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II.

, .

An. 1563.

les lettres de créance des ambassadeurs de Florence & de Mal:
the, suivant l'ordre de leur arrivée.

Ensuite le prélat officiant luc à voix haute les canons &
Exposition de la le décret du mariage, précédés d'une petite préface ou in-
doctrine
le mariage.

troduction, qui contient une exposition de la doctrine sur ce Labb.collet.conc

. facrement , & qui est conçue en ces termes : Le premier pere at fuprà. Genel. 11. 23.

du genre humain , par l'inspiration du Saint-Espris, a déclaré le Ephef. v. 31. lien du mariage perpétuel & indissoluble , quand il a dit : M. letom. VI:17: C'est-maintenant l’os de mes os , & la chair de ma chair. C'est pourquoi l'homme laissera son pere & sa mere pour

s'attacher à sa femme, & ils ne seront tous deux qu'une même chair. Marc. x. 9

Mais Notre-Seigneur Jesus-Christ nous a enseigné plus ouver-
tement, que ce lien, ne devoit unir & joindre ensemble que
deux personnes, lorsque rapportant ces derniéres paroles com-
me prononcées de Dieu même, il a dit : Donc ils ne sont
plus deux, mais une seule chair. Er aussi-tôt après il confirme
la fermeté de ce lien, déclarée pour Adam si long-tems aupara-
vant en disant : Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu

joint. C'est aussi le même Jesus-Christ, l'auteur & le con-
sommateur de tous les augustes facremens, qui par sa passion
nous a mérité la grace nécessaire pour perfectionner cet
amour naturel, pour affermir cette union indissoluble & pour

sanctifier les conjoints. Et c'est aussi ce que l'apôtre saint Paul Ephef. V. 2832: a voulu donner à entendre ,

entendre , quand il a dit : Maris , aimez vos femmes, comme Jesus-Christ a aimé l'église, & s'est livré pour elle à ia mort. Ajoutant encore peu après : Ce sacremert eft grand, je dis en Jesus-Christ & en l'église. Le mariage dans la loi évangélique étant donc beaucoup plus excellent que les mariages anciens, à cause de la grace qu'il confére par Jesus-Christ ; c'est avec raison que nos saints peres, les con. ciles , & la tradition universelle de l'église nous ont de tout tems enseigné à le mettre au nombre des sacremens de la loi nouvelle. Cependant l'impiété de ce siécle a poussé des gens à un tel emportement contre une li puissante autorité, que non seulement ils ont eu de très-mauvais sentimens au sujet de cet auguste sacrement ; mais sous prétexte de l'évangile , ouvrant la porte, selon leur coutume, à une licence toute charnelle , ils ont soutenu de parole & par écrit , au grand détriment des fidèles, plusieurs choses fort éloignées du sens de l'église catholique , & de l'usage approuvé depuis le tems des apôtres. C'est pourquoi le faint concile universel

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.

III.
Douze canons

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CANON 1.

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delirant d'arrêter leur témérité, & d'empêcher que plusieurs

AN, 1563. autres ne soient encore attirés par une li dangereuse contagion, a jugé à propos de foudroyer les hérélies & les erreurs les plus remarquables de ces schismatiques, prononçant les anathêmes suivans contre les hérétiques mêmes & contre leurs erreurs.

Si quelqu'un dit que le mariage n'est pas véritablement & proprement un des sept sacremens de la loi évangélique, institué par Notre-Seigneur Jesus-Christ; mais qu'il a été in- sur le mariage. venté

par les hommes dans l'église , & qu'il ne confére point la grace : qu'il soit anathême. Si quelqu'un dit qu'il est per- Canon. 11.

CANON mis aux Chrétiens d'avoir plusieurs femmes , & que cela n'est

, défendu par aucune loi divine ; qu'il soit anathême. Si quel- CANON. 111. qu’un dit, qu'il n'y a que les seuls dégrés de parenté & d'al- Levis, vii. liance qui font marqués dans le Lévitique , qui puissent empêcher de contracter mariage , ou qui puissent le casser quand il est contracté ; & que l'église ne peut pas donner dispense en quelques-uns de ces dégrés , ou établir un plus grand nombre de dégrés qui empêchent , & annullent ou cassent le mariage : qu'il soit anathême. Si quelqu'un dit que l'église n’a pu CANON IV. établir certains empêchemens qui caffent le mariage,

ou qu'elle a erré en les érablissant ; qu'il soit anathême. Si quelqu'un Canon v. dit

