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deux mains l'une dans l'autre, avec une Infcription qui indique celui qui adopte & celui qui eft adopté. Quelquefois un Prince donne le globe à celui qu'il adopte.

ADORATION (L') qui eft un hommage de refpect & de foumiffion de la créature envers le Créateur, eft caractérisée par une Femme prosternée, qui a la main droite fur la poitrine, & qui tient un Encenfoir de la gauche. L'Adoration eft facile à diftinguer de l'Idolâtrie, parceque celle-ci eft représentée aveugle, ou ayant un bandeau fur les yeux. Voyez Idolâtrie.

AFFECTATION. Voyez Ridicules.

AFFLICTION. La Peinture ainfi que la Poéfie, nous représente l'Affliction toujours affife, parcequ'elle a bien de la peine à fe foutenir fur fes pieds chancelans. Elle laiffe pancher fa tête & les bras fe repofent à peine fur des genoux qui paroiffent mal affermis. La douleur qui eft dans fon coeur fe manifefte également fur chaque partie de fon vifage. Ses joues font affaiffées, fon front eft retréci, fes fourcils font baiffés. Une humeur furabondante couvre fes yeux, & les obfcurcit. Les larmes coulent. Voyez Douleur, Trifteffe.

AFRIQUE. Une des quatre parties du monde. Elle eft principalement défignée par l'Eléphant qu'on voit à les côtés.

Le Brun l'a repréfentée dans les Appartemens de Versailles fous la Figure d'une Femme Maure, découverte jufqu'à la ceinture; elle eft affife fur un Eléphant; au-deffus de fa tête s'éleve un parafol qui la met entierement dans l'ombre. Ses cheveux font noirs, courts & frifés; deux groffes perles pendent à fes oreilles, & fes bras font parés de riches bracelets.

L'Afrique eft encore fouvent exprimée par une

Femme, qui a pour coëffure la dépouille d'une tête d'Eléphant, dont elle tient un bout de dent; on voit à les pieds un lion qui la careffe, pour marquer qu'elle nourrit quantité de ces animaux.

Sur plufieurs Médailles, elle tient de la main droite un Scorpion, & de la gauche une Corne d'Abondance; à fes pieds paroît une Corbeille remplie de fleurs & de fruits. Le Cheval & le Palmier étoient les fymboles de la partie d'Afrique, voifine de Carthage.

AGES. Les quatre âges de l'homme qui font l'enfance, la jeuneffe, l'âge viril & la vieilleffe, font faciles à diftinguer.

Le tems qui change tout, change auffi nos humeurs;
Chaque âge a fes plaisirs, fon efprit & fes moeurs.

Les tableaux qu'Horace en a faits, out servi de modéle aux Artiftes & aux Poétes.

Reddere qui voces jam fcit puer, & pede certo
Signat humum; geftit paribus colludere, & iram
Colligit ac ponit temerè, & mutatur in horas.
Imberbis juvenis, tandem cuftode remoto,
Gaudet equis, canibufque, & aprici gramine campi;
Cereus in vitium flecti, monitoribus afper,
Utilium tardus provifor, prodigus æris,
Sublimis, cupidufque, & amata relinquere pernix.
Converfis ftudiis, ætas animufque virilis
Quærit opes & amicitias, infervit honori:
Commififle cavet quod mox mutare laboret.

Multa fenem circumveniunt incommoda, vel quod
Quærit, & inventis miser abstinet, ac timet uti :
Vel quod res omnes timidè gelidèque miniftrat ;
Dilator, fpe longus, iners, avidufque futuri,
Difficilis, querulus, laudator temporis acti
Se puero, cenfor caftigatorque minorum.

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Un enfant qui fçait déja répéter les mots qu'on lui a appris, & qui marche seul, ne fonge qu'à jouer avec fes camarades; il s'irrite & s'appaife pour rien, & change à tout

moment.

» Un jeune homme qui enfin n'a plus de Gouverneur, aime les chiens, les chevaux & les > exercices du Champ de Mars : il eft prompt à recevoir les impulfions des vices : il s'em" porte contre ceux qui donnent des avis & qui » le reprennent de fes défauts ; il ne pense que » tard à l'utile, auquel il préfére ordinaire»ment l'honnête: il eft prodigue, fier & pré» fomptueux. Il défire tout ce qu'il voit, & il "fe laffe très-promptement des chofes qu'il a » le plus aimées.

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L'âge viril a d'autres inclinations; il tra» vaille à amaffer des richesses & à se faire des >> amis ; il tâche d'accorder l'intérêt avec l'hon> neur & de ne rien faire dont il puisse avoir " tôt ou tard fujet de fe repentir.

