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qu'il eft, aura prés de vous un accueil favorable, & que le regar dant comme une matiere à laquelle les gens les plus diftinguez n'ont point refufé leur attention, vous le recevrez comme un effet de mon. Zele, qui voudroit vous offrir tout ce qu'il a de meilleur.

Il eft vray, MONSIEUR, que vous y trouverez une nature défrichée, une recherche exacte des caufes qui la font agir, des fecrets dont cette mere commune a befoin pour nous enrichir de fes tréfors; en un mot, une Agriculture univerfelle, qu'une pratique de longue main dans tout ce qu'elle contient, m'a fait mettre au jour; & comme tout ce qui y eft rapporté a toûjours fait la noble occupation des plus grands Hommes, j'ofe me flatter qu'aimant tout

qui eft utile & honnête, pour peu que vôtre loifir vous permette d'y jetter les yeux, vous trouverez dans cette lecture quelque efpece de fatisfaction.

Aprés cela, MONSIEUR, n'attendez pas que j'entreprenne icy de faire vôtre éloge, il fuffit que le Roy qui n'a mérité le Nom de Grand que par fes actions & fes vertus, & qui jufques icy n'a jamais fait que des choix judicieux, vous ait jugé digne de l'Employ important que vous exercez. Il n'auroit pas la confiance qu'il a en vous, s'il ne vous connoiffoit pour un homme d'une probité à l'épreuve de tout, d'une capacité confommée dans fon Art, d'un attachement incroyable à executer promptement fes Ordres : ce Prince a de l'eftime pour vous, il fçait trop bien de quel prix elle eft pour la donner à un mérite commun, & fi je tais à vôtre égard bien d'autres chofes que vôtre modeftie ne pourroit souffrir tout le monde fçait, quoiqu'on ne pourroit vous donner que des louanges légitimes, du moins je fouhaiterois que mon filence, qui vous loüera mieux que mes paroles,pút vous perfuader avec combien de refpect je fuis,

లో

&

que

MONSIEUR,

Vôtre tres-humble & tresobéïffant ferviteur.

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PREFACE.

N peut dire que de tous les Ouvrages qui ont paru jufques-icy fur l'Agriculture & le Ménage des Champs, on n'en a point vu de plus complet que celuy-cy; c'eft un Théatre à la vérité où la Nature reprefente bien des fcenes différentes, & où l'Art qui vient à fon fecours, contribue beaucoup à rendre fes ouvrages parfaits. On a voulu icy qu'il n'y ait eu plus rien à fouhaiter là-deffus; & pour donner à cet Ouvrage un certain ordre qui plût, on l'a divifé en cinq Livres. Voicy la diftribution des Matieres qu'on y a obfervées, & dont on a jugé à propos de rendre compte au Public, qui fouvent eft bien aife de trouver dans une Préface, qui eft l'analyse de tout le Livre, un avant-goût de ce que luy promet le titre.

Comme les travaux de la campagne ne conviennent pas à tout le monde, & que de même que dans tous les autres Arts il eft abfolument néceffaire de fe fonder, pour voir fi on eft capable d'y réüffir, on a d'abord dans le prémier Livre étably comme une efpéce de connoiffance de foy-même pour ne fe point mal à propos embarquer fur une mer où fouvent on fait naufrage pour n'y pas avoir fçu conduire fon vaiffeau. On eft aprés cela defcendu dans un détail de toutes les terres qui fe peuvent cultiver, on a approfondy la nature de chacune, tant en particulier qu'en général, en quelque endroit qu'elles puiffent être fcituées, afin de pouvoir fe les rendre utiles par fes travaux, qui eft le point principal & l'objet qu'on fe doit propofer dans l'Agriculture. On a auffi donné la maniere de les mefurer felon le différent ufage de chaque pays, ce qui n'eft pas une chose de peu d'importance à fçavoir.

