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ARTICLE XVIII.

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DE L'USAGE DE LA FREQUENTES

faignée dans tes fréptes , examiné fuivant les principes des Anciens no des Modemes. Par MY.Gujard Doce teur en Medocine. A Paris chez · Laurent d'Houry', voë & procbe S. Severin au faint Esprit, vis de vis la ruë Zacharie 1702. in 12. Pugg. 374. in 16.

Onfieur Guyard divifeson li

vré en 3. parties. Dans la pree) miere il papporte avec exactitude less fyftemes.des Modernes fur la nature & sur la cure des Fievres,& ce qu'ils one pensé de la frequente faignée. Dans la 2. it examine l'opinion de Galien & de fes plus habiles difci. ples sur la matiere en queltion. Dans la 3.il fait voir que les Anciens & les Modernes ne different que dans des queltions de nom ,&qu'ils rejettent ụnanimement le frequent usage de la faignée. Il y a beaucoup d'ordre dans tout cet ouvrage & il eft bien écrit.

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Les nouveaux systemes peuvent (s reduire à deux hypotheses principales qui renferment les autres. La premiere veut que la cause ou le levain de la fiévre se forme dans les veines & les arteres. La feconde met le foyer de la fiévre hors des vaifseaux du fang: Selon la premiere, lorsque le soulfre, ou le fel valatile: & huileux qui fait une partie duz fang, se trouve trop exalté, il s'enflamme, & trouble ausbitôt la fermentation naturelle : it gonfle les veines,& il cause la fiévre continuë. Les fiévres intermittentes furviennent lorsque le chyle eft trop acide & crop visqueux : ce qui arrive par. le defaut des premienes digestions

& filtrations. Alors le chyle ne peut s'unir tout entier au fang, & il en refte des particules beterogenes,qui cireulent avec luy quelque tems fans y causer beaucoup de trouble... Mais

lorsque la malle du fang est trop gonflée, il s'y fait une effervescence hevreuse qui dure jusqu'à ce que les particules, qui font le foyer da la fiévre, soient dissipées par la chaIsur naturelle : auquel cas la bévre

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cesfe , & ne revient point qu'il ne se foit fait un nouvel amas de fucs vitiez.

Les partisans de la feconde hy-' pothefe supposent qu'il y a toûjours hors des vaisseaux fanguins, quelque partie du corps qui elt le reservoir des matieres fiévrenses ; & qu'elles s'y amafsent par obftru&tion ou autrement. Selon eux le levain de la frévre est une humeur corrompuë & acide, impregnée de soulfre, de fel & de nitre ; & par confequent propre pour la fermentation.

Quand cette matiere eft en affez grande quantité ou de nature à pou

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entretenir long-tems l'agitation du fang avec lequel elle se mesle, il se fait une fievre continuë. Au contraire fi elle fe trouve disposée à sortir

par intervalles de fon foyer, & avant que d'autres matieres remblables s'y joignent , la fievre devient intermittente : parceque

les efprits du sang ont assez de force pour dilliper cette matiere. Voilà le plan des nouveaux systemes.

Si les levains de la fiévre ne fe for ment pas dans les yaisseaux sanguins,

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mais dans quelque autre partie du corps, d'où ils coulent dans les veines & dans les arteres, il est clair, die Mr. Guyard, que la faignée ne fai. sant qu'évacuer les veines & les ar-i teres ne peut détruire la cause de la fievre. Il semble-même, ajoûte-t'il,

que plus on saigne, plus les levains fievreux doivent "couler en abondance dans les vaiffeaux , fanguins, & agiter plus aisément le sang dont Ja maffe diminuë.

Mais si l'on suppose que le levain fievreux se forme dans les vaisseaux farguins, la faignée n'en paroît pas plus utile à M. Guyard. Car continuë - t'il , comment pourroit elle adoucir l'amertume du foulfre, ou temperer l'acidité de la lymphe, ou emouffer la pointe des sels, ou moderer l'acrimonic des sucs vitiez? Le vinaigre renfermé dans un tonneau ne perd rien de fon aigreur quand on en tire. 2. La saignée ôte également le bon fang comme le mauvais. Un Medecin Italien nommé Luc Antoine Portio a fait voir que la faignée tire neuf fois plus de bonne humeurs que de mauvai

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fes. En effet les panties du bon sangı font moins grolleres & elles for tent plus aisément, 3. La frequentes faignée diminue la chaleur naturelle , & elle ête les esprits au sang, Or la diminution des esprits dans le lang le rend propre à s'aigrir, Le van devient aigre quand il perd ses, esprits & l'on a remarqué souvent que la fievre augmente après la faignéd. Par la même raison la fres quente saignée empêche la tranfpice ration & les crifes.

Mr. Guyard prétend que plus fieurs Modernes ont tiré de leurs fystemes les consequences qu'il en, tire. Il eite des passages de Mer faeurs Willis, Sydenham, Causapé, Sylvius, Deleboë, Spon & Tauvry, Il prouve ensuire que la corruption apparente du fang qu'on remarque dans les palettes ne prouve rien. Sesraisons font. 1. Que le fang des pers fonnes qui fe portent bien, & qui fe font faigner par precaution, par roît fouvent corrompu., 2. Que la fiévre ne vient quelquefois que d'ur ne trop grande fermentation fans aucune corruption. zo. Qu'on ne

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