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AN. 1563.

particuliéres par toute la ville, & par tout le diocèse, afin que

, le clergé & le peuple puissent obtenir

de Dieu un bon pasteur. Et à l'égard de ceux qui ont du fiége apostolique quelque droit, de quelque maniére que ce soit, à la promotion de ceux qui doivent être établis auxdites églises, ou qui autrement y ont part, sans rien innover en cela, vu l'état présent des choses ; le faint concile les exhorte & les avertit tous, en général & en particulier, de se souvenir sur toutes choses, qu'ils ne peuvent rien faire de plus utile pour la gloire de Dieu & le salut des peuples, que de s'appliquer à faire promouvoir de bons pasteurs , capables de bien gouverner l'église ; & qu'ils péchent mortellement , & fe rendent complices des péchés d'autrui, s'ils n'ont un soin très - particulier de faire pourvoir ceux qu'ils jugeront eux-mêmes les plus dignes & les plus utiles à l'église : n'ayant purement égard en cela qu'au seul mérite des personnes , sans se laisser aller aux priéres , aux inclinations humaines , ni à toutes les follicitations & brigues des précendans; & observant aussi qu'ils foient nés de légitimes mariages, de bonne vie, d'âge compétent, & qu'ils aient la science & toutes les autres qualités qui font requises suivant les saints canons , & les décrets du présent

&
concile.
Et d'autant

que

la diversité des nations, des peuples & des coutumes, ne permet pas qu'on puisse établir partout une même maniére de procéder dans toutes les informations qui se doivent faire de toutes lesdites qualités , & qui doivent toujours être prises sur le témoignage authentique & irreprochable de gens de bien & de personnes capables : le faint concile ordonne que, dans un concile provincial qui sera tenu par chaque métropolitain, il sera prescrit une formule d'examen, d'enquête, ou d'information propre & particuliére à chaque pays ou province, selon qu'on la jugera plus utile & plus convenable auxdits lieux , laquelle doit être approuvée par le très-saint pere.

Et lorsque dans la suite une telle enquête , ou information de quelque prélat nommé, aura été aing faite & achevée, elle sera rédigée en un acte public avec toutes les attestations & la profeflion de foi de la personne qui devra être promue pour le tout être envoyé au plutôt au très - faint pere, afin qu'en qualité de souverain pontife, ayant pris pleine & entiére connoissance de toute l'affaire & des personnes, il en puisse pourvoir les églises avec plus de fruit & d'utilité pour

وا

le

troupeau de Notre-Seigneur , li, par l'examen &.l'enquête An. 1563. qui en aura été faite , ils en ont été trouvés capables.

Or toutes ces preuves , attestations, enquêtes, informations faites par qui que ce soit, même à la cour de Rome touchant les qualités de ceux qui devront être promus, & touchant l'état de l'église , seront soigneusement examinées par un cardinal, qui sera chargé d'en faire le rapport au conlistoire, & par trois autres cardinaux avec lui. Ledit rapport

. sera signé dudit cardinal rapporteur & des trois autres ; & chacun desdits quatre cardinaux en particulier y certifiera

y qu'après y avoir apporté un soin exact, il a trouvé ceux qui

y sont présentés , pourvus des qualités requises par le droit & par le présent concile de Trente , & qu'assurément au péril de son salut éternel , il les croit propres & capables d'être établis à la conduite des églises. Ce rapport ainsi fait dans un consistoire , le jugement en sera toutefois encore remis à un autre consistoire , afin que pendant ce tems-là on puisse plus mûrement connoître de l'enquêre même, si ce n'est que le saint pere trouve à propos d'en user autrement. Déclare au surplus le saint concile , que toutes ces choses & autres généralement quelconques, qu'il a ordonnées ici ou ailleurs, touchant la bonne vie, l'age, la doctrine , & toutes les autres qualités de ceux qui doivent être élevés à l'épiscopat , font aussi également requises dans la création des cardinaux de la sainte église Romaine encore qu'ils ne soient