que le lien du mariage peut être rompu pour cause d'hé. résie , de cohabitation fâcheuse, ou d'absence affectée de l'une des parties ; qu'il soit anathême. Si quelqu'un dit que

le mariage fait & non confommé, n'est pas annullé par la profession solemnelle de religion, faite par l'une des parties; qu'il fcit anathême. Si quelqu'un dit que l'église est dans l'erreur, quand elle enseigne, comme elle a toujours enseigné, suivant la doctrine de l'évangile & des apôtres, que le lien du mariage ne peut être dissous pour le péché d'adultére d'une des deux parties; & que ni l'un ni l'autre , non pas même la par: tie innocente , qui n'a point donné sujet à l'adultére , ne peut contracter d'autre mariage , pendant que l'autre partie eft vivante : mais que le mari, qui, ayant quitté sa femme adultére, en épouse une autre , commet lui-mêine un adultére; ainsi que la femme, qui, ayant quitté son mari adultére, en

, épouseroit un autre ; qu'il soit anathême. Si quelqu'un dit que CANON V11. l'église est dans l'erreur , quand elle déclare que pour plusieurs causes il se peut faire séparation, quant à la couche & & à la cohabitation entre le mari & la femme pour un tems

;

CANON VI.

CANON VIT,

ز

و

CANON X.

و

AN 3563

déterminé ou non déterminé ; qu'il soit anathême. Si quel. CANON 15. qu’un dit que les ecclésiastiques, qui sont dans les ordres fa.

crés, ou les réguliers qui ont fait profession solemnelle de chasteté, peuvent contracter mariage ; & que l'ayant contracté, il est bon & valide, nonobstant la loi ecclésiastique ou le væu qu'ils ont fait ; que de soutenir le contraire, ce n'est autre chose que de condamner le mariage ; & que tous

& ceux qui ne se sentent pas avoir le don de chasteté , encore qu'ils l'aient voué, peuvent contracter mariage : qu'il soit anathême, puisque Dieu ne refuse point le don à ceux qui le lui demandent comme il faut , & qu'il ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces. Si quelqu'un dit que l'état du mariage doit être préféré à l'état de la virginité ou du célibat , & que ce n'est pas quelque chose de meilleur

& de plus heureux de demeurer dans la virginité ou dans le CANON XI.

célibat , que de se marier ; qu'il soit anathême. Si quelqu'un
dit
que

la défense de la solemnité des nôces en certains tems de l'année est une superstition tyrannique , qui tient de celle des païens : ou li quelqu'un condamne les bénédictions

& les autres cérémonies que l'église y pratique ; qu'il soit anaCANON XII.

thême. Si quelqu'un dit que les causes qui concernent le mariage, n'appartiennent pas aux juges ecclésiastiques ; qu'il soit anathême.

Le même évêque officiant lut ensuite les deux décrets qui Décret touchant le mariage, en dix suivent, dont le premier concerne le mariage & contient dix ciapitres.

chapitres; le second , qui traite de la réformation, en com

prend vingt-un. V. Premier chapitre.

Quoiqu'il ne faille pas douter que les mariages clandestins . Des mariages

contractés du consentement libre & volontaire des parties, clandestins, & des ne soient valides & de véritables mariages , tant que l'église enfans de fainille.

ne les a pas rendus nuls : & qu'il faille par conséquent condamner, comme le saint concile condamne d'anathême, ceux qui nient que tels mariages soient vrais & valides; qui soutiennent faussement que les mariages contractés par les enfans de famille, sans le consentement de leurs

parens,

font nuls; & que les

peres & meres les peuvent rendre bons, ou les annuller : la sainte église néanmoins les a toujours eus en horreur & toujours défendus pour de très-justes raisons. Mais le faint concile, s'appercevant que toutes ces défenses ne servent plus de rien, maintenant que le monde est devenu îi rebelle & G désobéissant ; & considérant la suite des péchés énor,

IV.

