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PRO REGE DEPRECATIO.

Cæleftem ut coronam ei tribuat Chriftus, cui terre

nam confecrat.

VI.

UNC juvat plenis dare thura acervis,

N

Quærit æternas, tibi militando,

CHRISTI, coronas.
Qui tuos gaudet reparare cultus,
Qui gregem tuto fugitivum ovili
Reddit, & vindex tua qui tuetur

Sacra, tuêre.
Bellicæ vix-dum memor ille laudis,
Cuncta qui subdit, tibi fervit uni;
Imperes unus , fatis imperabit ,

Te duce , Princeps.
Tuque, quam Francus quoties vocavit
Hanc libi senfit toties faventem :
Fac ut æternos, bona Virgo , per te

Regnet in annos.
Sit parum victo dare jura mundo,
Et sibi , cælo quibus itur arduis,
Nurc avos arder super astra vectos

Jungere factis.

A LA LOUANGE

D E L O U IS

LE GRAND,
Défenleur & Protecteur de la Religion

Cacholique.
A Monsieur PELLISSON.
Traduction par le Pere BOOHOURS Jesuite. S

V.

’Est à moi aussi, PELEISS O'N , & j'en luis aroue

par Héros incomparable, dont tu oses écrire l'Histoire , & à porter les louanges en la langue des Romains , aulli loin qu'ils ont porté leurs conquêtes.

Tu diras ses exploits guerriers ; avec quelle ardeur son armée a paflé les Aeuves qui arrêterent autrefois les CEfars; comment il n'a été arrêté que par lui-même dans ses victoires, aussi aimable dans la paix , qu'il'écoit redoutable dans la

guerre. Parle des Duels , dont il a reprimé la fureur des Loix, dont il a rétabli l'autorité : des beaux Arts, qu'il a re.

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, au

Dominique Bouhours, natif bras ; & des études du jeune de Paris , a'été l'un de plus ha- Marquis de Seignelay , fils de Biles maîtres de la Langue Frans Monsieur Colbert. Il fut ençoise dans le xvii. siecle. Il en- voyé Millionnaire à Dunkertra dans la Compagnie de Jesus que, & mourut à Paris

l'age de 16. ans, où il se dif- College de Clermont le 27. Mai tingua par sa grande capacité 1702. âgé de 75. ans. Nous pour l'étude. Il eut loin de l'é. avons plusieurs Ouvrages de ducation des deux jeunes Prin- lui,& un de ses meilleurs sont ces de Longueville', dont le les doutes de la Langue Frane Pere voulut mourir entre ses çoise.

"C'eft ici une Profe Poëtique, qu'il faut lire dans cet esprit.

vers.

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donnez à la France : des Edifices superbes , dont il a em. belli la Capitale de son Empire ; deformais celle de l'UniIl nous restera encore' allez de matiere

pour

le louer : ce n'est pas dans le seul champ de Mars, que se cueillent toutes les palmes des Héros : il

у guerres non sana glantes ; & les victoires de la Pieté sont d'autant plus glorieuses, que les ennemis dont elle triomphe , trouvent leur salur dans leur défaite.

Tu as vû l'Heresie, le flambeau à la main, la tête he. rislée de viperes, courir par toute la France, y porter lic feu de la guerre & le venin de l'Erreur.

Tu l'as vûe plus d'une fois en fureur armer le bras impie du Sujet contre son Souverain, & fouler aux pieds par une audace sacrilege les loix éternelles de Dieu & de l'Eglife.

Le Crime, la Rage, la Discorde nourrie du sang des citoyens , marchoient à la suite : monstres sortis du fondi des Enfers pour faire la guerre au Ciel.

Aujourd'hui qu'elle a perdu plus de têtes que l'Hydre n'en eur jamais , mutilée de tous ses membres, elle n'est plus qu'un tronc fans mouvement ; qu'elle oublie son courroux inutile : Resisferoit-elle à celui que

l'Univers ne regarde qu'avec une frayeur respectueule?

Non, GRAND ROI, le Ciel ne vous a pas donne au Monde, afin qu'elle pût tenir contre vous : plus fort que l'Hercule de la Fable, vous avez laus armes terrallé ce monstre, que l'épée & le canon de vos glorieux Ancêtres avoiene inutilement attaqué.

Elle voit à la confusion les temples renversez, elle voic détruire ses forts , où le Mensonge s'étoit retranché, od l'Erreur forgeoit nuit & jour des

armes pour

combattre la Verité.