que

diacres; lesquels seront pris & choisis par

le très-saint pere, de toutes les nations de la chrétienté, autant que cela se pourra faire commodément & suivant qu'il les trouvera capables. Le même saint concile , enfin touché des malheurs de l'église fi grands & en fi grand nombre, ne peut s'empêcher de marquer en ce lieu , que la chose la plus nécessaire dans l'église de Dieu , est que le très - saint pere , qui par le devoir de la charge doit veiller sur l'église univerlelle, applique particuliérement ses soins à n'admettre au sacré collége des cardinaux, que des personnes dignes de son choix , & à ne commettre à la conduite des églises que des pasteurs capables, & sur-tout des gens de bien ; & cela d'autant plus, que Notre-Seigneur

i Jesus-Christ lui doit demander compre du sang de ses brebis, qui seront péries par le mauvais gouvernement des pasteurs lâches & négligens.

Chapitre II. Des L'usage de tenir des conciles provinciaux , si en quelque conciles provia

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XVI.

AN, 1563.

endroit il se trouvoit interrompu, sera rétabli ; & l'on s'y ciaux & des synoappliquera à régler les meurs, corriger les abus, accomdes des diocèses. moder les différends , & à toutes les autres choses permises

par les saints canons. C'est pourquoi les métropolitains euxmêmes, ou en leur place , s'ils ont quelque empêchement légitime, le plus ancien évêque de la province ne manquera pas d'assembler un fynode provincial, au moins dans l'année depuis la clôture du concile , & puis dans la suite tous les trois ans au moins, soit après l’octave de la résurrection de Notre-Seigneur Jesus - Christ, ou en quelqu'autre tems plus commode suivant l'usage de la province. Et là seront absolument tenus de se trouver tous les évêques , & tous les autres qui de droit ou par coutume y doivent ailister , excepté ceux qui auroient quelque trait de mer à passer avec un péril évident. Mais hors l'occasion du lynode provincial, les évêques comprovinciaux ne pourront être obligés à l'avenir, sous prétexte de quelque coutume que ce puille être , d'aller contre leur gré à l'église métropolitaine.

A l'égard des évêques qui ne sont soumis à aucun archevêque , ils feront choix une fois de quelque inétropolitain de leur voisinage, au fynode provincial duquel ils seront ensuite obligés de se trouver avec les autres, & d'observer & faire observer les choses qui y auront été réglées ; leur exemption & leurs priviléges demeurant, à l'égard de tout le reste,

à en leur entier.

Les fynodes de chaque diocèse se tiendront aussi tous les ans, & seront obligés de s'y rendre même tous les exempts, qui sans leurs exemptions y devroient aslifter, & qui ne sont pas soumis à des chapitres généraux : bien entendu toutefois que c'est à raison des églises paroissiales, ou autres séculiéres, même annexes, que tous ceux qui en ont le soin , quels qu'ils soient , sont obligés de se trouver au fynode. Que si les métropolitains ou les évêques , ou aucuns de ceux dont on vient de parler , se rendent négligens en ce qui est ici prescrit , ils encourront les peines portées par les saints

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canons.

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Tous patriarches, primats, métropolitains & évêques, ne Chapitre 111; De manqueront pas tous les ans de faire eux-mêmes la visite , chala évê ques dans leurs cun de leur propre diocèse; ou de la faire faire par leur vicaire

général, ou par un autre visiteur particulier, s'ils ont quelque empêchement légitime de la faire en personne. Et si l'étendue

diocèses.

AN, 1563.

de leur diocèse ne leur permet pas de la faire tous les ans, ils en visiteront au moins chaque année la plus grande par-. tie; ensorte

que

la visite de tout leur diocèse foit entiérement faite dans l'espace de deux ans , ou par eux-mêmes, ou par leurs visiteurs. Les métropolitains, après avoir achevé la visite de leur propre diocèse, ne visiteront point les églises cathédrales, ni les diocèses des églises de leur province , si ce n'est pour cause dont le concile provincial ait pris connoiffance, & qu'il ait approuvée.

