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DES
EMPEREURS,
ET DES AUTRES PRINCES QUI ONT REGNÉ

durant les six premiers siecles de l'Eglise, de leurs guerres
contre les Juifs, des Ecrivains profanes, & des personnes
les plus illustres de leur temps.
JUSTIFIÉE PAR LES CITATIONS

des Auteurs originaux.
AVEC DES NOTES POUR ECLAIRCIR

les principales difficultez de l'histoire.

TOME PREMIER,
QUI COMPREND DEPUIS AUGUSTE

jusqu'à Vitellius , e la ruine de Jerusalem.
Par M. LEN AIN DE TILLE MONT.

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A PARIS,
Chez CHARLES ROBUSTEL, rue S. Jacques,

au Palmier.

M. DCC. XX.
AVEC PRIVILEGE DE SA MAJEST E'.

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ELUI qui a composé l'ouvrage que l'on donne presentement au Public, se trouvoit libre de tout engagement particulier. Mais il ne s'elt pas cru dispense de l'obligation

generale d’employer fon temps d'une maniere digne d'un homme & d'un Chrétien. Il a crú le pouvoir faire en s'occupant à étudier l'histoire des Saints & de l'Eglise dans les sources & dans les originaux, pour y chercher la verité route pure , sans s'engager dans les diverses preventions que donnent souvent les nouveaux auteurs. C'est à quoy il a employé plusieurs années; & il auroit souhaité de n'interrompre jamais un travail si faint, si utile, & en mesme temps si agreable.

Neanmoins l’experience luy a enfin appris qu'il y a une telle liaison entre l'histoire sainte, & la profane, qu'il faut nécessairement s'instruire avec foin de la derniere pour pouvoir posseder l'autre, & pour en resoudre solidement les difficultez. Il est difficile aussi qu'on ne souhaité pas

de savoir qui estoient ces princes , ces magistrats, & cès grands du siecle , qu'on voit fi souvent meslez dañs les affaires de l'Eglise , foie pour la sanctifier

par leurs persecu. tions, soit pour la soutenir par leur puissance, & luy donner cet éclat exterieur qui luy a fervi à renfermer dans son sein les foibles avec les forts, les imparfaits avec les parfaits. Voilà ce qui a obligé l'auteur à joindre l'une & l'autre histoire ensemble, & à étudier la profane pour mieux savoir celle de l'Eglise. Il n'a travaillé d'abord que pour fun instruction particuliere. Mais quelques personnes d'erudition & de pieté ont cru que ce qu'il avoit fait pour luy seul, pourroit estre de quelque usage au public. Ils ont jugé mesme qu'il devoit commencer par l'histoire profane, puisqu'elle se trouvoit la premiere en état de paroistre, & qu'elle est faite pour servir d'éclaircissement à celle de l'Eglise, qui pourra succeder à celle-ci, si l'on trouve qu'il soit à propos de la donner.

Outre le raport que ces deux histoires ont l'une à l'autre, la profane en la considerant mesme toute seule, ne laisse pas d'avoir son utilité: Et sans parler des autres avantages qu'on en peut tirer, & des diverses reflexions que les personnes sages & éclairées par leur pieté pourront faire fur: certe multitude d'evenemens, tous reglez dans leur dereglement par la sagesse de la providence; tout le monde trouvera des fujets de s'humilier & dans les plus méchans princes, & dans les meilleurs. Car nous voyons dans Caius, dans Neron, dans Commode, & dans leurs semblables, ce que nous serions tous si Dieu n'arrestoit le penchant que la: cupidité nous donne à toutes sortes de crimes: Et bien des Chrétiens auront sujet de rougir, de ce qu'aprés tant de graces que Dieu leur a faites, & qu'il a refusées aux payens, ils se trouvent beaucoup audessous de la vertu morale de Tite Antonin, de Marc Aurele, & d'Alexandre Severe.

La premiere vue de l'auteur dans ses études, a esté comme: on a dit, de s'instruire luy mesme. Il y, en a joint ensuite une seconde, qui a esté de pouvoir aider ceux à qui Dieu auroit donné la grace & la volonté de travailler à une veritable histoire de l'Eglise , ou aux Vies des Saints. Il a voulu: les decharger de la peine de rechercher la verité des faits, & d'examiner les difficultez de la chronologie. Ces deux choses font le fondement de l'histoire. Il arrive souvent neanmoins que les genies les plus beaux & les plus elevez, font: les moins capables de se rabaisser jusque là. Ils ont trop de

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peine d'arrester le feu qui les anime, pour s'amuser à ces discussions ennuyeuses, plus propres à des esprits medio.

cres.

Dans ces deux vues qu'a eues l'auteur, il a cru ne devoir fonger qu'à chercher la verité des faits & des temps , avec toute la fidelité, l'exactitude, & l'application dont il a esté capable, & à les exprimer de la maniere la plus simple & la plus nette. Il l'a recherchée dans les auteurs originaux. Il la exposée ensuite en abregeant ces auteurs dans les endroits où un fait n'est raporté que par un seul. C'est ce qu'il marque quelquefois dans le texte , quelquefois à la marge par un &c. Et il prend de chaque auteur ce qu'il a de particulier, quand ce fait est raporté par plusieurs.

Il s'est souvent attaché à leurs expressions, surtout quand elles ont eu quelque chose de grand, de singulier, ou qui nous marquoit quelque usage ancien. Mais il est bon d'a vertir que la necessité de faire un discours suivi & une efpece d'histoire, ne luy a point permis de s'attacher toujours à cette regle, comme il l'auroit souhaité. If a cru qu'il luy fuffisoit de prendre le sens des auteurs, & quelquefois de mettre les conclusions certaines qui suivent de leurs paroles:comme quand par exemple Dion dit qu'une chose s'est faite de son temps ; au lieu de s'exprimer ainsi, & d'ajouter pour la satisfaction des lecteurs, que Dion écrivoit vers l'an 230,il a mis pour abreger,que cela s'estoit fait vers l'an 230. Ainsi on ne trouvera pas toujours precisément dans les au. teurs les termes dont il se sert: mais il a tasché qu'on y en trouvast toujours le sens, ou au moins la preuve.

Ils sont assez rarement nommez dans le texte, à moins que cene soit pour appuyer davantage la verité de la chose, ouau contraire pour marquerqu’on raporte cequi setrouve dans les anciens, fans en vouloir répondre ce que la qualité des auteurs ou la suite du discours fera aisément discerner,

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