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Fluxion fur l'œil.

Coup dans l'œil

faire prendre au Boeuf malade: on luy donnera pour boiffon de l'eau tiede blanchie avec du fon, & pour nourriture de bonne herbe en Eté, &z du foin mouillé en Hyver.

Les Boeufs font quelquefois fujets aux fluxions fur les yeux, pour lors on prend de l'eau de plantain, ou de l'eau rofe, ou de l'eau commune, on y met infufer de l'eau de vitriol bleu, cu vitriol de Chypre, puis on en frotte l'oeil malade de Bœuf.

Fiévre

Si c'eft un coup que le Bœuf ait reçû dans l'œil, on luy prendra l'oreille du côté de la bleffure, on luy fendra le bout à l'épaiffeur environ d'une piece de trente fols, & en la preffant tout du long, on en fera fortir le plus de fang qu'il fera poffible: le remede eft fpecifique & fort facile; car le Boeuf ouvre l'oeil auffi-tôt que vous luy frottez avec l'eau dont ou vient de parler, ou bien avec celle-cy compofée d'eau commune, dans laquelle vous aurez mis infufer à froid une once & deme de couperofe blanche.

Tave en l'œil. Babes ou

S'il a une Taye dans l'œil, prenez du fel ainmoniac, détrempez-le dans du miel & en frottez l'oeil du Boeuf, il guérira.

Les Barbes font de petites croiffances de chair de peu d'importance, Barbillons. qui viennent dans le canal fous la langue, elles empêchent le Bœuf de boire; on les voit en tirant la langue du Boeuf de côté. Pour y remedier il les faut couper avec des cifeaux le plus prés qu'on peut, les frotter de fel, & fans autre miftere, ces barbes fe gueriffent d'elles-mêmes on appelle encore ces croiffances, des Barbillons. Quelques-uns aprés cette operation lavent encore la bouche du Boeuf avec du vin tiedi ou échauffé

dans la Bouche.

Le trop grand travail pendant les grandes chaleurs caufe quelquefois la fiévre au Boeuf, & pour lors on lui voit la tête pefante, toûjours baiffée, les yeux enflez, l'œil trifte, & fi on luy touche la peau, on lui sent le corps une chaleur extraordinaire.

tout

Pour arrêter ce mal, on commence par faigner le Boeuf à la veine du front ou de l'oreille, & on luy tire environ deux livres de fang, puison luy donne le lavement qui fuit.

Lavement.

ON

N prend trois pintes d'eau, on y mêle deux onces de policrefte, deux poignées d'erge ordinaire, & l'on fait bouillir le tout un bouillon, puis on y ajoûte mercuriale, feuilles de violettes & parietaire, de chacune trois poignées; on met bien bouillir le tout pendant un demi quart d'heure, on coule cette décoction, on la laiffe réfroidir, puis après on y joint un quarteron de lenitif, ou beurre frais, & on le donne enfuite tiede au Bœuf.

Un heure aprés qu'il aura rendu fon lavement, vous luy ferez prendre deux onces de foye d'antimoine dans une pinte d'eau, dans laquelle vous aurez mis bouillir du chiendent & le lendemain vous luy frotterez le corps avce des bouchons de paille.

Pour la boiffon vous luy donnerez de l'eau blanchie avec de la farine,

tant qu'il en voudra boire, dans laquelle vous mêlerez quatre onces de cristal mineral. Pour fon manger vous donnerez au Bauf des feuilles de vignes, de la chicorée, des laitues & autres herbes ainfi rafraîchiffantes. Si c'eft en Hyver, on leur donnera de l'orge moulu, baffiné d'un peu d'eau, avec de bon fourage, s'il n'a pas perdu l'appétit.

Ale.

Le Palais enfle quelquefois aux Boeufs, & cette tumeur leur caufe le Palais endégoût, & les oblige à fe plaindre. Pour la guerir, on faigne le Bouf à la veine du Palais, & aprés la faignée on luy donne à manger de l'ail bien maceré & bien pilé une fois feulement, puis on le nourrit dherbe bien tendre, ou de bon foin en Hyver.

