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Ancienne Benedictine de Notre & Dame de s' Paul de Beauvais avant la reforme

S. PAL DE
BEAU VAIS.

porel sous la direction de l'Evêque de Beauvais:fi-tôt qu'elle Relteirueut ses Bulles & qu'elle eut été benite par Henri d'Escou- sEs Benebleau de Sourdis Evêque de Maillezais son oncle, elle tra- RLTORvailla par le conseil de ce Prélat & du Cardinal de Sourdis MEES DE son frere à remettre en vigueur dans cette Maison la parfaite Observance des Regles : elle fut beaucoup aidée dans cette entreprise par les Peres Benedi&ins Réformés de la Congregation de saint Vanne & parle Pere Ange de Joïeule Capucin , aussi-bien que par le Pere Honoré de Champigni du même Ordre. La clôture y avoir déja été retablie par les soins , malgré les oppositions tant du dedans que du dehorsjainsi il ne restoit plus qu'à réformer quelques abus qui s'étoient glissés dans les Observances Régulieres. Elle commença par remettre l'usage des chemises & des draps de serge aussi bien que celui de dormir avec l'habit : elle rétablit le travail en commun qui commença à se faire dans sa chambre en silence, après lequel elle ne manquoit pas de leur faire une exhortation

pour les animer à la pratique de la Regle. Elle établit les Marines après minuit, suivant l'ancienne pratique de cette Maison. Elle s'étudia sur tout à faire célébrer l'Office Divin avec l'honneur & la majesté convenables ; & elle ôta certains privileges d'exemption par lesquels les Religieuses prétendoient avoir droit de se dispenser certains jours de Matines & des Heures Canoniales. Elle retrancha aufe les abus des conversations séculieres dans les cours & dans les parloirs , qu'elle fit fermer le jour & la nuit , afin que personne ne parlât sans sa permission. Quant à l'abstinence perperuelle de la viande,elle avoit dessein de l'introduire; mais elle en fut dissuadée par l'Evêque de Beauvais & par quelques autres personnes qui lui conseillerent d'en permettre l'usage trois fois la semaine tant à cause de la délicatesse & de l'infirmité de la plûpart des Religieuses de la Communauté qui souffroient beaucoup de l'air incommode & malsain de leur Monastere , qu’à cause de la difficulté qu'il y avoit d'avoir du poisson pour le grand nombre qu'elles étoient.

Il y avoitencore à réformer l'habit que l'on y portoit des puis cent ou fix-vingts ans , qui consistoit en un surplis de toile noire par deslus la robe. Quelques Religieuses s'oppoferent fortement à ce changement , l'Evêque de Beauvais

SES BENE.
DICTINES

1

RFLIGIEU. ne l'approuvoit pas non plus , mais elle surmonta encore tou

tes ces difficultés& fit prendre à ses Religieuses l'habit qui
RAIOR est commun aux autres Religieuses de cet Ordre qui con-
S PAUL DE siste dans la robe , le scapulaire & la coule. Enfin elle
BLAUVAIS. n'omit rien pour faire revivre l'esprit de saint Benoît dans

son Abbaïe en en retranchant les abus qui s'étoient glissés
durant le malheur des guerres. Elle fit dresser un Formu-
laire des Constitucions qu'elle fit observer à la lettre après les
avoir fait recevoir par la Communauté qui s'engagea à ne
faire jamais aucun changement dans la pratique de tout ce
qui y étoit contenu. Cette acceptation se fit le 10. Février de
l'année 1660. La sainteté de ces Religieuses se répandic de
tous côtés , plusieurs Superieures de differens Monasteres
prierent l'Abbesse de saint Paul de leur envoïer de ses filles
pour y rétablir la régularité : ce qu'elle accorda à quelques-
unes, entr'autres à celles de sainte Austreberte près de Mon-
treüil, & de saint Amand de Roüen. Elle envoïa aussi les
Réglemens qui avoient été faits pour le bien de son Mona-
stere aux Abbesses de Ville- Challon, de Neubourg, de
Bellefonds & de quelques autres Monafteres qui les avoient
demandés. Enfin l'Abbesse de saint Paul , après avoir

gou.
verné ce Monastere pendant soixante & neuf ans, & y avoir
établi une parfaite Observance , mourut le 10. Avril 1665.
étant âgée de 85. ans.

Chroniq. Général. de l'ord. de saint Benoit. Tom. 6.

CHAPITRE XLII I.
Des Religieuses Benedictines du Val-de-Grace à Paris,

avec la Vie de la Reverende Mere Marguerite d’Ar-
bouze leur Reformatrice.

'ABBAIE du Val-de-Grace à Paris, auparavant nom

mée le Val-Profond , doit sa fondation aux liberalités d'une Reine de France, qui la fit bâtir dès le neuviéme siécle dans la Paroisse de Bievre-le-Châtel, à trois lieuës de Paris. La Regularité s'y conserva jusqu'en l'an 1300. ou environ , qu'elle commença à tomber dans un fi grand defordre, tant pour le spirituel que pour le temporel, qu'à peiney voïoit-on les traces des Observances Regulieres. Elle étoit

dans

L

dans cet état lorsque le Roi Louis XIII. y nomma pour Ab- Religieubesse Marguerite de Venix d'Arbouze, afin d'y rétablir la ses BeneRegularité. Elle nâquit en Auvergne au château de Ville- REPORmont le 15. Août 1580. Son pere fut Gilbert de Venix d'Ar- MEES DU bouze , Seigneur de Villemont , & sa mere Jeanne de Pinac, GRACE. fille d'un Lieutenant de Roi en Bourgogne. Elle reçut une si bonne éducation, & fut prévenuë d'un si puissant attrait de la grace, qu'elle fut dès son enfance un modele de modestie & de devotion.

