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VI.

rile ce qu'il y a de plus considérable. Les parlemens de France

AN, 1363. néanmoins cassent les mariages des enfans de famille faits sans le consentement des peres, comme invalides; quoique cela soit contraire aux termes formels de ce décret.

L'expérience fait voir que le grand nombre de défenses est cause que très souvent on contracte mariage sans le sça. Des degrés d'al

Chapitre voir , dans les cas qui sont défendus; d'où il s'ensuit, lors- liance spirituelle, qu'on vient à s'en appercevoir , ou que l'on comme un péché qui empêchent

qu'on ne puisse ccofidérable , en continuant de vivre dans ces forces de ma

contracter mariariages, ou qu'il en faut venir à la dissolution avec beaucoup ge. d'éclat & de scandale dans le public. C'est pourquoi le saint concile, voulant pourvoir à cet inconvéniene, & commençant par l'empêchement qui naît de l'alliance spirituelle; ordonne , suivant les statuts des saints canons , que ceux qui seront présentés au baptême, ne seront tenus que par une seule personne, soit parrain ou marraine, ou tout au plus par un parrain & une marraine ensemble, lesquels contracteront alliance spirituelle avec celui qui sera baptifė, & avec son pere & sa mere ; & de même celui qui aura conféré le baptême, contractera pareille alliance avec celui qui aura été baptisé, & avec son pere & fa mere seulement. Le curé, avant que de se disposer à faire le baptême, aura soin de s'informer de ceux que cela regardera , quel est celui , ou qui sont ceux qu'on a choisis pour te. nir sur les fonts de baptême celui qui lui est présenté, pour ne recevoir précisément qu'eux. Il écrira leurs noms dans son livre & les instruira de l'alliance qu'ils ont contractée, afin qu'ils ne se puissent excuser sous prétexte d'ignorance; que fi d'autres que ceux qui auront été marqués , mettent la main sur celui qui sera baptisé, pour cela ils ne contracteront aucune alliance fpisituelle, nonobstant toutes constitutions contraires ; que s'il

; se fait quelque chose contre ce qui est ici prescrit , soit par la faute ou par la négligence du curé, la punition en eft laissée au jugement de l'ordinaire. L'alliance qui se contracte par la confirmation, ne passera point non plus celui qui confirme & celui qui est confirmé, avec son pere

& celui qui le tiendra ; tous empêchemens quant à cette alliance spirituelle entre toutes les autres personnes , demeurant entiérement levés. Le faint concile lève entiérement l'empêchement de justice

Chapitre III. pour l'honnêteté publique, quand les fiançailles, de quelque ma. De l'empèche. niére que ce soit, ne seront point valides ; & fi elles le sont, ment d'honnêteté

publique,

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& fa mere,

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VII.

IX.

ne contre

ceux

AN, 1563.

cet empêchement ne s'étendra point au-delà du premier
dégré : l'usage ayant fait voir que la défense qui s'étend aux
dégrés plus éloignés, ne se peut observer sans inconvénient
ou sans embarras.

A l'égard auffi de l'empêchement qui naît de l'affinité conChapitre IV. De tractée par fornication , & qui rompi le mariage qui se fait l'empechement ensuite : le saint concile, porté par les mêmes raisons , & aupour fornication.

tres très-considérables, se restreint à ceux qui se trouvent au
premier & second dégré de cette affinité; & ordonne qu'aux
autres dégrés qui sont au-delà, le mariage qui sera contracté
par après , ne sera point pour cela rompu.

Si quelqu'un est assez téméraire pour oser sciemment conChapitre V. Deie tracter mariage aux dégrés défendus, il sera séparé, sans efqui se marientaux poir d'obtenir dispense : ce qui aura lieu aussi à plus forte raidégrés défendus. fon à l'égard de celui qui aura eu la hardiesse non seulement

de contracter mariage, mais aussi de le consommer. Que s'il
l'a fait fans le sçavoir , mais qu'il ait négligé d'observer les
cérémonies solemnelles & requises à contracter mariage , il
sera soumis aux mêmes peines ; car celui qui méprise témé.
rairement les préceptes salutaires de l'église, ne mérite pas
d'en ressentir si facilement la bénignité. Que si, ayant observé
toutes les cérémonies requises, on vient à découvrir quel-
que empêchement secret , dont il soit probable qu'il n'ait rien
sçu ; alors on lui pourra accorder dispense plus aisément &
gratuitement. Pour les mariages qui sont encore à contracter,
ou l'on ne donnera aucune dispense, ou on ne la donnera que
rarement, pour cause légitime, & gratuitement. On n'accor-
dera jamais de dispense au second dégré, fi ce n'est en fa-
veur des grands princes, & pour quelque intérêt public.

