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mer, vendre & diftribuer ledit Livre, fous pretexte d'augmentation, correction, changement de titre, faufles marques, ou autrement, en quelque forte & maniere que ce foit, ny mefmes d'en faire des Extraits ou Abregez, & à tous Marchands étrangers d'en apporter ny diftribuer en ce Royaume d'autres impreffions, que de celles qui auront été faites du confentement dudit Expofant, à peine de trois mil livres d'amende payable par chacun des contrevenans, & applicable un tiers à Nous, un tiers à l'Hôpital general de nôtre bonne ville de Paris, & l'autre tiers à l'Expofant; de confifcation des Exemplaires (contrefaits, & de tous dépens, dommages & interefts. A condition qu'il fera mis deux Exemplaires dudit Livre dans nôtre Biblioteque publique, un en celle du Cabinet de nos Livres en nôtre Château du Louvre, & un autre en celle de nôtre tres-cher & feal le Sieur Boucherat, Chevalier Chancelier de France, avant que de l'expofer en vente; à la charge auffi que l'impreffion en fera faite dans noftre Royaume & non ailleurs, & que ledit Livre sera imprimé fur de beau & bon papier, & de belle impreffion, & ce fuivant ce qui eft porté par le Reglement fait pour la Librairie & Imprimerie és années mil fix cens foixante dix huit, & mil fix cens quatre-vingt fix enregistré en noftre Cour de Parlement de Paris, à peine de nullité des prefentes, lefquelles feront registrées dans le Registre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris. Si Vous mandons que du contenu en ces prefentes vous fasfiez joüir pleinement & paifiblement ledit Expofant ou ceux qui auront droit de luy, fans fouffrir qu'il leur foit fait ou donné aucun empêchement. Voulons auffi qu'en mettant au commencement ou à la fin dudit Livre une copie ou extrait des Prefentes, elles foient tenues pour bien & deuëment fignifiées, & que foy y foit ajoûtée, & aux copies collationnées par l'un de nos amez & feaux Confeillers & Secretaires comme à l'original: Commandons au premier noftre Huiffier ou Sergent fur ce requis, de faire

pour l'exécution des Prefentes tous Exploits, Saifies & autres Actes neceffaires, fans demander autre permiffion, nonobftant toutes oppofitions ou appellations quelconques, clameur de Haro, charte Normande, & autres Lettres à ce contraires: Car tel eft noftre plaifir. Donné à Versailles le deuxième jour de Decembre, l'an de grace mil fix cens quatre-vingt huit. Et de noftre regne le quarante-fixième. Signé, Par le Roy, GAMART. Et fcellé.

Registré fur le Livre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris, le 15. Decembre 1688. suivant l'Arreft de la Cour de Parlement du 8. Avril 1683. & celuy du Confeil Privé du Roy du 27. Février 1685. & l'Edit de fa Majesté donné à Versailles au mois d'Aouft 1686. Le prefent enregistrement fait à la charge que le debit dudit Livre fe fera par un Imprimeur on Libraire, fuivant l'Edit, Statuts & Reglemens.

Signé F. B. COIGNARD, Syndic:

Et ledit fieur D E VARILLAS a cedé & transporté fon droit du prefent Privilege à CLAUDE BARBIN, pour en joüir fuivant l'accord fait entre eux.

Achevé d'imprimer pour la premiere fois, le vingtiéme jour de Decembre 1688.

AVERTISSEMENT

AVERTISSEMENT.

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'AY fait le Portrait de LouisOnze au commencement du premier Livre de fon hiftoire, & non pas à la fin du dernier, ou im mediatement aprés la mort de ce Prince; & j'en ay ufé de même dans mes autres ouvrages à l'égard des principales perfonnes dont j'avois à traiter. Car j'ay toûjours été prévenu & je le fuis encore de Topinion, qu'il vaut beaucoup mieux peindre au naturel les hommes dans le moment qu'ils commencent à fe produire fur le grand Theatre du monde, que lorfqu'ils en fortent; puifqu'il eft d'extrême importance de les bien connoître dans la premiere de ces deux conjonctures, & qu'il ne l'eft plus dans la feconde. Ceux qui m'ont blâmé de cette fingularité ne prenoient peut-être pas garde que fi j'ay fuivi en cela une methode contraire à celle

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de la plupart des Hiftoriens vieux & nouveaux c'eft fans blâmer la leur ; & feulement pour jouir de la liberté commune à tous les Autheurs, qui confifte à s'écarter quelquefois des routes ordinaires, pourvû qu'ils ne s'éloignent ny de la raifon ny de la bienfeance.

Le portrait que je fais de Louis eft fi different de ceux des Roys de France qui l'ont précedé & qui l'ont fuivi, que je me fens obligé de prouver icy qu'il luy eft tout-à-fait reffemblant. J'ay dit qu'il avoit toutes les qualitez neceffaires aux plus grands Conquerans ; & que neanmoins ces qualitez luy dévinrent inutiles, par la crainte qu'il eut toute fa vie de hazarder fa Couronne par la premiere perte confiderable qu'il feroit à la guerre ; & j'ay re fervé de dire icy que cette crainte étoit fondée fur la puiffance de fes Ennemis, qui fe trou voit alors telle qu'il feroit comme impoffible de la croire, fi Philippe de Comines ne l'avoit vüe de fes propres yeux, & décrite avec une extrême exactitude.

Lorfque Louis partit du Brabant pour rétourner en France prendre poffeffion de la Couronne vacante par la mort du Roy Charles Sept fon Pere, le Duc de Bourgogne & le Comte de Charolois fon Fils unique leverént cent mille

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chevaux dans la feule vue de l'accompagner avec plus de magnificence; & ce prodigieux nombre de gens de guerre donna tant de jaloufie au nouveau Roy, qu'il pria le Duc & le Comte de le reduire à quatre mille: ce qu'il eut de la peine à obtenir d'eux, parce qu'ils avoient déja fait la dépense de les lever. Le Comte de Charolois mena encore cent mille chevaux devant Paris au plus fort de la guerre du Bien Public; & reduifit Louis à fuivre le Confeil que Sforce luy avoit donné, de defarmer ce redoutable ennemy en luy accordant tout ce qu'il demanderoit.

Il n'y a donc pas lieu de s'étonner si sa Majesté luy ayant donné la bataille de Montlehery, & ne l'ayant ny gagnée ny perdüe, réfufa une feconde fois de fe commettre avec la fortune, & se tira d'affaire en abandonnant les Places fcituées fur la riviere de Somme. Le Seigneur des - Cordes étoit celuy des Generaux d'Armée en qui Louis avoit plus de confiance cependant les ordres qu'il luy avoit donnez de ne pas combattre contre les Flamans étoient précis, & fa Majesté avoit une delicateffe extraordinaire à fe faire obéir en de femblables rencontres. Des - Cordes ne put fuivant quelques Rélations, ou ne voulut pas felon les autres, éviter la Bataille

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