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d'âne, fommitez de genêt vert de l'année, chicorée fauvage & hyfope, de chacune trois poignées, on les hache menu, on les fait cuire dans une quantité fuffifante d'eau, puis on les ôte du feu, on y ajoûte aprés un quarteron de fuc de regliffe, dix poignées de fleur de genêt, deux livres de miel, autant de fouphre qu'on fera fondre dans une cuillier de fer, & qu'on jette aprés dans la décoction; il faut réïterer à cinq ou fix fois la fonte du fouphre, & le jetter autant de fois dans le remede après l'en avoir retiré puis ayant tenu le matin deux heures le cheval bridé, on luy fait avaller le quart de ce breuvage avec la corne, & on le promene demie heure au pas; enfuite il prend l'autre quart, puis on le promene comme auparavant, & le lendemain on luy fait avaller la moitié qui refte du breuvage en deux fois, obfervant de le faire promener, comme on á dit. On donne aprés cela un jour de relâche au cheval, puis on commence à luy faire avaller le breuvage en deux jours, on continuëra ainsi pendant huit jours.

Le cheval dans cet intervale ne mange ni foin ni avoine, mais on le nourrit de fon ou de paille de froment.

Voici un autre remede fort aifé à faire à la campagne : prenez une doumede avec zaine d'oeufs frais, mettez-les dans de fort vinaigre, en forte qu'il nage

Autre re

des œufs.

fur les ceufs de l'épaiffeur d'un doigt, laiffez-les tremper jufqu'à ce que la coque foit amollie, puis ayant tenu le cheval bridé toute la nuit, vous luy ferez avaller tous ces oeufs les uns aprés les autres, & tous entiers avec un peude vinaigre dans lequel ils auront trempé, faisant en forte qu'ils boivent tout le vinaigre avec les œufs.

Remede.

Cela fait on couvre bien le cheval, on le promene au pas deux heures entieres, puis on luy donne du fon mouillé au lieu d'avoine, point de foin. On peut réïterer ce remede s'il en eft befoin, & quoique de peu de dépenfe, il n'y en a guere de meilleur pour guérir la pouffe.

Des Grappes.

LES

Es chevaux font fujets aux Grappes qui leur viennent aux jambes de devant ou de derriere, ce font des tumeurs remplies d'une humeur puante & infecte; on rafe le poil fort prés, puis on frotte les Grappes de l'onguent fuivant.

Prenez demie livre de mercure, une once d'éllebore, autant d'euforbe, quatre onces de ftaphifagria, la quatrième partie d'une once de cantarides, deux onces de vitriol vert, une once de fel nitre, deux livres de graifle de cochon ; mettez toutes ces drogues en poudre, incorporez-les avec la graiffe, faites un onguent de toute cette compofition, que vous appliquerez fur les Grappes, & afin qu'il puiffe mieux pénetrer, il faudra faire rougir une pele de feu, & la poser fur le mal le plus prés qu'il fera poffible fans le toucher.

Il eft bon auffi avant que d'appliquer ce remede de laver & de frotter les jambes gâtées jufqu'au fang avec de l urine de Vache, ce préparatif eft merveilleux.

De

Des Peignes.

Es Peignes font des infirmitez qui furviennent aux chevaux qui ont été refroidis & mai gouvernez, ce font des gratelles farineufes qui croiffent fur la couronne, & qu'on découvre lorique le poil en eft herifle.

On les guérit avec deux onces de brefil coupé tres-menu & mis infufer Remede dans un demi feptier d'efprit de vin pendant deuze heures, aprés quoy on en frotte les Peignes fans les écorcher: fi ce remede ne fuffit pas,

Prenez du coton, imbibez-le d'efprit de vitriol, mouillez-en tous les Peignes legerement, aprés les avoir frottee avec un bouchon de paille, pour mettre les efprits en mouvement, fans rien écorcher, ni faire du fang. Si pour la premiere friction le cheval n'est pas guéri, vous réïterez le remede.

Du Farcin.

LE
E Farcin eft un mal caufé par une humeur maligne & quelquefois
fi opiniâtre, qu'il eft difficile de le guérir; on en compte de quatre
fortes, içavoir le Farcin volant, le Farcin cordé, le Farcin cul de poule, &
Je Farcin interieur.

Le Farcin volant fe connoît par cerrains boutons qui viennent par tout Farcin vo le corps, çà & là, en maniere de clouds. Pour le guérir il faut d'abord lant. aller à la caufe, & pour cela, empêcher le trop grand mouvement du fang par la faignée.

Ayant faigné le cheval, on le purge en la maniere qui fuit.

Prenez une once & demie d'aloes fucrotin, demi once de fublimé doux, Remede une once & demie de theriaque ou d'orvietan, pulverifez ce qui doit l'étre, puis ayez une pinte de vin, delayez-y lz theriaque, mettez aprés l'aloës, mélez bien le tout, & le donnez à boire au cheval, puis vous rincerez encore le pot avec un demi feptier de vin; le cheval doit être bride quatre heures avant la purgation, & autant aprés.

