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l'impetuosité Françoise , d'où naissoit dans les Peuples, ce goût pour une doctrine nouvelle? & d'où vient qu'ils s'en fervoient presque par tout pour

se soustraire à l'autorité legitime ? C'est à la Philosophie , plûtôt qu'à l'Hiftoire, de rendre raison de ces évenemens singuliers. On avoit vû des Herelies avant le quinziéme siécle; mais quoiqu'elles eussent des Rois & des Princes pour partisans, elles n'avoient armé pour leur défense que

des Docteurs. De toutes ces guerres de Religion qui étonnerent l’Europe, il n'y en evt point de plus opiniâtre par sa durée, ni de plus finguliere par les évene

inens,

, que celle de Flandres. Philippe II. alluma le feu de la guerre civile dans ses propres Etats en combattant l'Er. reur avec d'autres armes que celles de la Verité. Il semble que ce Prince se défioit decet empire naturel, qu'a la Religion sur l'Heresie. Dès le commencement des troubles, le fage Conseil de Madrid s'égara dans ses vûës : il raisonna sur les Flamans,

à

peu près comme il avoit fait sur les indiens; il crut que pour regner absolument für eux , il falloit répandre du sang , & que le Prince ne feroit jamais plus puissant, que quand les Sujets seroient plus foibles. Ce fut apparemment sur ces faux

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principes, que Philippe travailla à s'aliéner le cæur des Flamans dès le commence. ment de son regne. La haute Noblesse vouloit avoir quelque part au Gouvernement, il le confia tout à des Etrangers; les Provinces étoient at, tentives à la conservation de leurs Privileges , qu'une lon, gue suite de Souverains avoit respectés, Philippe affectoit de les traiter sans discernement, il vouloit regner en Flandre plus imperieusement qu'en Castille; la franchise de ces Peuples, étoit incompa, tible avec les détours & lesruses de l'Inquisition , il voulut les assujettir à ce redoutable Tribunal : &ce Prince, si ha.

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bile à fomenter les divisions & les troubles dans les Etats de ses voisins , fe fervoir dans les siens même de cet art dangereux.

S'il manque quelque chofe à cette Histoire, ce n'est point certainement la verité des faits. Les Auteurs illustres d'où ils sont tirés, sont de trop fürs garants de tout ce qu'on rapporte pour que le Lecteur, puisse avoir là-deflus le moindre scrupule. Qui ne connoît les grands noms de Strada, de Grotius , de Conestagio, & du Cardinal Bentivoglio!

Strada avoit en main les Archives de la maison Farneze, où il trouvoit les Lertres originales de Philippe II.

&de ses Ministres, celles de la Duchesse de, Parme, du Prince Alexandre son fils, du Cardinal de Granvelle , & enfin, de tous ceux qui avoient eû part aux affaires de Flandre, durant le Gou. vernement des Farnezes, C'est pourquoi , dans l'histoire de la Gouvernance conime dans celle du Prince de Parme, on voit distinctement la correspondance de la Cour de Bruxelles avec la Cour d'EC

que

dans celles du Duc d'Albe, du grand Commandeur , & de Doni Juan, on n'apperçoit gueres de détail secret ; parce qu'aucun Auteur n’a vû les dépêches qu'ils envoyoient en El

pagne; au lieu

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