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L'Amičt.

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L'Amict que l'on nommoit autrefois du mot Grec Anaboladium, est une piéce de toile blanche de forine quarrée , & le premier Habit du Prétre. Il correspond , à ce que prétendent plusieurs Ecrivains Ecclefiaftiques,

à l'Ephod ou Rational du Grand Pontife de la Loi ancienne. Le Prêtre en le prenant le pose sur sa tê

& l'ayant fait descendre sur le col , & sur les épaules , l'attache

sous les mammelles avec deux treffes ; mais il n'y a gueres plus que les Re

, guliers qui le retiennent sur la tête. Dans l'Eglise de Milan on ne le prend qu'après l'Aube & le Cordon. En certaines Eglises particuliéres on met fur l'Ainict un inorceau de la même étoffe dont la Chasuble eft fabriquée, ou bien on y fait quelques Ornemens en broderie avec l'aiguille ; mais l'on ne sçait d'où cette pratique a pû provenir ; car dans l’Antiquité l'on ne trouve rien de semblable,

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L'Aube.

L'Aube qui est le Poderis des Grecs , & qui autrefois étoit le premier Vêtement Sacerdotal de l'ancienne Loi n'est

que
le second

parmi nous. C'est une Tunique ou elpece de Chemise de Lin que l'on fait descendre jusqu'aux talons. On ne l'appelle Aube qu'à cause de sa couleur qui ne peut être que la blanche , & qui se dit Alba en Langue Latine. Cette couleur a toûjours été regardée comme celle qui convenoit le mieux aux divins Mystéres ; julques-là que la plâpart des Prêtres des fausses Divinitez portoient réguliérement des Aubes ; ou Tuniques de toile blanche quand ils facrifioient aux Idoles ; nous lifons mêine dans Plautus & dans Starius , qu'en certai.. nes Solemnitez le , Peuple Romain tout comme les Prêtres , paroissoit sous des Habits blancs pour en mieux marquer la joye , & la pompe.

Selon tous les Ecrivains Ecclesiastiques les Prêtres se servirent de

l'Aube

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l'Aube avant les Diacres , & les Soudiacres :: Si cela est il y a plus de douze cens ans qu'elle est devenuë Habit d'Eglise , puisque dans un Synode de Narbonne qui se tint en 589. il paroit que les Diacres & les Soûdiacres la portoient en France qu'ils n'avoient encore portée que dans l'Eglise de Rome d’où elle passa aux autres Eglises particuliéres où il fut

permis à leurs Diacres , & Soû jiacres d'en pouvoir aser. Si l'Habit de Lin sous lequel parut l'illustre & le saint Marcin Cyprien dans le temps qu'on le fit mourir étoit l'Aube dont nous parlons , elle auroit encore plus d'ancienneté. Au reste ces Robes sont toutes unies , quoi qu'autrefois selon Vopiscus il y en eût qui avoient au bas une bordure ou de Pourpre , ou de Broderie,

.

La Ceinture ou Cordon.

La Ceinture ou Cordon , laissant à part ses significations mystérieuses , n'est

que pour restraindre l'Aube , & empêcher qu'elle ne coule en bas, & Tome IV.

H

que

le Prêtre n'en soir embarrasse quand il marche , & qu'il agit. Les Prêtres des Idoles , & ceux des Hebreux usoient de ceintures tout comme ceux de Jesus-CHRIST, L'on en voit de plusieurs formes dans le chapitre trente-troisiéme du livre dix-. neuviéme des origines de saint Isidore. Les Grands Prêtres de l'ancienne Loi en avoient deux ; avec l'une ils ceignoient leur robe d'Hyacinte, & avec l'autre qui étoit large de quatre doigts , selon Jofephe , celle de Lin. Cette derniere pendoit jusqu'à terre , & pour qu'elle ne les enbarassàt ils la rejettoicut sur leurs deux épaules. Au reste elle étoit tissuë de differentes couleurs , & ressembloic dit saint Jerôme , à la dépouille d'un serpent.

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Le Manipule. C'est le Fanon des Saxons & des Allemands & l'Epimanicion des Grecs. Cet Ornement avant le dixićme siecle n'étoit pas compté parmi les Sacrez, Avant ce temps il avoit même tout une autre forme. Aujour

d'hui & depuis six siecles, c'est un Ornement que l'on fait toujours de la même couleur & matiére dont on fait la Chasuble , & cet Ornement n'est qu'une bande large d'environ quatre poulces , mais qui l'elt davantage aux extrémitez qui sont de figure triangulaire ; autrefois il n'ayoit gueres plus de deux doigts de largeur , mais aussi il étoit plus long ; car au lieu que celui-ci posé sur le bras pendoit jusqu'à terre , 2. peine le nôrre pend-il jusques vers. le haut de la cuiffe , outre que

l'an. cien étoit par tout également large, . tandis que celui dont nous nous servons l'est davantage aux extrémitez. On ne peut mieux le comparer qu'à un Ruban , ou qu'à un Galon. Les Prêtres Latins-n'en portent qu'un sur le bras gauche , mais les Grecs en prennent un sur chaque bras. Le nom de Manipule ne vient pas de ce qu'on le met sur le poigner, comme quelques-uns ont pensé, mais de Map

. pula qui étoit un mouchoir ou un linge que l'on mettoit sur le bras gauche dans la célébration de la Mesa

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