Le cheval étant faigné & purgé de la forte, on ne luy donnera rien davantage par la bouche que les boutons ne foient murs, & pour lors on les perce pour en faire fortir la matiere Si le Farcin ne feche pas, on met dedans de la poudre de reagal, au bout de neuf jours l'efcarre tombera.

On donne tous les jours au cheval fai cineux deux onces de chardon à cent tétes dans du fon mouillé; il faut luy ôter l'avoine : voicy un autre remede qui eft tres-bon.

Prenez une once & demie d'eau forte, une dragme de vif argent, deux gros d'alun de roche, mettez le tout diffoudre dans l'eau forte, puis faites calciner l'alun, dans un pot de terre, ajoûtez-y l'alun tant que l'eau forte en pourra digerer en pâte dure, qu'on mettra dans le Farcin qui fera percé.

Si c'est du Farcin cordé, on y applique les boutons de feu, puis on er- Farcin cortoure, & l'on barre les cordes & les boutons d'une raye de feu, on faigne dé. le cheval abondamment, puis on le purge comme on a dit.

Kk

}

Remede."

Farcin à cul pe poule.

Remede.

258

LE NOUVEAU THEATRE

Quand on a brulé ou mis le feu aux boutons du farcin & que l'efcarre eft tombée, on frotte le mal avec l'onguent fuivant.

On prend une once d'arfenic, du vif argent, de l'alun & de la couperofe, de chacun deux onces, une demie once de vert de gris: pulverifez toutes ces drogues chacune à part, mêlez aprés toutes ces poudres enfemble, & quand vous voudrez vous en fervir, vous nettoyerez bien les boutons, vous les prefferez pour en faire fortir la matiere, puis vous les frottercz de la poudre preparée.

Le Farcin à cul de poule, appellé ainfi par la reffemblance qu'il a avec cette partie de cet oifeau, eft tres difficile à guérir; les boutons, lorfqu'ils viennent à percer, ne jettent aucune matiere, les bords de l'ulcere font teints d'un noir rougeâtre, & ils font prefque toûjours calleux.

Cependant on guérit quelquefois ce farcin par le moyen de l'éllebore noir dont on prend les racines qu'on lave, puis qu'on met infufer dans du vinaigre ofat pendant vingt-quatre heures, enfuite on jette le vinaigre, & l'on fait fecher ces racines à feu lent, puis on les réduit en poudre, dont on fe fert en purgatif; pour aller à la caufe interieure de ce farcin, & tâcher de la detruire, voicy quel doit être le remede.

On prend une once de fené, demie once d'aloës, & autant de turbit, une once fel de tartre, trois dragmes d'ellebore noir préparé, comme on a dit, deux dragmes de rhubarbe, demie once de fublime doux, & trois dragmes moitié mufcade, moitié gingembre, faites du tout une poudre groffiere, & en formez des pillules avec une livre de beurre frais, que vous donnerez au cheval un jour aprés qu'il aura été faigné.

Pour le Farcin interieur, c'eft le plus dangereux de tous, fes boutons naiffent entre cuir & chair, il faut y remedier de bonne heure quand on s'en apperçoit, finon l'humeur rentre, infecte les parties interieures, caufe la mort au cheval.

&

Farcin in-
terieur.

Remede.

Lavement.

de falfepaOn fe fert pour guérir ce Farcin de décoction de gayac, reille, ou de racine d'efquine, on en donne tous les matins au cheval pendant fept ou huit jours avant la purgation: au lieu de décoction des plantes cy-deffus, on peut n'en donner aux chevaux que la poudre qu'on aura tirée; la dofe eft de deux onces dans une pinte de vin blanc, la purgation fera telle,

Vous prendrez de l'anis, fené, agaric, aloës, de chacun demi once, une dragme de poivre long, une tête d'ail bien épluchée, & trois dragmes de fcamonée, vous réduirez bien le tout en poudre, que vous ferez infufer dans trois demi feptiers de vin blanc, ou une pinte fi vous voulez, & donnerez ce breuvage tiede au cheval; il faut le laiffer quatre heures bridé avant la purgation & autant aprés, & le promener pendant deux heures; le lendemain on pourra luy donner un lavement émollient compofé

De mauves, guimauves, parietaires, boüillon blanc, melilot, camomille & feuilles de violettes, le tout cuit enfemble dans de l'eau, réduit à trois chopines de décoction, dans laquelle vous ajoûterez un quarteron de miel, autant de fucre, deux onces diaphonicum, & demie livre d'huile d'olive, il faut donner ce lavement tiede au cheval, & le jour d'aprés le faire faigner.

Des Mollettes.

E meilleur remede pour les Mollettes, eft d'y appliquer le feu, les Pronoftic cette le moyen que le mal ne revienne plus. Ces Molettes font de petites tumeurs tendres & molles, groffes comme des noifettes, fans douleur toutefois.

,

Il y en a au lieu de faire le remede precedent, qui refferent les Molletes

en cette maniere.

