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X VI I I.

Sur le Portement de Croix, à onze bcures.

E vous mon Sauveur, char

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Jgé d'une pefante Croix à laquelle

vous deviez être attaché, & l'embraffant avec amour, pour nous apprendre à recevoir de bon cœur les afflictions qui nous arrivent, & à porter tous les jours nôtre Croix comme vous nous L'ordonnez dans l'Evangile: Vôtre humanité fainte qui étoit toute épuisée de ce que vous aviez déja fouffert, auroit défailli fous un pefant fardeau, fi vous ne l'euffiez foûtenue par votre force divine: Vous avez voulu auffi être aidé par le fecours d'un homme, afin de paroître dans la foibleffe commune, pour nous apprendre à fouffrir humblement quoique vôtre grace nous donnât des forces interieures; & pour nous apprendre encore que vous ne nous laifferez point à nous-mêmes, pour porter les Croix qui nous arriveront mais que vous en porterez la meilleure partie, ou en les rendant legeres par l'onction

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de vôtre grace, ou en nous rendant capables de les foûtenir; parce qu'étant fidéle dans vos promeffes, vous ne permettrez pas que nous foïons tentez pardeffus nos forces: Je m'offre done à vous, mon Sauveur, pour vous fuivre en portant ma croix; rendez-la, s'il vous plaît, la vôtre, puifque c'eft elle feule qui bénit, & qui fantific celle que nous portons.

X I X.

Sur l'oblation de nôtre Seigneur à la Croix, à midy.

J

E vous adoré, mon Sauveur, vous offrant en facrifice fur l'Autel de la Croix quoique vous le fiffiez avec une volonté pleine & parfaite; yous avez voulu y être attache, pourvous ôter en apparence le pouvoir de vous en délivrer; afin de nous apprendre à renoncer à la liberté qui nous demeure, de ne pas être attachez à la Croix avec vous; & afin que nous fouffrions patiemment & avec joïe, tous les maux, les peines, & les afflictions que les hom mes nous procurent en une infinité d'oc

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cafions: Faites, Seigneur, que bien loin d'avoir du reffentiment & de la haine contre ces fortes de perfonnes, je les aime tendrement, je leur donne des marques de mon amour, en leur rendant des fervices réels. Vous me donnez, Seigneur, cette pensée ; c'eft vôtre grace qui la met dans mon cœur ; confirmez, s'il vous plaît, en moi, mon Sauveur, ce qui vient de vous; & me rendez fidéle à détruire ce qui vient de moi-même, car vous fçavez que je fuis feulement capable d'annéantir le bien, fi vous ne m'arrêtiez en m'attachant avec les clouds de vôtre crainte, avec lefquels demeurant ferme dans vôtre fervice, il me fera permis de dire avec vôtre Apôtre, fe fuis attachée en la Croix Avec JESUS-CHRIST.

X X.

Sur l'élevement de la Croix, à une heure.

JE

E vous adore, mon Sauveur, étant élevé en la Croix, comme vous l'aviez prédit, pour accomplir la promeffe, qu'étant élevé de terre, vous ti

reriez toutes chofes à vous: Cet élevement, mon Sauveur, ne vous a pas donné plus de pouvoir pour cela, puifque vous l'avez toûjours eu femblable; mais vous avez voulu que ce Myftére de vôtre Elevement, qui ajoûte à vôtre Crucifiement une plus grande humiliation, me fût un motif plus puiffant pour m'obliger à m'élever de la terre, & ne plus adherer à mes inclinations baffes, qui m'attachent à tout ce qui eft temporel, en vous voïant exposé à mes yeux dans un état feparé de toutes chofes Faites-moi la grace, s'il vous plaît, mon Sauveur, que je vous aïe toûjours devant les yeux, afin d'élever vers vous les pensées de mon efprit, & les affections de mon ame; & que ce regard me guériffe des plaïes de mes péchez, puifque vous vous êtes rendu ce ferpent myfterieux & divin, qui devez être élevé pour la fanté de

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nos ames.

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X X I.

Sur les Paroles de notre Seigneur en la Croix, à deux heures.

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E vous adore, mon Seigneur, en cè qu'aïant gardé un merveilleux filence depuis votre arrivée au Calvaire, vous commencez à le rompre en parlant à Dieu en faveur des hommes, pour le fupplier de pardonner à ceux qui vous avoient crucifié, & vous diminuez ce crime épouvantable en difant qu'ils ne fçavent ce qu'ils font ; vous partez auffi à vos élûs, à vôtre fainte Mere, à vôtre bien-aimé Difciple, au Larron pénitent que vous avez voulu être le premies heritier de vôtre Roïaume, vous avez dit d'autres paroles pleines de mystéres & vous vous êtes encore adreffé à Dieu vous-même, pour témoigner le respect que vous portiez à vôtre Pere Eternel : Rendez-moi, s'il vous plaît, capable d'entendre ces faintes paroles d'un Efprit fi docile, que vous les graviez dans mon cœur qu'elles m'apprennent à pardonner à mes ennemis, à rendre ce que je dois à ceux à qui je fuis redevable, à m'abaiffer fous la conduite qu'il

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