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mais de plus il effaya d'étouffer ces inclinations & ces vertus. Il fit élever le Dauphin dans la ville d'Amboife d'une maniere extraordinairement retirée; de peur que les Princes de fon Sang ne le foulevassent un jour contre luy, comme ils l'avoient autrefois foulevé luy-même contre le Roy Charles Sept fon Pere. Bien loin de luy permettre de voir la Reine Charlotte de Savoie fa Mere, it defendit qu'on la laifsât approcher de luy: Il ne le voulut point tenir à fa Cour: Il le relegua pour ainfi dire dans le Château de la ville d'Amboise; qui étoit des moins frequentées de fon Royaume: Il l'y abandonna à la conduite de quelques femmes, qui n'é

toient confiderables à Sa Majefte, que parce qu'elle les jugeoit incapa. bles de donner de la jaloufie; & ces femmes rendirent le Dauphin fi peu acceffible, que l'on douta long-temps s'il étoit en vie. Aucun homme ne le vit avant qu'il eût douze ans ; & on me luy apprit autre chofe finon, que pour regner il auroit befoin d'une profonde diffimulation.

* L'Empereur

Premier Aïeul

VOSTRE MAJESTE non Seulement n'a point imité Louis Onze en ce qui regardoit fon Fils unique: mais de plus elle a crû avec un de fes Ferdinand Trifayeux*, qu'elle ne pouvoit rien de Marie de faire de plus avantageux pour ses pour l'InftituSujets, que de prendre le foin de bien Fils aîné, qui élever le jeune Prince qui devoit être Maximilien

Medicis dans fon Memoire

tion de fon

fut depuis

Second,

leur Maitre aprez elle. Bien loin de negliger l'inftitution de Monfeigneur le Dauphin, elle y a travaille avec une application fi beureufe; que comme celle de Charles-Quint avoit fervi de modele pour former tous les jeunes Princes qui avoient vêcu depuis luy iufqu'à prefent, l'éducation de Monfeigneur le Dauphin fera l'exemple de l'inftitution de tous les Princes à venir.

a

Auffi le fuccez en a surpasse l'attente de tous les bons François ; & les Alemans ne jetteront plus de formidables armées dans vôtre Royaume, puisque le paffage du Rhin vient de leur ètre fermé par la prise de l'importante Place de Philifbourg,

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& par la conquête du bas Palatinat. Ce font là des veriteZ fi certaines, que perfonne ne les oferoit contefter. Mais de plus elles font fi furprenantes qu'elles redoubleront un jour l'admiration dont la pofterite ne pourra s'exempter d'être faifie, toutes les fois qu'elle aura la curiosité de comparer l'Hiftoire de VOSTRE MAJESTE avec celle de Louis Onze, que luy prefente aujourd'huy,

SIRE,

Vôtre tres-humble, tres-obéiffant, & tres-fidele fujet & ferviteur,. VARILLA S.

PRIVILEGE

L

DU ROY.

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ÓUIS Par la grace de Dieu Roy de France & de Navarre. A nos amez & feaux Confeillers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maître des Requestes ordinaires de noftre Hôtel, Grand Confeil, Baillifs, Senéchaux, Prevofts, leurs Lieutenans, & tous autres nos Jufticiers & Officiers qu'il appartiendra; Salut. Nôtre bien amé le fieur de Varillas Nous a fait remontrer qu'il a composé un Livre, intitulé L'HISTOIRE DE Louïs ONZE, lequel il defireroit faire imprimer & donner au public; ce que ne pouvant faire fans nôtre permission ny fans frais, &craignant que quelqu'autre vouluft l'imprimer à fon judice, i Nous a tres-humblement fait fupplier de luy vouloir accorder nos Lettres de Privilege fur ce neceffaires. A CES CAUSES, defirant favorablement traiter ledit fieur de Varillas, Nous luy avons permis & accordé, permettons & accordons par ces prefentes de faire imprimer ledit Livre par luy compofe, intitulé l'Hiftoire de Louïs Onze, iceluy faire vendre & debiter par tous les lieux de noftre Royaume, Pays, Terres & Seigneuries de noftre obeïffance, en telle marge & caractere, & autant de fois que bon luy femblera, durant le temps de dix années confecutives, à compter du jour qu'il fera achevé d'imprimer pour la premiere fois, pendant lequel temps Nous faifons tres-expreffes inhibitions & défenses à toutes perfonnes de quelque qualité ou condition qu'elles foient, Imprimeurs, Libraires, & autres, d'imprimer, faire impri

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