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CHAP, II.

au

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tion est sans exemple. Il est seul l'agneau

de Dieu. Nous autres, lieu d'être des victimes de sa colere, nous le sommes devenus de fa miséricorde.

s. Ces sentimens , qui diftinguent les souffrances des justes, & de ceux qui s'appliquent à le devenir, des souffrances des impénitens & des infidéles, ne diminuent pas leur zéle pour atteindre, autant qu'ils le peuvent, à la perfection du inodéle qui leur est proposé, & pour contribuer par diverses imitations particulieres à le reprefenter dans son tout. Ils sçavent que depuis le jufte Abel jusa qu'au dernier élu qui terminera le fiécle & le tems, les fouffrances des saints sont destinées à exprimer le sacrifice entier de JESUS-CHRIST. Ils offrent chacun leurs travaux & leur patience , pour concourir à cette expression pleine & parfaite. Ils sont jaloux de la gloire qu'ils ont d'y contribuer : & comme chaque sacrifice ancien avoit fon caractere particulier , & fon rapport à quelques cicconstances particulieres de celui de JESUS-CHRIST, ils tâchent d'êgo

tre fidéles & diligens pour conserver Chap. n. le caractere de celui qu'ils doivent offrir , ou par l'humiliation , ou par le dépouillement, ou par la douleur ou par le silence : s'estimant heureux à proportion de ce que Dieu en accepte en secret la bonne odeur , & que l'attention des hommes à les. louer , ou à les plaindre, n'en altere pas la pureté.

CHAPITRE III, JESUS-CHRIST crucifié elt

notre confolation dans les souffrances, & une pressante exhortation à nous soumettre avec patience à celles que l'attachement à nos devoirs nous attire, ou que la divine Providence nous envoye.

S. I. '

Jesus-Christ en fouffrant pour

nous, a voulu nous montrer avec quelle bonté il s'interese

à ce que nous endurons pour lui, i á combien l'expérience qu'il a

faite de nos douleurs le rend tendre & compatisant.

'EST une suite nécessaire de *Cle

ce que JESUS-CHRIST crucia fié est notre exemple & notre modéle, qu'il soit aussi notre consolation dans les souffrances, & une pressante ex

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hortation à nous soumettre avec pa- Char. 112
tience à celles que l'attachement à
nos devoirs nous attire , ou que la
divine Providence nous envoye. Car
en le voyant cloué sur le bois , &
raflafié d'opprobres , non pour son in- .
terêt , mais pour le nôtre , qui ole-
roit se plaindre d'avoir quelque part
à son calice , & qui ne sent pas di-
minuer ses propres peines en consi-
derant celles qu'il souffre , & avec
quelle charité il les fouffre , sur-tout
quand on sçait avec quelle bonté il
s'interesse à ce que nous endurons
pour lui demeurer fidéles , & com-
bien l'expérience qu'il a faire de nos
douleurs le rend tendre & compatif-
fant.

« Nous n'avons pas , dit saint Hebr. 45
Paul, un Pontife qui ne soit pas
capable de comparir à nos infirmi-
tés & à nos foiblesses : Qui non
poßit compati infirmitatibus nostris. Car
il a été tenté comme nous par toutes
fortes d'épreuves à l'exclusion du pé-
ché : tentatum per omnia , pro fimilitu. .
dine absque peccato. Il a voulu nous
devenir semblable en tout ,

excepté dans ce qui étoit incompatible avec

:

2.

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CHAP. III. fa fainteté. Il a voulu tour éprouver,

& sçavoir par lui.- même tout ce qui exerceroit notre patience, afin d'en être instruit immédiatement, & avant que nos larmes & nos gémissemens le lui apprissent , afin que nous ne puf-fions douter qu'il n'eîc une pleine connoissance de nos maux , & que nous prillions une entiere confiance en la bonté , qui l'avoit porté à deseendre plus bas même que notre mifere, pour nous persuader qu'il y étoic fenfible , & qu'il en étoit attendri.

3. Comme fils de l'homme , il devoit être exemt de douleur , puisqu'elle n'est dûë qu'au péché : mais

comine Fils de Dieu , il en devoit être Fib. s. 8. encore infiniment plus éloigné. Εε

néanmoins, tout Fils de Dieu qu'il » étoit, il a voulu fouffrir

ар. . prendre à obéir par ses souffrances. Et quidem; cum effet Filius Dei, didicit ex eis que passus est obedientiam. Paroles étonnantes, & qui méritent bien d'être approfondies. C'étoit au Fils de Dieu à cominander : il s'est abo baisfé jusqu'à obéir. Il pouvoit n'obéir à fon Pere que dans des choses dignes de son état, ou glorieuses, ou

faciles

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