Il n'y a rien qui foit plus incommode pour un Bœuf ou pour une Va- Toux. che que lorfqu'ils font attaquez de la Toux ; ce mal leur vient quand ils ont fouffert un grand froid, pour avoir bû de l'eau trop fraîche, où quand les conduits du Poulmon font deffechez faute d'humeur, ou irritez par la pouffiere.

Vous gueriffez le Boeuf de la Toux, fi vous prenez du chardon benit de l'hyfope, du pas d'âne, du bouillon blanc, & de la regliffe, de chacune fix onces; une once & demie de cumin, autant de fenouil, & un quarteron de fouphre vif; pilez chaque drogue à part dans un mortier, inêlez aprés le tout, & en donnez une once & demie à chaque prife; il faut que toutes les herbes cy-deffus foient feches pour en tirer la poudre, ou bien on fe contentera d'exprimer le fuc de chacune,' qu'on mêlera & qu'on fera avaller au Bœuf.

On doit d'abord faigner le Bœuf qui a le cou enflé, & où l'on voit Enflûre au qu'il y a tumeur, cette faignée fe fait à la veine qui eft en cette partie, cos. puis on applique fur le mal un onguent fait en cette maniere.

Onguent.

PR

Renez une livre de fain doux, deux onces & demie de cire blanche, ajoutez-y une demie livre d'huile de lin, quand ils feront fondus, & aprés les avoir ôté du feu, remuez bien le tout avec une fpatule, mélez y quatre onces de fleur de fouphre, & quand cet onguent fera froid vous en frotterez la tumeur, qui viendra à matiere, fi elle y eft difpofée, finon l'enflûre fe diffipera.

Un Bœuf a quelquefois le côté écorché, parce qu'on luy aura deffus Ecorchüre mal appliqué le joug, ou par quelqu'autre accident; il faut pour le gué, au cou. rir luy frotter la playe avec de la graiffe de Porc & de la cire neuve, le tout fondu & mêlé ensemble.

Souvent on voit croître des duretez au chignon du cou d'un Bœuf, Dureté au cela l'incommode, & l'empêche de fupporter le joug. On réfout cette tu- chignon dų meur avec l'ongueut qui fuit.

cou.

·Onguent réfolutif.

Renez de la racine de lis & de guimauve, de chacune deux onces,

Maigreur.

Jambe rompue.

Simple diflocation.

Bœuf boieux.

avec

& une poignée de pouliot; faites cuire ces racines dans de l'eau
les trois quarts d'huile d'olive, laiffez-les boüillir me heure, ajoutez-y
les feuilles d'herbes bien hachées, laiffez bien cuire le tout, & l'appliquez
chaudement fur la partie que vous voulez ramollir.

Les Bœufs qui ont la peau attachée aux os, ne peuvent profiter, outre les remedes interieurs ils ont befoin de fomentations, en voicy une qui eft merveilleufe; mais pour la faire réuffir il faut d'abord faigner le Bouf à la veine du cou, & le lendemain le frotter de ce que l'on va dire.

Fomentation.

>

Renez de la langue de lion, de la corne de cerf, de l'absynthe de l'aigremoine, du mille pertuis feuilles & fleurs, de la marjolaine, du romarin de la rhue, de la fauge & du thim, une poignée de chacune ( s'il y manque quelques-unes de ces plantes, ce n'eft pas une affaire). mettez-les dans une petite chaudiere avec de la lie de vin; laiffez-les bouillir long-temps, ajoûtez-y du fain doux, puis prenez de ces herbes dans vôtre main autant chaudes qu'il eft poffible de les fouffrir; frottez-en tout le corps du Bouf, & la peau fe détachera de fes os.

Comme cette maigreur ne provient que d'une mauvaife caufe du dedans,. il fera bon de luy donner quelque lavement rafraîchiffant.

Il faut donner au Bauf maigre de bonne nourriture pour les rétablir, comme par exemple, le nourrir deux fois par jour de fon moüllé en Hyver, & de bonnes herbes en Eté.

