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remit entre ses mains une Lettre du Duc, où il trouva ces paroles.

. LETTRE.

C

Le Duc de l'Infantade à

Dom Alvare.

Tonsalve ne pouvant partir de

long-tems pour Naples, j'ai pris d'autres mesures pour satisfaire votre impatience heroique. Ainsi , mon

fils, vous trouverez à votre retour de za hara je vous envoye pour des raifons que Dom Felix vous dira, que je ne neglige rien pour vous marquer que je vous crois digne d'avoir pour Pere LE DUC DE l’INFANTADE.

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Après cette lecture, Dom Fefix apprit à Dom Alvare

que

les Rois craignoient quelque surprise des Maures malgré la Treve, & que le Duc de l'Infantade trou.

vant

vant le séjour de la Duchesse trop long dans une ville nouvellement conquise, il lui ordonnoit de partir dès le lendemain pour l'aller trouver & la ramener sans retardement, ne voulant

pas

confier à une lettre le sujet de la crainte, jugeant que si les Maures avoient quelque dessein, ils le commenceroient par Zahara. Ensuite il l'assura

que

le Duc avoit obtenu de leurs Majestés qu'il serviroit contre les Maures, & qu'il auroit à son retour un emploi considerable à l'Armée. Il ne faloit pas moins que cette agréable assurance pour reridre à Dom Alvare une partie de la joye; & voulant hâter son retour par la promptitude de son départ, les ordres furent si bien donnés, qu'il se trouva en état de partir au point du jour , après avoir renvoyé Felix au Duc avec cette Réponse.

C:

LETTRE,

Dom Alvare de Mendoce, au

Duc de l'Infantade.

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vous m'honorez, que j'espere vous prouver que je mets toute ma gloire à me rendre digne de porter le nom de Dom ALVARE DE MENDOCE.

En effet , il fit tant de diligence qu'il arriva le troisiéme

à Żahara. Il y apprit que la Duchesse n'y avoit resté que huit jours , & qu'elle en étoit partie avec plusieurs Dames pour se renç dre à une terre de l'Amirante de Castille.

jour

Dom Alvare se trouva fi fatis

que ces

gué, qu'il résolut de rester quelque tems en ce lieu , jugeant bien qu'Alphonse fon pere fçavoit déja que la Duchesse n'y étoit plus. Tout y paroissoit tranquille & fort éloigné de rien craindre des Maures ; mais ce calme ne fut pas de longue durée. Car soit Infideles eussent des intelligences dans la ville, ou que ce fût un coup de temerité, la nuit du jour que Dom Alvare y arriva, les Maures, profitans de l'indolence des Espagnols, enfoncerent les portes & y entrerent presque sans peine. Les Habitans étonnés ne laisserent pas de se défendre, mais malgré leur resistance ils furent tous passés au fil de l'épée ou faits prisonniers. Dom Alvare éveillé par les cris des vainqueurs & des mourans , se leva

se leva promptement & courut au quartier où le combat paroissoit le plus opiniâtre ; & ranimant le peuple par sa voix, il folltint l'effort des ennemis avec une valeur digne d'être éclairée du plus beau jour. Cependant ceux qui combattoient avec lui étant tous morts ou blessés, il resta feul à défendre sa vie & sa liberté.

Le Capitaine Hali d'Aoub Chef de cette entreprise qui combattoit dans ce quartier, voyant la plậpart de les

gens

étendus sur la terre, par la surprenante ya. leur d'un seul homme, le fit entourer pour le prendre plus aisément": mais Dom Alyare, vous lant rendre sa mort ou sa captivité aussi funefte aux ennemis, que glorieuse à sa memoire,combattit encore avec plus d'ardeur'; & quoique percé de

& son épée rompuë, il en rendit le tronçon redoutable aux plus hardis. Hali d’Aouboutré de sa résistançe, mais charmé de la valeur,

coups

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