Imágenes de páginas
PDF
EPUB

dedier à VOSTRE MAJESTE. Ils ne font pas des moins curieux, puis qu'ils contiennent l'Histoire de celuy de vos Predeceffeurs qui a été le plus extraordinaire dans fa conduite. On ne sçauroit difconvenir que Louis Onze n'eût de l'efprit, & mêmes qu'il n'en eût au delà de ce que l'on peut imaginer mais cet esprit étoit sujet à des égaremens que l'on auroit de la peine à croire, fi Philippe de Comines qui en avoit Souvent été le témoin ne les eût rapportez.

[ocr errors]

Louis Onzefut le plus grand & le plus adroit, non feulement des Rois, mais encore des hommes de fon temps, dans les petites affaires mais il pa

1

rut le moindre dans celles d'extreme
importance. Il ne commit durant

* La guerre

& les refus de l'heritiere de Bourgogne

pour fon fils, pour fon fiere.

re de Caftille

tout fon regne que trois fautes* con du Bien Public
fiderables contre la bonne politique
mais ces fautes furent telles, que fes
Succeffeurs ne les purent jamais re-
parer; & vos fujets, SIRE, en
fouffriroient encore les pernicieux
effets, s'ils n'avoient eu le bonheur
de vous avoir pour Maitre..

Louis Onze avoit en la perfonne de
François de Dreux Second du nom.
Duc de Bretagne, le Feudataire le
plus commode que la Monarchie
Françoise eût fçû defirer puifque
ce Duc étoit né avec des inclinations
toutes contraires à celles qui la
pouvoient troubler. Il barfoit tou-

[ocr errors]

tes fortes d'affaires : Il s'eftimoir trop heureux de poffeder une Province fituée à l'extremité du Royaume de France, & il ne luy étoit jamais venu la moindre pensée de s'agrandir. Ainfi Loüis Onze n'avoit qu'à le laiffer vivre à sa maniere, pour être affuré de n'avoir rien à craindre du côté de la Bretagne. Ce pendant il prit pour le tourmenter des peines inutiles à l'execution de fes autres deffeins, & d'ailleurs préjudiciables à fes Sujets. Il luy ôta les moiens de communiquer avec les deux plus puissans de fes Alliez; qui étoient le Roy d'Angleterre & le Duc de Bourgogne 1l fouleva contre luy les deux plus confidera

[ocr errors]

du Châtel &

Lefcun.

bles de fes vaffaux*: Il luy de- Tanneguy, fendit de prendre la qualité de Duc de Bretagne par la grace de Dieu: Il voulut pourvoir aux Evêche de cette Province: Il s'ingera d'impofer de nouvelles Tailles fur les Bretons: Il foûtint que les apellations de cette Province devoient reffortir au Parlement de Paris; & il n'oublia rien de ce qu'il iugeoit necessaire ou utile pour réunir la Bretagne à fa Couronne, quoique le temps n'en fût pas

encore venu.

La conduite de VOSTRE MAJESTE, SIRE, dès les premiers jours qu'elle fe chargea du poids des affaires, fut tout-à-fait contraire à celle de Louis Onze, &

il n'eft pas furprenant que le fuccès en ait été plus heureux. Charles Quatre Duc de Lorraine étoit le Feudataire le plus incommode que la France ait eu depuis que la feconde Maifon de Bourgogne eft ei teinte. Il avoit conclu avec le Roy Louis Treize les quatre Traitez de Vic, de Marfal, de la Villeneuve,& de Paris; & il les avoit violez, quoi -que les trois derniers portaffent en termes exprés que s'il luy arrivoit d'y contrevenir pour quelque caufe ou fous quelque pretexte que cefût, la Lorraine & le Barrois demeureroient unis à la France. VOSTRE MAJESTE, SIRE, Je trou voit en poffeffion de ces deux Pro

a

« AnteriorContinuar »