Si un Boeuf par malheur venoit à fe rompre une jambe, & qu'il fut gras; il faudroit le vendre, car ce feroit peines perdues que de s'amufer à la luy vouloir remettre; mais fi ce Boeuf n'étoit pas dans un état à en pouvoir tirer de l'argent, on tâcheroit de remedier à ce mal par quelque operation qui y conviendroit.

Il faut aprés cela laiffer prendre du repos tant & plus au Boeuf, net plus le remettre à la charruë, ni au harnois, mais le nourrir, de maniere qu'il engraiffe en peu de temps, afin de s'en défaire pour en ache

ter un autre.

Si ce n'eft qu'une dislocation qui luy foit furvenue; il faudra remettre l'os déplacé, luy bien bander la partie, la luy frotter avec de la graiffe de cochon, & le laiffer à l'Etable, jufqu'a ce que la jambe foit guèrie & fortifiée.

On voit fouvent des B oeufs qui boitent par differentes causes, l'un parce qu'il luy fera furvenu quelque tumeur aux pieds provenant de laffitude ou autrement l'autre fe trouvera atteint d'un chicot ou d'un cloud, & un autre enfin aura reçu quelque coup qui aura tumefié cette partie.

>

Si l'enflûre eft caufée par quelque mauvaise humeur qui fe foit jettée fur le pied ou fur la jambe d'un Boeuf, on prend un demi feptier de bon vinaigre, demie livre de graiffe de cochon, ou du vieux oing, une once de fleur de fouphre, on fait fondre le tout ensemble , on le mêle bien, puis on en frotte la partie enflée; fi ce mal luy vient de quelque coup

ait recû, on fe fervira du même remede ; & pour mieux refferrer l'enflûre, on y joint du bol commun pilé, avec un peu de miel & de l'eau com

mune.

Pour guérir le pied d'un Bœuf qui a été piqué ou d'un cloud, d'un chi- Pied piqué. cot, ou de quelque épine, il faut prendre de la therebentine, la faire fondre, y mêler de 1 huile, laiffer bien chauffer le tout, & en distiller fur la playe, aprés que vous en aurez ôté le chicot, ou autre chofe qui aura caufé la bleffure; il y en a, pour la mieux découvrir, qui percent la corne du Boeuf jufqu'au mal; quand ce premier appareil eft mis , on frotte le pied d'une espece d'onguent fait avec du miel & du fain doux. Si l'on a de l'efprit de vitriol, on en appliquera deffus à froid; on foignera de bien envelopper le pied, & de mettre l'onguent fur de la filaffe.

Quand l'ongle du pied d'un Boeuf eft éclaté, on prend du miel, de la Ongle cire neuve & de la therebentine, de chacune une once; on en fait un on- éclaté. guent, qu'on applique autour de longle l'efpace de quinze jours, ce temps paffe, on ajoûte à ce remede de l'aloës hepatique, du miel rofat & de l'alun de roche, de chacun demi once; on en fait un emplâtre fur de la filaffe, puis on en enveloppe le pied malade, aprés avoir baffiné le mal de vin, ou de vinaigre tiede..

Tefticules

Souvent les Bœufs fe mettent dans des ambarras de charrettes, Ies tefticules fe trouvent meurtris & foulez, la fluxion y furvient & la matiere s'y enflez. forme; un Boeuf alors fouffre & ne profite point: le remede ordinaire qu'on y apporte, eft de prendre une chopine de fuc de choux verds, une demi livre de miel, autant de beurre frais, un quarteron de favon noir, avec une livre de farine de féve, aprés cela on fait fondre le beurre &le favon noir enfemble, on mêle bien tout le refte, & on en fait un onguent dont on frotte à froid les tefticules enflcz qu'on enveloppe foigneufement avec du linge, on peut mener le Boeuf à l'eau, & l'y faire entrer jufqu'au ventre; fi l'enflûre des tefticules n'eft caufée que par des vents, elle fe diffipera.

S'il furvient au Boeuf une luxation à l'épaule, il faudra la luy remettre, Epaule di la bander fortement avec des écliffes, aprés l'avoir frottée de fang de Boeuf loquée. tiré chaudement, & bien manié, crainte qu'il ne fe coagule, avec un demi feptier d'eau de vie, le tout bien mêlé enfemble..