Nous ne verrons plus élever temple contre temple, autel contre autel Tous vos peuples auront le bonheut de se voir réünis par vos soins sous un même culte &

* fous'une même Foi.

. Ce sont là , GRAND PRINCS, des triomphes, que ni le Soldat', ni la Fortune ne partagent avec vous. La Religion libre & victorieuse doit à vous seul les conquêtes & la liberté,

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Mais quel autre spectacle me frappe l'elprit, & charme tous mes fens ? Avec quelle grandeur & quelle maje, Até Louis se presente-t-il de nouveau à mes yeux.

Je ne le voi plus couvert de lang & de poussiere. Je ne le voi plus, brillant de l'éclat de ses armes, fondre l'épée à la main sur les ennemis , & les épouvanter par la fierté. de ses regards.

Les Loix severes, les Edits menaçans, les Gardes n'en-, vironnent point lon thrône : l'amour de son Peuple fait toute la garde.

La Religion & la Foi sont à les côtez: la Paix fuit, le rameau d'olive à la main ; & l'Abondance qui répand les. thresors sur ses pas.

Il n'a pas plûtôt levé l'étendard de Jesus-CHRIST, que les Peuples s'y viennent ranger en foule de tous les endroits du Royaume: ce n'est pas le bruit des trompettes ni des tambours qui les appelle à cette milice sacrée; c'est une voix secrette, plus douce, & toutefois plus puissante, puisque c'est la voix de Dieu inême:

Une multitude innombrable accourt de toutes parts à fa lumiere divine : ils entrerit à l'envi l'un de l'autre dans le port que vous leur ouvrez.

Là se rendent tout âge, tout sexe, toute condition : le Capitaine & le Soldat, le Noble & l'Artisan , le MagiItrat avec le Peuple, le Seigneur avec le Vaflal.

C'est vous, GRAND PRINCE, qui avec une bonté vragement royale', attirez les uns par vos carelles , les autres par vos bienfaits. C'est ainsi que Dieu prévient par ses don's ceux qu'il deftine à l'éternité de sa gloire.

On croiroit voir encore JESUS CHRIST Iur le rivage commander aux vents , la barque de Saint Pierre voguer par toute la France, & les filets se remplir, sans se rom, pre, d'un nombre infini de poissons.

Tel, 6 GRAND Ron, tel vous vit autrefois Clovis. en elprit, lorsqu'encore victorieux & tout couvert de fang, aux pieds de Saint Remy; au inilieu des sacrez mysteres, il commençoit à prendre le nom de Chrétien.

Tel vous vitavec étonnement CHARLEMAGNE : tel vous distingua avec joye parmi sa Pofterité, cet autre Louis qui regne maintenant au Ciel, ravi de voir vê

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fre nom,

& vos conquêtes sacrées en caractere de dião mant dans les fastes éternels.

Tout le Ciel attentif sur vous, applaudit à la naissance du nouveau Prince , qui lui promet une suite sans fin de Rois Chrêciens & pieux comme vous ; mais dont vous serez toûjours le modele. Venez maintenant, MENAGES, RAPINS: venez tousque

les Mules Latines ont enlevez aux Françoises , & qu'elles honorent de leurs faveurs d'une durée éternelle: prenez vos tronpettes, voilà des sujets dignes de vous: c'est assez pour inoi de vous avoir ouvert la carriere , & excité ceux que je ne puis suivre.

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PRI E R E A JESUS-CHRIST

POUR LE ROI.

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VI. R Epandons l'Encens à pleines mains , & que la fu

en monte jusques R'ANT, qui a fi fouvent vaincu & triomphé pour les interêts de la propre gloire, ne veut plus combattre ni vainere que pour les interêts de Jesus-CHRIST.

Confervez, SBIGNEUR, celui qui n'a plus d'autres pensées, , que d'établir vos droits & votre culte : qui rappelle de tous côtez vos brebis difpersées , & qui rétablit Ja gloire de vos arrels.

Il oublie le luccés de les armes victorieuses, il ne pense plus, lui qui a tout foûmis , qu'à se foamettre à vous : il regnera affez, SEIGNEUR, tant que vous regnerez.

Ec vous, VIERGE SAINTI, que les François ont toûjours éprouvée. fi bonne & Gi favorable en tous leurs Besoins, sans que jamais ils ayent été frustrez de leur attente , obtenez-nous une longue durée de son regne c'est nous obtenir toute forte de biens,

Vous

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