remifes fidélemént au Duc Sforce; tout réuffiffoit alors à la Ligue, & cepen

Mém. de

liv. 3.

dant fon Chef, qu'on différoit de fecourir, étoit toujours accablé de 1527 douleur, environné de périls, & prifonnier dans le château SaintAnge. Lorfque Lautrec étoit encore au camp devant Pavie, le Cardinal Cibo, Légat du Pape, vint le conjurer de hater fa marché vers Rome, Du Bellay lui repréfenter que le principal & le plus preffant objet de la Ligue', devoit être la délivrance du Pape. D'un autre côté le Duc Sforce qui arriva vers le même tems au camp, faifoit les plus fortes inftances pour que le Maréchal, avant de s'engager dans l'Etat de l'Eglife, achevât la conquête, déja fi avancée, du Milanès; il repréfentoit ce qui reftoit à faire comme extrêmement facile ; Milan fans garnison, fans argent, fans vivres, alloit ouvrir fes portes dès qu'on s'y présenteroit, fi au contraire on quittoit le Milanès, de Leve s'y fortifieroit, & ne po roit plus en être chaffé.

Cibo & Sforce avoient tous deux raifon, & Lautrec prit le parti de

Belcar. liv

19. n, 32

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