Le saint concile ordonne & prononce qu'il ne peut y avoir
Chapitre Vi. de mariage entre celui qui a commis un enlevement, & la
Peinas contre les personne qui a été enlevée, tant qu'elle demeure en la puis-
ravisieurs.

sance du ravisseur. Que fi en étant séparée & mise en un lieu
sûr & libre, elle consent de l'avoir pour mari , il la retien-
dra pour femme. Mais cependant ledit ravisseur, & tous ceux
qui lui auront prêté conseil , aide & assistance, seront de droit
même excommuniés, perpétuellement infâmes, incapables de
toutes charges & dignités ; & s'ils sont clercs , il seront dé-
chus de leurs grades. Le ravisseur sera de plus obligé, soit
qu'il épouse la femme qu'il aura enlevée, ou non, de la do-
ter honnêtement à la discrétion du juge.

X.

1

XI.

XII.

Peines des concus binaires.

Il se voit par le monde beaucoup de vagabonds, qui n'ont AN. 7563. point de demeure arrêtée ; & comme ces sortes de ;

gens

font d'ordinaire fort déréglés & fort abandonnés, il arrive très

Chapitre VII.

Mariages des gens souvent qu'après avoir quitté leur premiére femme , ils en vagabonds. . épousent de son vivant une autre & souvent même plusieurs en divers endroits. Le saint concile voulant remédier à ce désordre , avertit paternellement tous ceux que cela regarde, de ne recevoir pas aisément au mariage ces fortes de personnes. Il exhorte pareillement les magistrats séculiers de les observer sévérement; & il enjoint aux curés de ne point assister à leurs mariages , qu'ils n'aient fait premiérement une enquête exacte de leurs personnes, & qu'ils n'en aient obtenu la permission de l'ordinaire , après lui avoir fait rapport de l'état de la chose.

C'est un grand péché à des hommes qui ne sont point mariés, d'avoir des concubines; mais c'est un crime très-énor

Chapitre VIII. me, & qui va directement au mépris du grand sacrement de mariage, que des gens mariés vivent dans cet état de damnation, & qu'ils aient même l'impudence de garder quelquefois & entretenir ces misérables créatures dans leurs maisons avec leurs propres femmes. C'est pourquoi le saint concile voulant apporter un remède convenable à un li grand mal , ordonne

que

lesdits concubinaires tant mariés que non mariés, de quelque érat, dignité & condition qu'ils soient, fi après avoir été avertis trois fois par l'ordinaire, même d'office , ils ne mettent pas dehors leurs concubines , & ne se séparent pas de tout commerce avec elles, seront excommuniés, & ne seront point ablous, jusqu'à ce qu'ils aient effectivement obéi à l'avertissement qui leur aura été fait. Que s'ils continuent pendant un an dans ledit concubinage au mépris des censures , l'ordinaire procédera contre eux en toute rigueur suivant la qualité du crime. A l'égard des femmes, soit mariées, ou non, qui vivent publiquement en adultére, ou en concubinage public; si, après avoir été averties par trois fois, elles n'obéissent pas, elles seront châtiées rigoureusement selon la grandeur de leur faute par l'ordinaire des lieux, d'office mê

& sans qu'il soit besoin de partie requérante : elles seront chassées hors du lieu , & même hors du diocèse , s'il est jugé à propos, par les ordinaires qui auront recours pour cela , s'il en est besoin , à l'instance du bas séculier. Les autres pei. Tome XVIII.

B

me ,

XIII.

marier.

XIV:

Ax. 1563:

nes établies contre les adultéres & concubinaires, demeurant dans leur force & vigueur.

L'intérêt & l'attache aux choses de la terre aveuglent d'orChapitre 1.X. dinaire îi fort les yeux & l'esprit des seigneurs temporels & Qu'onre doitfors cer personne à se des magistrats, que bien souvent par menaces ou par mauvais

traitemens, ils contraignent leurs justiciables de l'un & de l'autre sexe, principalement ceux qui sont riches, ou qui ont à espérer quelque grande succession, de se marier contre leur gré avec les personnes qu'ils leur présentent. Or comme c'est une chose tout-à-fait exécrable , de violer la liberté du mariage , & que l'injure vienne de la part même de ceux de qui on devoit attendre justice : le saint concile défend à toute fortes de personne, de quelque état, qualité & condition qu'el. les soient, sous peine d'anathême qui s'encourra par l'action même , d'apporter aucune contrainte en cela à leurs justiciables, ni à quelques autres personnes que ce puisse être, ni d'empêcher en quelque maniére que ce soit, directement ou indirectement , qu'ils ne se marient en toute liberté.

