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Faciles : il a voulu lui obéir jusqu'à la CHA? If. mort de la cro x. Et pourquoi l'a-t-il voulu ? Son inorif est encore plus admirable que son obéissance. C'a été afin d'apprendre par lui - même ce qu'il en couroit aux sens & à la nature pour obir ; pour se mettre à la place de ses serviteurs , à qui une semblable obéiffante seroit prescrite; pour juger du prix de leur soumisHon; pour examiner jusqu'où pene. trent les pointes d'une douleur, quand elle est vive & continuelle ; pour sçavoir jufqu’où des hommes foibles peuvent être tentés, & combien le Lecours dont ils ont besoin doit être promt, & fuperieur aux sentimens naturels ; enfin pour leur commander avec bonté

, pour mesurer la tentation sur les forces qu'il leur prépare, &

pour

les en faire sortir avec {accès & avec avantage. Et quidem cùm effet Filius Dei, didicit ex iis, que parus est ,

obedientiam.

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CHAP. III.

8. 11.

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La confolation dans les fouffran

ces est plus grande de penser
que celui qui a fouffert pour
nous

eft Dieu. En quel sens
on peut dire que Dieu a souf-
fert.

1. S'il avoit été possible que
JESUS-CHRIST fût le Sauveur des
hommes sans être Dieu, la consola-
tion de ceux qui souffrent seroit beau-
coup moindre , & elle feroit sur eux
beaucoup moins d'impression, parce
que l'extrême distance de Dieu jul-
qu'à eux , & l'immuable félicité dont
il jouit , affoibliroient extrêmement
Pidée de la compassion par rapport à
eux. Ils le regarderoient avec raison
comme l'unique ou la principale
cause du vif sentiment qui les pé-
netreroit. Car il n'y a que fa main
qui puisle enfoncer la pointe de la
douleur dans l'intime de l'ame : lui
seul peur la tourmenter , & la rendre
malheureuse ; & lui seul
milier, & la briser sous ses coups

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peut l'hu

?

redoublés, sans qu'elle puisse s'y Chap. III. soustraire, & fans qu'aucune autre puissance soit capable de l'en delivrer, ; Comment donc certe ame brisée par des coups si pelans, oferoit-elle penser

que la terrible main qui les décharge fur elle, est pleine de compaljon , & qu'elle en sent en quelque maniere tout le poids ; si la douleur lui étoit absolument étrangere, & fi fon propre

Fils ne l'avoit pas éprou. vée ?

2. Il est vrai que ce Fils dans sa nature divine est impaflıble comme Lon Pere. Mais fon humanité Sainte lui étant personnellement unię , & cette humanité sainte érant plongée dans la douleur ; on ne peut plus dire que la douleur lui soit étrangere, puisque c'est le Fils znême qui la souffre dans une nature qui est à lui, qui hui appartient , & qui ne peut être feparée de lui. C'est pour cela que faint Paul dans l'exhortation qu'il fit aux anciens, c'est-à dire, aux chefs de l'Eglise d'Ephese, ne craignit poinç de leur dire que Dieu avoir acquis par son propre Cang l'Eglise dont le saint Esprit leur avoit confié l'inten

ز

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CHAP. III. dance & le foin : Attendite vobis , done

universo gregi , in quo vos Spiritus Sane! A&t. 20, 18*

Etus pofuit Epifcopos, regere Ecclefiam
Dei , quam acquisivit sanguine suo. Ex-
pression forte, mais très-exacte , qui
prouve que le sang qui a été la re.
demption de l'Eglise, est le sang de
Dieu même, & que c'est Dieu qui
l'a versé pour l'acquerir , & pour le
l'attacher étroiteinent. Ainsi le Fils
de Dieu a éprouvé la douleur dans
une chair & dans une ame qui lui
sont unics personnellement : & le
Pere, qui est inséparable de son fils,
ne peut être indifférent à des dou-
leurs dont fon Fils a fenti la vive
impression , & au milieu desquelles
il å expiré.
3:

Combien ces vérités font-elles
propres à consoler ceux qui sont dans
les souffrances, & à les remplir de
confiance en celui qui connoît leur
état par la propre experience, &
qui s'en est approché de li près, même
selon la divinité, quoiqu'elle soit
toujours demeurée impallible. Pep-
» sez, leur dit l'Apôtre, mais pensez.
w y avec reflexion, à celui qui a
» souffert une li grande contradiction

Y

Heb. 12. 30

de la

part des pecheurs : » Recogitate CHAD. III. eum , qui talem fuftinuit à peccatoribus adversum semetipfum contradictionem. Car vous n'éprouvez qu'une légere partie de ce qu'il a souffert : & vous n'avez pas encore répandu votre fang , pour résister au péché & à l'injustice : Nondum enim usque ad fan- v. 4. guinem reftitiftis adversis peccatum repugnantes.

4. Avez-vous oublié, continue « v.5. faint Paul, cette exhortation & cette consolation qui s'adrelle are Vous comme étant les enfans de Dieu : Mon fils, ne recevez pas e avec indifférence & fans fruit le co châtiment dont le Seigneur vons corrige , & ne vous laissez pas ab- . battre lorsqu'il vous reprend : Cara V.6. le Seigneur châtie ceux qu'il aime , " & il frappe de verges tous ceux . qu'il reçoit au nombre de ses enfans.co Les paroles que cite saint Paul sont celles de la Sagesse, c'est-à-dire, du Verbe éternel, qui console en ces termes ceux qui sont dans l'affliction : Disciplinam Domini , ili mi, ne abji- Prov.g. 11. sias ; nec deficias cùm ab eo corriperis. Quem enim diligit Dominus corripit',

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