AN. 1993:

mes qui naissent de ces mariages clandestins , & particuliérement l'état misérable de damnation où vivent ceux qui ayant quitté la premiére femme qu'ils avoient épousée clandestinement, en épousent publiquement une autre, & passent leur vie avec elle dans un adultére continuel : auquel mal l'église, qui ne juge point des choses secrettes & cachées, ne peut apporter de remède , si elle n'a recours à quelque moyen plus efficace pour ce sujet , suivant les termes du concile de Latran , tenu sous Innocent III. Ordonne ledit saint concile, qu'à l'avenir, avant que l'on contracte mariage , le propre cusé des parties contractantes annoncera trois fois publiquement dans l'église pendant la messe solemnelle par trois jours de fê

. tes consécutifs, les noms de ceux qui doivent contracter ensemble ; & qu'après les publications ainsi faites , s'il n'y a point d'opposition légitime, on procédera à la célébration du mariage en face de l'église ; & le curé , après avoir interrogé l'époux & l'épouse , & avoir reconnu leur consentement réciproque, ou prononcera ces paroles : Je vous joins ensemble du lien du mariage, au nom du Pere, & du Fils , & du Saint-Esprit ; ou se fervira d'autres termes , suivant l’usage reçu en chaque pays. Mais s'il arrivoit qu'il y eût apparence, ou quelque présomption probable , que le mariage pût être malicieusement empêché, s'il se faisoit tant de blications auparavant : alors ou il ne s'en fera qu'une seulement, ou même le mariage se sera sans aucune, en présence au moins du curé & de deux ou trois témoins; & puis ensuite, avant qu'il soit consommé, les publications se feront dans l'é. glise, afin que s'il y a quelques empêchemens cachés, ils se dé. couvrent plus aisément ; si ce n'est que l'ordinaire juge luimême plus à propos que lesdites publications soient omiles, ce que le saint concile laisse à son jugement & à sa prudence. Quant à ceux qui entreprendront de contracter mariage autrement qu'en présence du curé ou de quelqu'autre prêtre par la permission dudit curé ou de l'ordinaire, & avec deux ou trois témoins , le faint concile les rend abrolument inhabiles à contracter de la sorte , & ordonne que tels contrats soient nuls & invalides, comme par le présent décret il les casse & les rend nuls. Veut & ordonne aufli que le curé & autre prêtre qui aura été présent à tels contrats avec un moindre nombre de témoins qu'il n'est prescrit, & les témoins qui y auront aslisté sans le curé ou quelqu'autre prêtre, ensemble

pu

à

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AN, 1563.

les parties contractantes, foient sévérement punis à la discrés tion de l'ordinaire.

Le faint concile exhorte de plus l'époux & l'épouse , de ne point demeurer ensemble dans la même maison avant la bénédiction du prêtre , qui doit être reçue dans l'église. Ora donne que ladite bénédiction sera donnée par le propre cu. ré; & que nul autre que le curé ou l'ordinaire ne pourra accorder à aucun autre prêtre la permission de la donner, nonobstant couc privilége & toute coutume, même de tems immémorial, qu'on doit nommer un abus plutôt qu'un usage légitime. Que fi quelque curé ou autre prêtre, soit régulier ou séculier, étoit affez osé pour marier ou bénir des fiancés d'une autre paroiffe , fans la permission de leur curé, quand il allégueroit pour cela un privilége particulier, ou une posseffion de tems immémorial ; il demeurera de droit même suspens, jufqu'à ce qu'il soit absous par l'ordinaire du curé qui devoit être présent au mariage; ou duquel la bénédiction devoit être prise. Le curé aura un livre qu'il gardera chez lui bien soigneusement, dans lequel il écrira le jour & le lieu auxquels chaque mariage aura été fait, avec les noms des parties & des témoins.

Le saint concile exhorte en dernier lieu ceux qui se marieront, qu'auparavant que de contracter , ou du moins trois jours avant la consommation, ils se confeffent avec soin, & s'approchent avec dévotion du saint sacrement de l'eucharistie. Que si, outre les choses qui viennent d'être prescrites, il y y a encore en d'autres pays quelques autres cérémonies & louables coutumes à ce sujet, qui soient en usage , le faint concile souhaite tout-à-fait qu'on les garde & qu'on les observe entiérement. Et afin que les choses qui sont ici si salutairement ordonnées, ne soient cachées à personne, veut & enjoint à tous les ordinaires d'avoir soin que, le plutôt qu'il leur sera poffible , ce décret soit expliqué au peuple , & publié dans chaque église paroissiale de leurs diocèses; & que, dans le cours de la premiére année, on en répète souvent la lecture, & dans la suite aussi souvent qu'ils le jugeront à propos. Ordonne finalement que le présent décret commencera d'avoir force & effet en chaque paroisse, trente jours après que la premiére publication y aura été faite.

Ce décret a été accepté par les conciles provinciaux & inféré dans les rituels ; & enfin l'ordonnance de Blois a auto:

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