Le saint concile ordonne que toutes personnes observeront Chapitre X. Du

avec soin les anciennes défenses des nôces solemnelles depuis tems auquel on peut se marier. l'Avent jusqu'au jour de l'Epiphanie , & depuis le mercredi

des cendres jusques à l’octave de Pâques inclusivement. En tout autre tems il permet lesdites solemnités des noces : les évêques auront foin seulement qu'elles se fassent avec la modestie & l'honnêteté requise ; car le mariage est une chose sainte , qui doit être traitée saintement.

La plus grande partie des peres approuva ces décrets : mais il y en eut qui formérent plusieurs difficultés. Le légar Moron & plusieurs autres trouvérent mauvais qu'on eût prononcé anathême dans le douziéme canon, contre ceux qui croyoienc & qui disoient que les causes qui concernent le mariage n'appartenoient point aux juges ecclésiastiques. Le légat Moron ajouta que, sur les mariages clandestins, il s'en rapporteroit au jugement du pape : le cardinal Simonette fut de même avis. Le cardinal Navagero approuva tout; celui de Lorraine croyoit l'anathême prononcé par le sixiéme canon, trop rigoureux. Il y eut encore d'autres variétés dans les sentimens de plusieurs autres peres. L'archevêque de Nicosie, primat de l'église de Chypre, produisit, au nom des Grecs dont il étoit évêque, une profession de foi authentique , & il demanda qu'elle fût insérée dans les actes du concile. Quand chacun

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a

XV.

eut dit son avis, le premier légat recueillit les suffrages, & AN. 1563. dit ensuite à voix haute : Tous les peres approuvent la doctrine & les canons du sacrement de mariage ; mais quelquesuns souhaiteroient qu'on y fît quelques additions , ou quelques retranchemens. Le décret des mariages clandestins a été agréé de la plus grande partie ; plus de cinquante l'ont rejetté, & parmi eux le cardinal Simonette légat du liége apostolique , fe remettant toutefois au jugement du saint pere. Pour moi , aussi légat du siége apostolique, j'approuve le décret, fi notre saint pere l'approuve. On ne fit aucune mention du legat Olius, parce qu'étant malade, il n'envoya son avis que le lendemain. Moron parlant de ce décret ne dit pas limplement qu'il étoit approuvé, comme il avoit coutume de le dire des autres, lorsque le plus grand nombre des peres les recevoit; parce que deux des quatre légats qui fembloient tenir la place du pape , paroissoient contraires à ce décret. Mais l'approbation du pape qui suivit , & auquel tous les légats & plusieurs des peres opposés s'en étoient remis, leva tous les doutes. Après qu'on eùt publié ces décrets particuliers du facre

Chapitre I. De ment de mariage, on continua de proposer ceux de la réfor

la réformation géo mation générale , dans lesquels, contre la coutume, on fit nérale de la créa- . plusieurs changemens de l'avis des peres. Voici ces décrets, tion des évêques tels qu'ils furent publiés dans la session au nombre de vingt-un. Si dans l'église , pour quelque dégré que ce soit, on doit cap: 10, n. §:

Fra. Paolo hift. apporter un soin & un discernement particulier, afin que dans

liv. 8. p. 760. la maison du Seigneur, il n'y ait rien de désordonné, rien de déréglé ; il est juste de travailler encore avec beaucoup plus d'application, pour ne se point tromper dans le choix de celui qui est établi au-dessus de tous les autres dégrés : car tout l'ordre & tout l'état de la famille du Seigneur sera chancelant, fi ce qui est requis dans le reste du corps ne se trouve

pas

dans le chef. C'est pourquoi encore que le saint concile ait déja fait ailleurs quelques ordonnances fort utiles touchant ceux qui doivent être élevés aux églises cathédrales & supérieures ; il estime néanmoins cet emploi si grand & fi important , si on le considére dans toute l'étendue de ses fonctions, qu'il lui semble qu'on ne peut jamais avoir assez pris de précautions à cet égard. Pour cela donc il ordonne , qu’auffi - tôt qu’une église viendra à vaquer, il se faffe incontinent, par l'of

, dre du chapitre , des processions & des priéres publiques &

& cardinaux,

Pallavicini ibid.

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