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ADORATIONS

SUR

149

LES MYSTERES

DE LA PASSION
DE NOTRE-SEIGNEUR

JESUS-CHRIST

PREMIEREMENT.

Sur le lavement des Pieds à fix, heures du foir.

E vous adore, mon Sauveur, profterné aux pieds de vos Apôtres, & les lavant de vos mains facrées, vous avez jugé ce Myftére fi important, que vous aveż dit à faint Pierre, qu'il n'auroit point de part avec vous, fi vous ne lui laviez les pieds; pour nous apprendre que les

foüilleures qui nous rendent indignes de
nous approcher de vous, ne peuvent
être lavées que par le mérite de vôtre
Sang précieux; ç'a été encore pour nous
apprendre à nous laver les pieds les uns
aux autres, en fupportant nos défauts
par une charité véritable. Faites-moi
s'il vous plaît, la grace que le double
exemple que vous me donnez d'humili-
té, confonde mon orgueil, qui veut
toûjours s'élever audeffus des autres;
& que vôtre charité amoliffe mon cœur,
pour pardonner à mon prochain les pe-
tites fautes qu'il commet contre moi
comme vous m'avez pardonné les
des
que j'ai commifes contre vôtre Ma-
jefté infinie.

gran

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I I.

Sur l'Inftitution du faint Sacrement, à sept heures.

J
E vous adore, mon Sauveur, fur-
montant la haine que vous portoient
les hommes lorfqu'ils confpiroient
vôtre mort, pour vous arracher, com-
me dit l'Ecriture, de la terre des vi-
vans, & qu'il ne fût plus mémoire de

V

votre Nom. En ce tems vous étiez occupé du défir tres-ardent de faire avec nous une Pâque divine, non paffagére, mais qui devoit durer autant que vôtre Eglife, & vous voulez que ce Sacrement d'amour nous ferve de mémorial de votre mort; parce que vous aviez jugé que nôtre ingratitude étoit fi grande, que nous pourrions oublier le bien-fait de vôtre mort fi vous ne nous en rendiez la mémoire toujours préfente par vôtre divine Euchariftie. Ne permettezpas, s'il vous plaît, que l'endurciffement de mon cœur continue, parmi les témoignages que vous me donnez de vôtre grande charité; mais faites plutôt, que le feu que vous êtes venu apporter en terre, & que vous voulez qui foit allumé dans les ames qui par ticipent à ce mystére, faffe fondre mon cœur comme de la cire, pour être capable de recevoir les impreffions de vôtre divin amour.

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I I I.

Sur la Priere de notre Seigneur aprèsla Céne à huit heures.

E vous adore, mon Sauveur, fai

pour nous à vô

tre Pere que nous ne faffions qu'un, comme vous & lui n'êtes qu'un. Accordez-moi, s'il vous plaît, l'effet de. cette divine priére, en détruifant en moi tout ce qui me rend indigne de cette fainte union: Je vous offre pour cela le défir que vous me donnez, de renoncer à tout pour n'aimer plus que vous, & n'être attaché qu'à vous seul.

I V.

Sur la trifteffe de notre Seigneur, au Fardin des Olives, à neuf heures.

JE

E vous adore, mon Sauveur, affligeant votre ame tres-fainte d'une douleur qui eût été capable de vous caufer la mort, fi vous n'aviez voulu conferver vôtre vie pour de plus grands

tourmens. Vôtre deffein dans cet état, a été de vous rendre la force & la confolation de ceux qui fe trouveroient dans le dernier abattement, lorfque vous les laiffiez prefqu'à eux-mêmes au milieu de la tentation. Faites moi, s'il vous plaît, la grace que cette adorable foibleffe que je vois en vous, foit le fujet de ma confiance; puifque je ne man→ querai jamais de force en m'y appuïant ; vôtre Apôtre m'aïant appris, que co qui eft foible en vous est plus fort que tous bes hommes.

V.

Sur la Priere de notre Seigneur, aw Fardin des Olives, à dix heures.

*

E vous adore, mon Sauveur, le vi fage profterné en terre, fuppliant le Pere éternel, d'éloigner de vous le Calice de vôtre Paffion. Vous avez voulu parler de la forte, parce que vous aviez pris en vous la perfonne des plus foibles, & des plus infirmes de vôtre Eglife; mais vous avez ajoûté auffitôt que la volonté du Pere éternel fût accomplie, & non pas la vôtre; pour

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