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l'armée de Licinius, mettant en usage CONSTAN- & les prieres & les promesses: au lieu

de l'écouter, on le charge lui-même, An. 353. & il est obligé de regagner le gros de

ses troupes. Elles se laissoient égorger presque sans résistance par des ennemis très inférieurs en nombre : la plaine étoit jonchée de morts; la moitié de l'armée étoit taillée en piéces; les autres ou fe rendoient ou prenoient la fuite : les gardes de Maximin l'abandonnent; il s'abandonne lui-même, & jettant bas la pourpre impériale, couvert d'un habit d'esclave , il

il se mêle dans la troupe des fuyards & repasse le détroit. Emporté par sa terreur, il arrive la nuit du lendemain à Nicomédie, à cent soixante milles du champ de bataille. Il y prend avec lui sa femme, ses enfans,un petit nombre de ses officiers, & continue fa fuite vers l'Orient. Enfin après avoir échappé à bien des périls , fe cachant dans les campagnes & dans les villages, il gagne la Cappadoce , où ayant rallié ce qui lui restoit de troupes, il s'arrêta & reprit la pourpre.

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XLVI. Licinius à

Licinius, après avoir incorporé dans fon armée les ennemis qui s'é- Constantoient rendus, pafsa le Bosphore ; & peu de jours après la bataille entra An. 313. dans Nicomédie, rendit graces à Dieu comme à l'auteur de sa victoire, &

Nicomédie. laissa reposer ses troupes. Dès le pre

pre- Lact.c.48. mier jour de Juin il fit un acte de fou- Cod. Tr. lib.

13. tit. 10. veraineté en faveur de la Lycie & leg. 2. de la Pamphylie : il exemta par une

God. ad

hanc legen. loi le petit peuple des villes de ces provinces de payer capitation pour les biens qu'il possédoit à la campagne. C'étoit un nouveau joug , dont les simples particuliers habitans des villes avoient toujours été exemts , & que Maximin apparemment leur avoit imposé. Le treizieme du même mois il fit afficher l'édit qu'il avoit dressé à Milan de concert avec Conftantin , pour rendre à l'Eglise une entiere tranquilité. Il exhorta même de vive voix les Chrétiens à faire librement l'exercice de leur religion. On peut placer ici la fin de cette perfécution cruelle , qui commencée en cette même ville le vingt-troisieme de Février de l'an 303 , avoit pen

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An.3130

XLVII.

Mort de Alaximin.

9. C. 10

59.

dant dix ans multiplié le Christianisme Constan- en faisant périr des milliers de Chré

tiens.

Maximin couvert de honte & plein de désespoir déchargea la premiere

fureur sur les prêtres de fes dieux , Lact. c. 49. qui par des oracles impofteurs l'aEuf. Hift. l.

voient assuré du succès de ses armes. ito & vit

. l. Il les fit tous massacrer. Ensuite ap1. C. 58. El

prenant que Licinius venoit à lui avec Zof. l. a. toutes ses forces , il gagna les défilés

du mont Taurus , & eilaya de les défendre par des barricades & des forts qu'il fit élever à la hâte. Enfin comme le vainqueur forçoit tous les paffages , il se renferma dans la ville de Tarse, à dessein de fe fauver en Egypte pour y réparer ses pertes. Eufebe dit qu'il y eut un second combat , auquel Maximin ne se trouva pas , & que

& caché dans la ville dont il n'osoit fortir, il fut dans le tems même de la bataille frappé de la maladie dont il mourut. Selon Lactance, ce Prince assiégé dans Tarfe , sans espérance de fecours, & fans autre ressource que la mort , s'il vouloit ne pas tomber entre les mains d'un rival cruel &

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irrité, se remplit pour la derniere fois de vin & de viandes , & avala ensuite CONSTANun breuvage mortel. Mais la

quantité de nourriture dont il s'étoit char- An. 393. gé, amortit la force du poison , qui au lieu de lui ôter la vie sur le champ, le jetta dans une longue & douloureuse agonie. Dans cet état il reconnut le bras de Dieu qui le frappoit; il força sa bouche impie à louer celui à à qui il avoit fait une guerre facrilége; il fit en faveur des Chrétiens un édit , dans lequel ce Prince malheureux, sous la main de Dieu qui l'écrafe, veut encore conserver la fierté du trône , & pallier par un préambule imposant la mauvaise foi de ses édits précédens. Au reste it accorde sans réserve aux Chrétiens tout ce que Constantin leur avoit donné dans fes états, c'est-à-dire , la permission de relever leurs temples, & de rentrer en possession de tous les biens des Eglises, de quelque maniere qu'ils eussent été aliénés. Un repentir si forcé & ft imparfait ne défarma pas la colere de Dieu. Pendant quatre jours il fut en proie aux plus

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affreuses douleurs. Il se rouloit sur la CONSTAN-terre , il l'arrachoit à pleines mains, &

la dévoroit. Ses entrailles étoient emAn, 313. brasées par un feu intérieur , qui ne lui

laissa au-dehors que les os desséchés. A force de se frapper la tête contre les murailles , il fe fit fortir les

yeux de leur orbite. Les Chrétiens regarderent cet horrible accident comme une punition de la cruauté exercée fur tant de Martyrs , à qui il avoit fait crever les

Alors tout aveugle qu'il étoit , il croyoit voir le Dieu des Chrétiens, environné de fes ministres, & l'entendre prononcer son jugement : il s'écrioit comme un criminel à la torture ; il s'excufoit sur ses perfides conseillers ; il avouoit ses crimes , imploroit JesusChrist, lui demandoit en pleurant miféricorde. Enfin au milieu de ces hur: lemens , aussi affreux que s'il eût été dans les flammes, il expira par une mort plus terrible encore que celle de Galere , qu'il avoit surpassé en impiété & en barbarie. Il étoit dans la neuvieme année de son regne, à compter du tems où il avoit été fait César, &

yeux.

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