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» La vieilleffe eft le rendez-vous de toutes les » incommodités; elle amaffe du bien, & elle » eft fi miférable, qu'elle n'ofe's'en fervir. Elle » ne fait rien qu'avec beaucoup de timidité &

de lenteur: elle eft irréfolue, longue à con» cevoir des espérances, pareffeufe, attachée à » la vie, difficile & de mauvaise humeur. Elle » fe plaint fans ceffe, ne vante que le tems paffé, " & fait inceffamment des corrections & des » réprimandes à la jeuneffe.

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Boileau qui a copié ces tableaux d'après Horace, a obmis celui de l'enfance.

Un jeune homme toujours bouillant dans fes caprices Eft prompt à recevoir l'impreffion des vices:

Dacier.

Eft vain dans fes difcours, volage en fes defirs,
Rétif à la cenfure, & fou dans les plaifirs.

L'âge viril plus mûr, infpire un air plus fage,
Se pouffe auprès des Grands, s'intrigue, fe ménage ;
Contre les coups du fort fonge à se maintenir;
Et loin dans le préfent regarde l'avenir.

La vieilleffe chagrine inceffamment amasse,
Garde, non pas pour foi, les tréfors qu'elle entaffe,
Marche en tous fes deffeins d'un pas lent & glacé:
Toujours plaint le préfent, & vante le paffé;
Inhabile aux plaifirs, dont la jeunesse abuse,
Blâme en eux les douceurs, que l'âge lui refuse.

AGNEAU. Symbolé de la douceur. Voyez Douceur, Innocence, Virginité.

Jefus-Chrift eft fouvent représenté dans les tableaux d'Eglife, fous la figure d'un Agneau couché fur un Livre fcellé de fept Sceaux. Cette Image myftérieufe du Chrift, feule Victime de propitiation, eft tirée de l'Apocalypfe.

AGRICULTURE. On la repréfente ainfi que Cérès, couronnée d'épis, avec une charue à côté d'elle, & un arbriffeau qui commence à fleurir. Quelquefois tenant une Corne d'Abondance remplie de toutes fortes de fruits, & les mains appuyées fur une bêche.

Sur plufieurs Médailles, l'Agriculture eft défignée par une Femme qui montre un Lion & un Taureau couchés à fes pieds.

Le Taureau se prend ici pour le labourage, parceque cet animal y eft extrêmement propre ; & le Lion pour la terre, comme étant confacré à Cybéle ou la Déeffe Tellus.

Le Char de cette Déeffe eft ordinairement attelé de quatre Lions. Voyez Cybéle.

AIGLE (L') a toujours été regardé comme le

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roi des oiseaux, c'eft pour cette raison qu'il étoit particulierement confacré à Jupiter le Roi des Dieux, qui eft toujours représenté porté sur un Aigle, ou l'ayant à fes côtés. Voyez Jupiter. Voyez auffi Monarchie.

Sur les Médailles Romaines, cet oifeau eft le fymbole des légions & le tipe ordinaire de l'Empire. Lorfqu'il fe trouve avec ce mot Confecratio, il marque la Confécration des Empereurs, comme le Paon défigne celle des Princeffes. Cependant l'Aigle a fervi quelquefois à défigner l'Apothéofe des Princeffes. Voyez Apothéole.

Ôn donne à l'air un Aigle pour attribut, parceque c'eft de tous les oileaux celui qui s'éleve le plus haut. Voyez Air.

Un Aigle qui regarde fixement le Soleil eft un emblême de l'Aftrologie. Voyez Aftrologie. Cet oifeau peut être auffi confidéré comme un emblême du Génie, à caufe de la perfpicacité de fa vue & l'élévation de fon vol.

L'Evangélifte S. Jean a un Aigle pour fymbole. Voyez Evangéliftes.

L'Aigle a fervi de corps à plufieurs Devifes. Celle de Guillaume II. Roi d'Angleterre étoit un Aigle regardant le Soleil avec ce mot Profero. D'autres pour exprimer un grand courage ont pris pour corps de leur Devife un Aigle au milieu d'un Ciel orageux, & pour ame nil fulmina terrent. Des Aiglons qui fuivent leur pere volant vers le Ciel, & qui regardent le Soleil fixement comme lui, avec ces paroles, non inferiora fecutus, ou celles-ci, aufpiciis animifque patris, peuvent être données à des enfans qui marchent fur les traces de leur pere.

AIR. En Peinture & en Sculpture, cet Elément eft différemment fymbolifé; mais le plus fouvent c'eft Iris avec fon voile, ou Junon avec

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