Non content de cette premiere idée, on eft tombé fur celle qu'on

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pouvoit fe former dans la conftruction d'une Maifon de Campagne; & confiderant avec attention tout ce qui pouvoit généralement y entrer, on a tâché d'applanir les difficultez qui fe trouvent quand on veut bâtir pour ne s'y point enfourner inconfiderément; on a même pour cela marqué les prix de tous les materiaux qui fervent aux bâtimens, ainfi que de plufieurs autres chofes qui les regardent: on a parlé du choix & de l'ufage qu'on en devoit faire, de ce que c'étoit qu'un bon Oeconôme à la Campagne, & comment il falloit qu'il s'y comportât pour joüir du fruit de les peines; on a encore donné icy l'art de bien régler une maifon par rapport à toutes fortes d'états, afin que tout s'y paffe avec œconomie, & que la dépenfe n'en excede pas les revenus. Le choix qu'on doit fçavoir faire des Domestiques n'y eft point oublié, ainfi que plufieurs réfléxions tres-utiles fur la maniere d'affermer les biens de campagne ; & comme il n'eft rien tel que d'avoir les provifions du ménage autant qu'on le peut, on a dit quelles elles étoient, & comment on pouvoit s'en pourvoir & les conferver, afin non feulement de fe fervir de chacune dans leur faifon, mais encore de faire de l'argent de celles qu'on croît fuperfluës: tel eft l'ordre qu'on a fuivi dans le premier Livre de nôtre Théatre d'Agriculture, paffons à l'examen du fecond, & voyons ce qu'il

contient.

On y enfeigne la maniere de nourrir & élever toutes fortes d'Animaux domestiques tant oyfeaux que bêtes à quatre pieds ; on y traite de leurs maladies, & des moyens de les en guérir; on commence par les Poules, & le profit qu'elles rendent pendant toute l'année, lorfqu'elles font bien nourries: les autres oyleaux de la basse-cour viennent aprés, tels font les Poulets Dinde, Dindons, Oyes, Canes, & Canards domestiques, Pigeons de Colombier & autres. On traite encore icy de la maniere d'élever les Canes fauvages, Canes Dinde. Cygnes, Paons, Tourterelles, Cailles & Faifans ; ces derniers oyfeaux à la vérité regardent plus la curiofité & le plaifir des fens que la véritable œconomic ; mais comme dans un ouvrage de la nature dont eft celuy-cy, on eft absolument obligé d'écrire en général pour tous ceux qui fe plaifent à l'Agriculture, & qui ne veulent rien épargner pour paroître avec un certain éclat dans le monde, on a cru qu'on auroit manqué icy en un point principal, fi on eût obmis les matieres dont on vient de parler.

Aprés la Volaille viennent les beftiaux qui font les Vaches, Bœufs, Taureaux, Brebis, Moutons, Agneaux, Chévres, & Cochons: on

ne s'eft pas contenté dans cet ouvrage d'infinuer comment il falloit

les nourrir; on y a examiné à fond tout le profit qu'on en pouvoit tirer, & cela par un détail exact qu'on a fait prefque de toutes les parties qui compofent ces animaux ; on a dit comment il falloit les ens graifler, parce que ce n'eft que la graiffe qui les fait valoir, & au cas qu'il leur furvint quelque accident, étant tous fujets aux infirmitez de la nature, on a donné le moyen de les en guérir, ce qui y eft détaillé fort au long & d'une maniere tres-facile à pratiquer; on s'eft étendu aussi sur la véritable méthode de fçavoir gouverner le laitage, afin d'en faire fon profit, foit pour l'utilité de la maifon, foit par l'argent qu'on en peut tirer; les Chevaux ne font point là une matiere qui rempliffe le moins cette partie de nôtre Théatre d'Agriculture; on s'est étendu autant que cet Ouvrage a pû le permettre fur tout ce qui concernoit ces animaux, & on peut dire que là-deffus, quoiqu'en abregé, on a donné tout ce qu'il eft à fouhaiter pour bien gouverner des Chevaux tant en fanté que malade; le Lecteur jugera de cette vérité qu'on avance par la lecture qu'il en fera, & la fatisfaction qu'il y trouverra ; & comme le Haras eft l'origine d'où on tire les Chevaux on n'a rien omis de ce qui le regarde, tant fur ce que l'expérience ena appris, que fur tout ce que les meilleurs Auteurs en cet Art en ont dit. Le Mulet & l'Ane tiennent encore icy chacun leur place, comme les Mouches à miel & les Vers à foye, dont les Traitez qu'on en a fait font tres-amples; on n'y a point oublié les Etangs, ny autres pieces d'eau capables de contenir du Poiffon ; on y a parlé de la Garenne & du Clapier, & le tout en telle forte qu'on aura lieu d'en être con

tent.