Les archidiacres, doyens, & autres inférieurs qui jusqu'ici ont accoutumé de faire légitimement la visite en certaines églises, pourront à l'avenir continuer de la faire, mais par euxmêmes seulement , du consentement de l'évêque, & assistés d'un secrétaire. Les visiteurs pareillement qui seront députés par un chapitre qui aura droit de visite , seront auparavant approuvés par l'évêque : mais pour cela l'évêque ne pourra être empêché de faire séparément de fon côté la visite des mêmes églises, ou de la faire faire par fon visiteur , s'il est occupé ailleurs : au contraire lesdits archidiacres & autres inférieurs seront tenus de lui rendre compte, dans le mois, de la visite qu'ils auront faite, & de lui représenter les difpofitions des témoins & de tous les actes en original, nonobstane toutes coutumes, même de tems immémorial, exemptions & priviléges quelconques.

Or la fin principale de toutes les visites sera d'établir une doctrine sainte & orthodoxe , en bannissant toutes les héréfies, de maintenir les bonnes meurs, de corriger les mauvaises , d'animer les peuples au fervice de Dieu, à la paix , & à l'innocence de la vie, par des remontrances & des exhortations pressantes; & d'ordonner toutes les autres choses que la prudence de ceux qui feront la visite , jugera utiles & nécessaires

l'avancement des fidèles, selon que le tems, le lieu & l'occasion le pourront permettre. Mais afin que toutes chofes aient un succès plus facile & plus heureux, toutes les personnes dont nous venons de parler , à qui il appartient de faire la visite , sont averties en général & en particulier, de faire paroître pour tout le monde une charité pa ternelle & un zèle vraiment chrétien ; & que se contentant d'un train & d'une suite médiocre, ils tâchent de terminer la visite le plus promprement qu'il sera posible, y apportant néanmoins tout le soin & toute l'exactitude requise ;

pour

AN.1963. qu'ils prennent garde pendant la visite de n'être incommodes

ni à charge à personne par des dépenses inutiles ; & qu'eux,
ni aucuns de leur suite , sous prétexte de vacations pour la vi-
site , ou de testamens dans lesquels il y a des sommes laissées
pour des usages pieux, à la réserve de ce qui est dû de droit
sur les legs pieux, ou sous quelqu'autre titre que ce soit , ne
prennent rien, soit argent, soit présent, quel qu'il puisse être,
& de quelque maniére qu'il soit offert , nonobstant toute
coutume même de tems immémorial, excepté seulement la
nourriture, qui leur sera fournie à eux & aux leurs honnête-
merit & frugalement, autant qu'ils en auront besoin pour le
tems de leur séjour, & non au-delà. Il sera pourtant à la li-
berté de ceux qui seront visités, de payer en argent , s'ils
l'aiment mieux , suivant la taxe ancienne, ce qu'ils avoient
coutume de payer ou de fournir pour ladite nourriture. Sauf
néanmoins en tout ceci le droit acquis par les anciennes con-
ventions passées avec les monastéres & autres lieux de dévo-
tion, ou églises qui ne sont point paroissiales, auquel droit
on ne touchera point : & quant aux lieux ou provinces où
la coutume est que les visiteurs ne prennent ni la nourri-
ture , ni argent, ni aucune autre chose, mais fassent tout
gratuitement, le même usage y sera toujours observé. Que
li quelqu'un , ce qu'à Dieu ne plaise, prenoit quelque chose
de plus que ce qui est prescrit dans tous les susdits cas; outre
la restitution du double, qu'il sera tenu de faire dans le mois,
il sera encore soumis , fans espoir de rémission, à toutes les
autres peines portées par la constitution du concile général
de Lyon, qui commence Exigit , ensemble à toutes les au-
tres, qui seront ordonnées par le synode provincial suivant
qu'il le jugera à propos.

Ne présumeront en aucune maniére les patrons de s'ingé-
rer dans ce qui regarde l'administration des Sacremens, ni de
se mêler de la visite des ornemens de l'église , ni du revenu
des biens en fonds , ou des fabriques, li ce n'est qu'ils en
aient le droit par l'institution ou fondation : mais les évê-
ques connoîtront eux - mêmes de toutes ces choses , & au-
ront soin que les revenus des fabriques soient employés aux
usages nécessaires & utiles de l'église, suivant qu'ils le juge.
ront à propos.

Le saint concile souhaitant que l'exercice de la prédica, Chapitre Vis tion de la parole de Dieu , qui est la principale fonction des Du devoir des

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XVIII:

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