Aïant perdu son pere à l'âge de neuf ans, elle entra comme Penfionnaire dans l’Abbase de saint Pierre de Lyon , & trois ans après elle y prit l'habit, & y fit sa profession à l'âge de dix-neuf ans. Elle apprit les Langues Latine, Italienne & Espagnole, ausquelles elle s'appliqua fi fort , qu'elle se les rendit familieres ; mais ce qui étoit admirable en elle , c'est que cette étude ne la détournoit point de ses autres exercices. Comme elle fouhaitoit garder dans toute la rigueur la Regle de saint Benoît, à laquelle sa profession l'avoit liée,& que son Monastere n'étoit pas réformé, elle prit la resolution de passer dans une Maison plus réguliere. Elle vint pour cet effet au Monastere de Montmartre l'an 1611. où l'Abbesse Marie de Beauviliers avoir rétabli les Observances Regulieres, comme nous avons dit. Elle y fit un second Noviciat, & après son année de probation, elle fit une nouvelle profesfion sous le nom de Marguerite de sainte Gertrude,le 11. jour d'Août 1612.

Pendant le cems qu'elle demeura dans cette Maison,elle y donna de si grands exemples de vertu,que l'Abbesse la choifit

pour être du nombre de celles qu'elle envoïa l'an 1613. pour faire le nouvel établissement du Prieuré de la Villel'Evêque: elle y fut établie Maîtresse des Novices,& ensuite Prieure. Elle fit paroître dans ces deux Emplois un si grand zele

pour l'Observance Reguliere,que les Religieuses à son exemple étoient animées d'une ferveur qui les rendoit l'admiration de tout le monde ; & pendant les trois ans qu'elle gouverna cette Maison , elle y établit une si exacte discipline, qu'elle devint très florissante. Elle s'acquit elle-même tant de réputation par la pieté, qu'elle fut

souvent visitée par la Reine Anne d'Autriche, & les Princesses Elisabeth , Henriette & Christine de France,sæurs du Roi Louis XIII. Tome VI,

Tt

RELIGIEI

MI'ES DU
VAL-DE-
GRACE.

Le tems de fa Superiorité étant fini, elle fut rappellée à SES BENE- Montmartre , où elle eut beaucoup à souffrir de la part

de RETO R- quelques Religieuses ; mais quelque tems après le Roi la

nomma à l’Abbaïe du Val-de-Grace , située à Bievre-leChâtel. Elle sortit l'an 1618. du Monastere de Montmartre, avec trois Religieuses , qu'elle prit pour l'aider à rétablir les Observances dans son nouveau Monastere, qui étoit tombé dans un grand relâchement ; & ses Bulles étant arrivées, elle fut benite l'an 1619. en presence de la Reine, & de la Princesse de Piémont ; & cette cérémonie fut faite par l'Evêque d'Angers , Charles Miron , qui fut depuis Archevêque de Lyon.

Elle travailla d'abord à la réforme de ce Monastere ; & afin d'affermir le bon ordre qu'elle y avoit établi, on lui conseilla de le transferer à Paris, afin qu'il ne fût plus exposé aux desordres de la guerre,comme il l'avoir été par le passé. La Reine Anne d'Autriche approuva ce dessein, & voulut être la Fondatrice du nouveau Monastere. Cette Princesse aïant acheté

pour cela l'Hôtel du petit Bourbon au fauxbourg saint Jacques, le donna à la Mere Marguerite d’Arbouze,qui y mena ses Religieuses l'an 1621. après qu'elle eur obtenu des Lettres Patentes du Roi , qui autorisoient cette translation. Elles ne furent neanmoins enregistrées au Parlement de Paris que l'an 1624. Le Pape Gregoire XV. dès l'an 1622. avoit accordé une Bulle qui approuvoit & confirmoit aussi cette translation ; & la même année 1624. ces Religieuses commencerent à bâtir un Monastere , où la Reine mit la premiere pierre le 3. Juillet.

La Mere d'Arbouze qui avoit dressé les Constitutions de fa Réforme dès l'année 1623. se voïant bien établie dans son nouveau Monastere, commença à les faire observer , aussibien que la Regle de saint Benoît , qu'elle rétablit dans sa plus grande perfection, malgré les sollicitations de plusieurs personnes, qui tâchoient de lui persuader de ne prendre qu'une Regle mitigée. Elle obligea fes Religieuses à l'abstinence perpetuelle de viande , excepté dans les maladies , à ne porter que des chemises de laine, à ne coucher que dans des draps de serge, & même à ne manger que dans de la terre. Cette austerité, qui selon le sentiment de ceux qui n'en jugeoient que selon la chair, & les sens , devoit bien-tôt abbattre la

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