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Ils prennent une pinte de bon vinaigre, ils y mêlent quatre onces de galbanum pilé, & mettent le tout fur les cendres chaudes l'efpace de vingt-quatre heures le remuant quelquefois, ils y ajoûtent aprés une livre de therebentine commune, & laiffent cuire cette mixtion une demie heure à feu lent, puis ils y mettent trois onces de maftic en poudre, une livre de bol fin, ils mêlent bien le tout & l'appliquent fur les Mollettes un papier par deffus : ce remede eft excellent, & quelquefois une feule application fuffit.

De la Courbe.

A Courbe eft une tumeur qui croît au dedans du jarret fur le tendon, elle reffemble à une poire longue coupée en deux; elle vient aux chevaux de harnois plûtôt qu'aux autres, à caufe de l'effort que font les jarrets en tirant. Le feul remede eft d'y faire donner le feu bien legerement, Remede puis appliquer deffus de la poix fondue qu'on met fur des étoupes, & couvrir bien l'endroit brûlé; du moins fi la Courbe ne guérit pas tout-à-fait, le feu empêche qu'elle ne groffiffe davantage.

De l'Avant-cœur.

L'

'Avant-cœur, ou conti-caur, vulgairement appellé ancœur, est une tumeur 'contre nature, qui croît fur la poitrine vis-à-vis le cœur ; on connoît ce mal par la tumeur qui paroît au dehors; le cheval pour lors eft triste, il tient fa tête baiffée, avec battement de cœur, accompagné fouvent d'une fiévre; ce mal est dangereux fi on n'y remedie promptement; car lors qu'on le laiffe rentrer, il eft rare que les chevaux en reviennent : pour guérir ce mal,

Prenez de la racine d'ellebore, percez la tumeur avec une alefne ou un Remede, poinçon, mettez-y dedans cette racine, & graiffez le mal avec du beurre frais, ou de l'althea; mais comme ce remede ne guérit pas la caufe du mal, il faut chercher à le détruire par les remedes qui fuivent, & commencer par un lavement fait avec deux pintes d'eau, deux poignées Lavement. d'orge, & deux onces de fel policrefte en poudre, on fait bouillir le tout un quart d'heure, on le paffe, puis on y ajoûte une chopine d'urine d'homme, & un quarteron de beurre frais.

Cela fait, on donne ce lavement tiede au cheval, deux fois par jour pendant deux ou trois jours de fuite, puis on luy fait avaller un remede pour luy fortifier le cœur, on le fait ainfi.

K.kij

Fuvages.

Pillules.

Remede.

Àrmant.

Lavement.

Prenez deux onces de bon orvietan, ou de theriaque delayée dans une pinte de bon vin, & réiterez ce breuvage pendant trois jours, puis cinq ou fix jours après on purgera le cheval avec les pillules, dent voicy

la recette.

On prend de l'aloës, agaric & fené, de chacun une once, on pulverife le tout finement, on l'incorpore dans uue bonne livre de beurre, puis on en forme des pillules qu'on donne au cheval quatre heures aprés qu'il aura été bridé.

eft une

à

plus difficile à guérir, fi le remede n'eft promptement apporté ; un cheval attaqué de ce mal eft degouté, il fe couche, il fe leve, & regarde fon flanc. Le plus fur remede, c'eft de luy mettre la main dans le fondement & d'en tirer la fiente qu'on trouve envelopée comme d'une membrane blanche, qui reffemble à de la graiffe; alors il ne faut point retarder d'y remedier. Cette premiere operation eft du reffort d'un Maréchal, ou méme d'un Valet d'écurie fort adroit, au cas qu'on fût éloigné du

Maréchal.

De la Gras-fondure.

Il y en a aprés que le cheval eft ainsi vuidé de la fiente, qui le nourriffent de farine de froment mêlée avec du miel rofat, du fucre & un peu de vinaigre rofat, le tout bien incorporé cet armant eft propre pour les chevaux dégoûtez, tels que le font ordinairement ceux qui font gras fondus, on le leur fait prendre avec un nerf de bœuf qu'on leur laißle mâcher dans la bouche.

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D'autres au lieu de leur inferer la main dans le fondement, font faigner le cheval des flancs, & le promenent de temps en temps, puisis luy donnent de demie heure en demie heure des lavemens de lait frais avec des jaunes d'œufs.

Du Garrot bleffe.

Remedes. Es bleffüres de deffus le Garrot deviennent dangereufes, fi on les néglige Le premier foin qu'il en faut avoir c'eft de tenir le playe tresrette, en l'étuvant tous les jours avec de l'eau de vie ou avec de l'eau de favon, quand la playe eft fimple.

.

Quelques uns, quand il y a entamûre, appliquent deffus un reftrinctif, avec bol en poudre, vinaigre, & blancs d'oeufs, il opere affez bien quand le mal n'eft pas grand.

D'autres prennent fix blancs d'oeufs, avec gros comme un œuf d'alun pulverife; ils battent le tout ensemble environ un demi quart d'heure, puis ils en frottent l'enflure.

Si la playe eft beaucoup meurtrie, prenez une demie livre de populeum, un quarteron de miel & autant de favon noir, battez bien le tout à froid, ajoutez y un verre d'efprit de vin, & graiffez doucement la playe de cet onguent: on peut aprés cela purger le cheval comme à l'avantcœur, .voyez page 259.

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