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fuy a donné une façon qui ne lui convient pas, comme lorsqu'il eft trop cuit ou qu'il ne l'eft pas affez.

Le Pain de Méteil ne nourrit pas tant que celuy de froment, il eft plus laxatif à la verité, & le Pain de Segle encore davantage; on prétend même qu'il rafraîchit, mais il eft le moins nourriffant.

L'Orge eft auffi employé, comme nous avons dit, pour faire du Pain; mais le Pain d'Orge a un goût qui ne plait point à tout le monde, il pefe fur l'eftomac quand il eft mal fait, & il caufe des vents & des aigreurs terribles; quelques-uns prétendent qu'il eft rafraîchiffant, mais pour cela il faut qu'il foit mélé avec d'autre farine.

On fait à la verité rarement du Pain d'Avoine, il n'y a que quelques Peuples Septentrionaux, chez qui les autres efpeces de froment ne croiffent point, qui ufent du Pain d'Avoine; on s'en fert encore dans la cherté du bled: ce Pain, dit-on, eft affez nourriffant.

Le Pain de Bled noir, ou Sarrazin, fe digere aifément & nourrit peu; le Pain de Bled de Turquie eft de difficile digeftion, & pefe beaucoup fur l'ef tomac, c'est pourquoy il ne convient gueres qu'aux perfonnes fort robustes; cependant nous voyons dans les pays où ce grain eft commun, que chaeun en mange indifferemment & s'en accommode fort bien.

verò pessi

ma. Hypo

CI.

On fait encore du Pain de Millet, de Ris, de Panis, de Bled-Barbu, Efpeautre & d'Efcourgeon,autrement dit Orge prime ou Orge quarré ; mais ces Pains font difficiles à digerer, & ils ne nourriffent pas à beaucoup prés tant que les précedens.

Quelques-uns des Grains dont nous venons de parler ne s'employen tpas Orge monfeulement pour faire du Pain; il y a encore POrge Mondé, il fe prend en dé, fes ver décoction dans de l'eau, ou dans du lait pour produire de bons effets, on cus.. doit le choifir nouveau, bien nourri, blanc & fec; cet aliment hume&te & adoucit la poitrine; il eft soporatif, rafraîchiffant, & rétablit les parties du: corps alterées par un trop de confomption..

Le Gruau n'eft autre chofe que l'Avoine bien mondée de fa peau & de fes Gruau, fess extremitez & réduite en farine groffiere par le moyen d'un Moulin fait ex- vertus, prés ; il fe prend en décoction comme l'orge mondé, & contient les mêines vertus. Le Gruau neanmoins eft plus nourriffant, il pefe quelquefois un peu fur l'eftomac quand on l'a trop foible, & excite des vents; on s'em fert en tout temps, à tout âge & à toute forte de temperamment, & il est propre fur tout à ceux dont les humeurs font trop fubtiles, trop âcres & trop agitées.

vertus..

On fait avec la farine de froment de la Bouillie ordinaire qui humecte Bouillie or & nourrit beaucoup, & de celle de bled de Turquie, des Gaudes,qui eft auffi dinaire, fess une espece de Bouillie, dont les Peuples de la Comté de Bourgogne, ceuxqui leur font limitrophes & les Breffans ufent beaucoup en nourriture; ce dernier aliment, ainfi que le pain, eft pefant, & n'eft bon que pour ceux qui y font accoûtumez.

Le Millet fait une boüillie qui eft affez agreable au goût: cet aliment a- Miller, fess doucit les âcretez de la poitrine, il refferre un peu le ventre & arrête les vertus, humeurs trop agitées. Il caufe des flatuofitez, il pese fur l'eftomac, & eft. de difficile digestion; cependant comme ce n'eft pas une nourriture ordi

Ris, fes vertus,

Panis, fes

vertus.

Harang, fes proprie

tez.

Le Harang fale dont on fait provifion, doit être choisi, bien nourri, & bien blanc, c'eft un aliment dont les effets ne font pas trop bons; il échauffe beaucoup, il altere & caufe des aigreurs par les rapports défagreables & frequens qu'il excite. Le Harang foré a des proprietez encore plus mauvaises étant d'une digeftion tres-difficile. Cependant c'est un mets qu'on fert beaucoup à la campagne, où il y a beaucoup de Domestiques, dont l'eftomac de la plupart a affez de chaleur pour cuire cet aliment.

Moruë, fes Il y en a auffi qui font provifion de Moruë falée : cet aliment est sujet à proprietez. échauffer beaucoup quand il n'eft pas affez deffalé, il eft un peu indigefte,

foit qu'alors fes parties interieures ayent été dérangées par une petite fermentation qu'elles ont fouffertes, ou que le fel marin ait en quelque façon fixé fes principes les plus volatiles, & ait en même temps rendu la chair plus compacte.

Si l'on veut fe fervir d'Huile de Noix ailleurs que dans les lampes, & qu'on la veuille employer en ce qui concerne le corps humain, elle a la vertu de réfoudre, de digerer, de fortifier les nerfs, de chaffer les vents & d'adoucir les tranchées des femmes nouvellement accouchées.

Huile de
Noix, fes

vertus.

Huile d'Olive, fes

vertus.

naire on en mange en bien des endroits en guife de Ris.

Pour le Ris on fçait affez l'ufage ordinaire qu'on en fait dans les familles; il adoucit les humeurs âcres, il reftaure les parties alterées & les nourrit beaucoup, il excite des vents, arrête le crachement de fang, & fon ufage trop frequent peut caufer des obftructions par fon fuc lent & groffier, qui féjournant trop long-temps dans les petits conduits de l'estomac, empêche les liqueurs d'y circuler.