Les étranguillons arrivent aux Boeufs pour avoir été trop pouffez au Etranguiltravail, ou lorsqu'ils ont bû de l'eau trop froide, les glandes de la lons. gorge fe gonflent alors, le Boeuf fe plaint comme s'il étoit prêt d'étouffer, il fe couche par terre, puis il fe releve: voilà les fymptômes de ce mal, en voicy le remede.

Sondez avec la main où font ces tumeurs, broyez-les fortement avec: Ja main, battez-les avec le manche d'un marteau, ou autre chofe fem-blable, & aprés les avoir corrompuës, percez-les avec une lancette, faiggnez enfuite le Boeuf fous la langue, lavez-luy la bouche avec du fel & du vinaigre, foufflez-luy de ce vinaigre dans les oreilles, broyez-les luy pour J'y faire penetrer, cela appaifera la douleur des étranguillons, & les diffipera.

Mal de.

Les fymptômes qui montrent qu'un Boeuf eft attaqué du mal de tête tête,

ეკა

A a

Galle.

Malde flancs,

font lorsqu'il tient fa tête baiffée, qu'il a l'oreille abatuë, l'œil triste, les nazeaux ouverts, & qu'il chancelle en marchant; il faut alors prendre deux pintes d'eau de fontaine, la bien faire bouillir, & la jetter fur des cendres de farment, à quatre reprises differentes, & toûjours toute bouillante, mélez-y une demi livre d'huile d'olive, & un demi quarteron de bayes de laurier, remuez bien le tout, & en faites prendre par les nazeaux environ deux verres au Boeuf: il faut de deux heures en deux heures le traiter ainfi, jufqu'à ce qu'il ait pris toute la liqueur; il fera bon que ce remede foit précedé d'une faignée à la veine du cou.

La galle vient ordinairement aux Boeufs pour avoir été furmenez au travail, ce qui les échauffe beaucoup. Le remede eft de les frotter de ce qui fuit.

Prenez deux onces d'huile de chenevy, demi once de cantharides, faites bouillir le tout enfemble, & en frottez les endroits galleux durant trois ou quatre jours feulement, puis vous ferez bouillir de l'urine, vous y mettrez dedans un peu de couperofe, & en frotterez le mal.

La galle des Boeufs fe guérit encore avec de la graiffe de volaille mêlée avec de l'huile d'olive; ou bien on prend du fiel de Bœuf, on y met du fouphre vif pulverifé, de l'abfynthe, de l'huile, du bon vinaigre & un peu d'alun de plume en poudre, on incorpore bien le tout, puis on en frotte la galle.

Il arrive quelquefois qu'un Boeuf s'eft trop échauffé au travail, puis qu'on l'a laiffe morfondre, cela fuffit pour luy caufer de la douleur aux flancs; il n'y a point d'autre connoiffance que de l'entendre plaindre & luy voir battre ces parties, & pour le guérir de ce mal.

Remede.

Ous prendrez quatre onces de bol d'armenie, deux onces de fel ammoniac, deux onces de maftic, & quatre onces de farine de froment, vous réduirez le tout en poudre, & le mêlerez bien, vous y ajoûterez fix ou fept blancs d'oeufs, une pinte de bon vinaigre, & ferez un cataplafme dù tout, que vous appliquerez fur les flancs avec une peau de mouton par deffus.

Telles font les infirmitez aufquelles les bêtes à cornes font fujettes, & qu'il faut foigner de guérir, autrement un Boeuf ou une Vache tombe en langueur, il maigrit, & devient inutile pour le harnois, pour la charruë & pour être vendu. Il y a certains inconveniens qui leur arrivent, comme par exemple, de fe rompre la jambe, fe difloquer une épaule, ou autres de cette nature, quand ils font gras & en état d'être tuez; alors, fans s'amufer à les traiter, il faut chercher à s'en défaire, & cet accident n'empêche point qu'il ne fe vendent, ou bien on les tuë pour la provision de la maifon.

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