Le troifiéme Livre eft la partie qu'on peut icy véritablement appeller le Théatre de l'Agriculture, on y apprend tout ce qu'un Laboureur doit faire pendant toute l'année, & tous les outils dont ils faut qu'il fe muniffe pour travailler à la terre: le labourage y eft défini & décrit avec toutes les circonftances qui le regardent; on y parle amplement des labours, & du temps auquel on les donne; on y fait une efpece de Differtation tant fur les Fumiers que fur la maniere de les employer: la Semaille, la Moiffon, la Fauchaison, la Vendange, tout cela y eft touché de maniere que pour peu qu'on veuille le lire avec application, on y verra tout ce qu'il y faut faire pour réüffir dans le travail que ces recoltes exigent de nous chacun en particulier. Ce Livre contient encore des inftructions fur la culture des bois en général, tant haute Futaye, Bois taillis, Bois aquatiques & autres fauvages qui croiffent ailleurs que dans les Forêts, & l'on peut dire que tout cela y eft détaillé d'une maniere à ne rien laiffer à fouhaiter à une

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perfonne curieufe d'apprendre tout ce que l'Agriculture renferme Four en faire fon profit.

Voicy maintenant les Jardinages de toutes fortes, ce font eux qui font la matiere du quatrième Livre; & comme le principal but qu'on s'eft propofé dans cet Ouvrage ne regarde particulierement que l'utilité qu'on en pouvoit tirer, on a commencé par les Jardins potagers & fruitiers, & on peut affurer qu'on a dit là deffus tout ce qu'une matiere auffi féconde en circonftances que celle-là peut le demander; on n'y a rien laiffé échapper, non plus que de ce qu'il convient faire pour-fçavoir parfaitement conduire des pépinieres de fruits. On tombe enfuite fur la taille des arbres qu'on peut appeller une véritable Philosophie naturelle, puisque pour y réüffir, il faut absolument étudier la nature & s'y appliquer pour connoître les mouvemens d'un fuc nourricier qui circule dans les arbres ; fans cette connoiffance on tombe fouvent dans des défauts qu'il eft tros-difficile de corriger aprés ; & pour tâcher d'en donner une idée complette, aprés s'être étendu beaucoup fur cet Art, on en a donné des figures. Les curieux pour les fruits de toutes fortes y trouverront leur compte ; on en a donné des liftes fuffifantes pour cela, & comme la vigne n'eft pas un des moindres objets de l'Agriculture, on a enfeigné dans cet Ouvrage la maniere de la cultiver, de faire les Vendanges, & le vin de plufieurs couleurs avec d'autres boiffons dont on ufe dans le ménage.

On y traite aprés cela des Jardins d'ornemens, où on n'a rien oublié de tout ce qui les concerne pour les rendre tres-agréables ; c'est une étude toute particuliere qu'il faut fe faire pour ces fortes d'ouvrages, un certain goût que tout le monde n'a pas d'abord & qu'on trouvera icy; on y a donné plufieurs deffeins de Parterres tant en broderie qu'à l'Angloife; des figures de Boulingrins, Bofquets, Salles, Salons & d'autres pieces d'ornemens qui contribuent à rendre ces Jardins tout des plus magnifiques; c'eft pourquoy on peut dire que cette partie de nôtre Théatre a fon agrément particulier, & renferme une matiere qui a lieu de plaire à fes véritables amateurs; on y donne auffi des inftructions fur la conduite des Eaux jailliffantes, & de tout ce qu'on en peut faire pour la beauté de ces jardins : enfuite on y traite de la culture de toutes fortes de fleurs & des fimples pour s'en fervir dans les médicamens.

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Enfin, le cinquiéme Livre contient les plaifirs ordinaires qu'on prend à la campagne; on y parle de la Cuifine, de la maniere de faire toutes fortes de Confitures, feiches & liquides; Pâtes, Pâtifferies, & généralement de tout ce qui regarde l'Office; des Chaffes de plufieurs manieres

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