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cevoit à travers une sombre lueur les ftatues des dieux. Là, après avoir CONSTANallumé des flambeaux & immolé des TIN. victimes, élevant la main vers ces An. 323. idoles : « Mes amis, s'écria-t-il, voilà - les dieux qu’adoroient nos ancêtres, > voilà les objets d'un culte consacré » par l'antiquité des tems. Celui qui » nous fait la guerse , la déclare à nos so

peres , il la déclare aux dieux mês » mes. Il ne reconnoît qu'une divi» nité étrangere & chimérique , pour » n'en reconnoître aucune; il dèsho>> nore son armée, en substituant un os infame gibet aux aigles Romaines: » ce combat va décider lequel des » deux partis est dans l'erreur; il va » nous prescrire qui nous devons ado. »rer. Si la victoire fe déclare pour o nos ennemis , fi ce Dieu isolé, obf» cur , inconnu dans son origine com* me dans son être , l'emporte fur s tant de puissantes divinités dont le » nombre même eft redoutable, nous so lui adresserons nos veux » nous rendrons à ce Dieu vainqueur, » nous lui éleverons des autels sur les >> débris de ceux qu'ont dressés nos

, nous

TIN.

XLVIII.

d'Andrino

» peres. Mais si, comme nous en fomCONSTAN- » mes assurés, nos dieux signalent au

njourd'hui leur protection sur cet An. 323. » Empire , s'ils donnent la victoire à

s nos bras & à nos épées, nous pourzo suivrons jusqu'à la mort, & nous . éteindrons dans son fang une secte

sacrilége , qui les méprise ». Après avoir proféré ces blasphêmes il retourne au camp & se prépare à la bataille.

Cependant Constantin profterné Bataille dans fon oratoire , où il avoit passé le ple. jour précédent en jeûne & en prieres Euf, vit. l. z. imploroit le Dieu véritable pour le 6.10..", falut des siens & de ses ennemis mêZofil

Zor.1.2. mes. Il fort plein de confiance & de Arony. Va. lif. courage ; & faisant marcher à la tête l'étendard de la Croix , il donne

pour mot à ses troupes: Dieu Sauveur. L'armée de Licinius étoit rangée en bataille devant son camp sur le penchant de la montagne : celle de Constantin y monte en bon ordre: malgré le désavantage du terrein elle garde ses rangs, & du premier choc elle enfonçe les premiers bataillons. Ceux-ci mettent bas les armes, se jettent aux pieds du vainqueur, qui plus empres

, , , 13, 14

.

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TIN.

fé à les conserver qu'à les détruire , leur accorde la vie. La seconde ligne Constanfit plus de résistance. Envain Conftantin les invite avec douceur à fe An. 323. rendre , il fallut combattre ; & le foldat devenu plus fier par la soumission des autres , en fait un horrible carnage. La confufion qui se mit dans leurs bataillons leur fut auffi funeste que le fer ennemi: serrés de toutes parts , ils fe perçoient les uns les autres. Le principal foin du vainqueur fut d'épargner leur fang; blessé légerement à la cuisse , il couroit au plus fort de la mêlée ; il crioit à ses troupes de faire quartier & de fe fouvenir que les vaincus étoient des hommes; il promit une somme d'argent à tous ceux qui lui ameneroient un captif : l'armée ennemie sembloit être devenue la fienne. Mais la bonté du prince ne put arrêter l'acharnement du soldat; le massacre dura jusqu'au soir : trente-trois mille des ennemis resterent sur la place : Licinius fut un des derniers à prendre la fuite ; &

; ramassant tout ce qu'il put des débris de fon armée, il traversa la Thrace

TIN.

en toute diligence pour gagner la Constan- flotte. Constantin empêcha les fiens

de le poursuivre ; il espéroit que ce An. 323. prince instruit par sa défaite, consen

tiroit à se soumettre. Au point du jour les ennemis fauvés du massacre , qui s'étoient retirés sur la montagne & dans les vallons , vinrent se rendre, ainsi

que ceux qui n'avoient pu suivre Licinius fuyant à toute bride. Ils furent traités avec humanité. Licinius s'enferma dans Byzance, où Constantin vint l'assiéger.

La flotte de Crispe étant partie du Pirée , s'étoit avancée sur les côtes

de Macédoine , lorsqu'elle reçut orZof. 1. 2. dre de l'Empereur de le venir joinAnuny. Va- dre devant Byzance. Il falloit trabef.

verser l'Hellespont, qu’Abante tenoit fermé avec 350 vaisseaux. Crispe entreprit de forcer le passage avec 80 de les meilleures galeres, persuadé que dans un canal si étroit un plus grand nombre ne seroit propre qu'à l'embarrasser. Abante vint au-devant de lui à la tête de deux cens voiles , méprisant le petit nombre des enne

XLIX. Guerre sur mer.

mis & se flattant de les envelopper. Le signal étant donné de

& d'au. CONSTANtre , les deux flottes s'approchent & celle de Crispe s'avance en bon ordre. An. 323. Dans celle d'Abante au contraire, trop resserrée par la multitude des vaisseaux qui se heurtoient & fe nuifoient dans leurs maneuvres, il n'y avoit que trouble & confusion; cę qui donnoit aux ennemis. la facilité de les prendre à leur avantage & de les couler à fond. Après une perte considérable de bâtimens & de foldats du côté de Licinius, la nuit étant survenue , la flotte de Constantin alla mouiller au port d'Eléunte à la pointe de la Chersonnefe de Thrace; celle de Licinius au tombeau d'Ajax dans la Troade. Le lendemain à la faveur d'un vent de nord , qui souffloit avec force, Abante prit le large pour recommencer le combat. Mais Crispe s'étant fait joindre pendant la nuit par le reste de fes galeres qui étoient restées en arriere, Abante étonné d'une augmentation fi considérable balança de les attaquer. Pendant cette incertitude , vers l'heure de midi le

TIN,

part

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