Le Panis fe mange encore en boüllie, il a les mêmes proprietez que le

Millet.

Quant à l'Huile d'olive elle adoucit l'âcreté des humeurs, elle eft refolutive & déterfive, elle lâche le ventre & eft propre pour la colique & la diffenterie; on l'employe encore à beaucoup d'autres ufages dont nous ne parlerons point ici, parce que cette matiere nous porteroit trop loin.

Pois, leurs

Les Pois qu'on mange en purée excitent des vents, & font dangereux pour proprietez. ceux qui font attaquez de la gravelle; les bons effets qu'ils produifent confiftent à adoucir les âcretez de la poitrine, appaiser la toux, & à fervir d'une bonne nourriture. Le premier bouillon qu'on en tire est émollient & laxatif.

Pois chi

Les Pois chiches ne s'employent gueres pour alimens, & l'on tient qu'en ches, leurs Medecine ils provoquent l'urine & les mois aux femmes, & adouciffent

vertus.

Féves fe

ches, leurs proprietez.

Haricots, leurs proprietez.

les âcretez de la poitrine.

Les Féves feches qu'on garde ordinairement pour la provifion du Carê me font flatueufes & dangereufes à caufer la colique, à caufe de leur fubftance un peu vifqueufe, qui en fermentant se rarefie dans les inteftins. Cet aliment eft pefant fur l'éftomac, & difficile à digerer.

Où il y a beaucoup de train, on doit faire bonne provifion d'Haricots, ou Féverolles, comme on voudra les appeller. La bonne proprieté des Haricots eft de nourrir beaucoup; ils font diuretiques, réfolutifs & émolliens & les mauvais effets qu'ils produifent, confiftent à exciter des vents & des envies de vomir; ils font outre cela de tres difficile digestion.

Lemery.

Il y a de deux fortes de fels qu'on employe dans des alimens, fçavoir le fel Sel, fes blanc & le fel de Mer; le fel commun eft purgatif, apperitif, deterfif & def- verrus. ficatif. Il excite l'appétit, il aide à la digeftion, il produit de bons effets chap. 96. dans la colique, il eft diuretique, propre pour l'apoplexie; l'usage immoderé en eft mauvais.

On fe fert de deux fortes de Poivres parmi les alimens, le blanc & le noir, Poivre, fes l'un & l'autre font aperitifs, fpecifiques pour la digestion, ils excitent l'a- vertus. pétit, chaffent les vents & diffolvent les humeurs vifqueufes qui empêchent les parties groffieres des alimens de fortir librement au dehors.

La Canelle n'entre point dans les ragoûts, on s'en fert dans quelques compotes & liqueurs qu'on boit. Cet aromat fortifie les parties, aide à la digeftion; il réfifte à la malignité des humeurs, elle eft cordiale & cephalique, fortifie l'eftomac, & excite les mois & l'accouchement aux femmes: il faut bien fe donner de garde d'en ufer immoderément.

Les Cloux de Gerofle font d'ufage parmi les fauffes, & ont les mêmes vertus que la Canelle.

Canelle, fe propriete z

Les Cuifiniers ne fe fervent plus gueres de Mufcades pour les Ragoûts, Mufcade, on l'employe affez en Medecine, elle attenue les humeurs groffieres, aide ses vertus. à la digeftion, elle eft cephalique, cordiale & stomacale, elle chaffe les vents, & resiste à la malignité des humeurs : l'ufage immoderé en eft dan

gereux.

Le fucre, felon Monfieur Lemery, eft propre pour le Rhume, il adoucit Sucre, fes les âcretez de la poitrine, & excite le crachat: l'excés du fucre eft dange- vertus, ch. reux, & Vvillis prétend que le Scorbut, qui eft tres frequent en Angle- 95. terre, ne provient que de l'ufage immoderé qu'on fait du fucre, au lieu qu'il eft falutaire quand on en prend avec moderation.

Nous ne nous étendrons pas davantage là deffus, parce qu'il fuffit d'y avoir traité de la vertu de certains alimens que nous n'aurions pû placer fi à propos dans la fuite de cet Ouvrage : ç'a donc été la feule raifon qui nous a obligé de faire ce Chapitre exprés ; c'est pourquoy nous nous y fommes arrêtez pour paffer delà au fecond Livre de cet Ouvrage.

Fin du premier Livre.

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LIVRE

SECOND.

Où il eft enfeigné la maniere de nourrir & élever toutes fortes d'Animaux domestiques, tant Oiseaux, que Bêtes à quatre pieds; leurs maladies & le moyen de les en guérir.

1.

CHAPITRE I

LA

VOLAILL E.

Des Poules " Cogs, Chapons, & de tout ce qu'il y a à obferver à leur égard ; du choix qu'on doit faire des œufs, tant pour mettre couver que pour tout autre usage, avec la maniere d'engraiffer cette Volaillefes Maladies, & comment les guérir, fes proprietez.

EST icy où les foins d'une bonne Ménagere doivent éclater, que fa vigilance ne doit point s'endormir, & qu'il faut que le génie qu'elle a pour une Baffe-court fe faffe par tout remarquer. On ne fçauroit dire combien la volaille apporte de profit à une maifon de Campagne, lorfqu'elle y eft bien gouvernée; c'eft auffi de cette conduite que dépend le plus ou le moins d'avantage qu'on en tire, au lieu que lorsqu'on fait tant que de la négliger, on ne jouit aux champs d'aucune douceur, fi ce n'eft à force

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