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troupes : Donnë - moi, dit-il, dix pieces de canon, je te fais rendre, en deux heures de tems cette armée, que tu prendras coute prisonniere am vec le Czar & fa Cour. Jamais occasion ne fût plus belle, pour immortaliser les armes de con Maître.

Il eur suivice bon coni feil , si son Caimakam gagné la veille par cent mille pistoles que le Czar lui avoit envoyées,

, n'avoit persuadé à son maîa tre qu'il n'étoit pas de son honneur, ni de ses interêts d'écouter le Roi de Suede; C'est pourquoi voici la fotre réponse qu'il lui fit, & une reflexion digne d'un Cordonnier : Si je prens le Czar, qui gouyerhera après cela fon Empire ? aussi bien que Baptiste Savari, qui étoit avec le Kam des Tartares. La Paix ne fut pas plutôt faite, que le Grand Vifir se miten marche pour aller à Andrinople.

Ce Prince à ces paro: les lui tourna le dos, & s'en alla à toute bride à Bender, avec la même ficrté & affiecte d'esprit, & la même grandeur d'ame qu'il avoit fait paroi

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tre, lorsqu'avec dix mille Suedois il força qua, tre-vingt mille Moscovites dans les retranchemens de Nerva.

Le Czar, qui avoit déja envoyé cent mille piItoles ao Ministre du Grand Visir, fit porter tous ses bijoux , & des. grosses fommes d'argent à ce Visir , qui après la conclusion de la Paix lùi envoya des vivres en abondance, le Czar se voyant si preflé fit un coup de generosité, &

lui auroit donné tout ce qu'il auroit souhaité à eerte heure là, pour se retirer de ce mauvais pas.

il est vrai que chez les Mahometans, c'est une efpece de loi de donner la paix à un ennemi qui la leur demande : le Visir • fur ce principe étant luiHiême un homme de paix la donna bien vîte aux Moscovites; mais il pouvoit la leur faire acheter plus cherement. Le General Poniatoskieut ordre de se retirer

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La prerniere précaution qu'il prit , fut de poster des Gardes sur tous les paffages, pour câcher de furprendre les lettres

que le Roy de Suede écrivoic au Grand Seigneur , lui faisant connoître la mauyaife conduite de son Grand Visir ; l'on n'eût

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