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me.

Supliv. XXXI.

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que le mauvais- sens, & le condamne avec anathe

Aprés avoir ainsi rejetté les erreurs attribuées à Theodore , il défend sous peine d'anathême, d'en prendre occasion d'injurier les peres & les docteurs de l'église. Et parce que ces articles, ajoûte-t-il, portent le nom de Theodore de Mopsueste, nous avons examiné ce que les peres ont dit de lui'; & nous avons trouvé. que saint Cyrille écrit à Jean d'Antioche, que le concile d'Ephese condamnant le fymbole artribué à Theodore, n'a point fait mention de lui par discretion: ce que nous avons verifié dans le concile même. Sur quoi faint Cyrille ajoûte , qu'il ne faut point insulter aux morts. Proclus de C. P: a parlé de même au sujet de Theodore , & a condamné les erreurs qui lui étoient attribuées sans le nommer. Nous ne trouvons rien non plus dans le concile de Calcedoine contre la memoire de Theodore de Mopfueste : quoique ce concile fasse niention de la lettre de Jean d'Antioche à l'empereur Theodose, où il dit; qu'il ne faut point condamner. Theodore aprés la

Ensuire nous avons examiné, si nos predecesseurs ont ordonné quelque chose contre les morts , qui n'ont point été condamnez de leur vivant ;. & nous avons trouvé des autoritez contraires de Leon & de Gelase. On a aussi observé la même regle à l'égard de Jean & de Flavien de C. P: qui bien que chassez

de leur vivant n'ont point été tenus pour condamEx:9. VII. bift: e: nez. Eusebe rapporte dans son histoire , que Denis sup.liv.911. n. d'Alexandrie ne voulut point condamner Nepos; bien que Millenaire, parce qu'il étoit mort. Tour

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mort:

366.

cela

24.

S?..

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fon nom

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cela consideré, nous n'osons condamner Theodore An. 553. s de Mopsueste , & ne permettons à personne de le condamner.

Quant aux prétendus écrits de Theodoret , nous nous étonnons , que l'on puisse avancer quelque reproche contre un évêque, qui s'étant presente il y a plus de cent ans au jugement du concile de Calce. doine , y souscrivit sans hefiter , & aux lettres de S. Leon. Quoique Dioscore & les Egyptiens disent alors qu'il étoit heretique , nos peres toutefois aprés l'avoir" foigneusement examiné, n'exigerent autre chose de lui , sinon qu'il anathematisât Neftorius & sa doctrine : ce qu'il fit tout haut en presence de tour le concile. Aprés quoi on ne peut condamner fous Sup.1. XXÝITE

des dogmes Nestoriens , sans accuser de *. 24. mensonge ou de dissimulation les peres de Calcedoine. Et il ne faut pas croire , qu'ils aïent ignoré l'injure qu'il avoit faite à faint Cyrille, en attaquant ses douze chapitres : mais ils ont suivi l'exemple de saint Cyrille même , qui pour l'amour de la paix , passa sous silence tout ce que les Orientaux avoient écric contre lui. Vû principalement que Theodoret aïant reconnu les vrais sentimens de faint Cyrille , par

ses lettres , lûës dans le concile de Calcedoine, loüa la doctrine de celui qu'il avoit faussement soupçonné de se tromper. C'est pourquoi nous deffendons à qui p. 3621 que ce soit, de rien avancer au préjudice de la memoire de Theodoret : mais en conservant le respect dû à sa personne ; nous condamnons tous les écrits qui portent fon nom , & de qui que ce soit , & qui font conformes aux erreurs de Neftorius ou de quelque autre heretique. Ensuite le pape Vigile met

Tome VII,

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cinq anathêmes , contre les erreurs que l'on relevoit dans les écrits de Theodoret: puis il continuë.

Quant à la lettre d'Ibas , nous voïons par les actes du concile de Calcedoine , que sur la lecture des pieces , & particulierement de cette lettre, Ibas fut déclaré innocent & orthodoxe. La lettre même fut declarée orthodoxe , parce qu'elle embrasse la foi sur laquelle faint Cyrille se reconcilia avec Jean · d'Antioche , & les Orientaux. Mais les peres du concile n'approuverent pas pour cela , ce que cette lettre contient d'injurieux à saint Cyrille. Ibas lui-même le retracta', aïant mieux compris le sens des chapitres de faint Cyrille ; & c'est sur cette retractation qu'il fut jugé orthodoxe. Car il declara nettement qu'il recevoit la decision du concile d'Ephese. Il åvoir rejecté les douze chapitres de saint Cyrille , par

les entendant mal, il croïoit qu'ils ôtoient la distinction des natures : quand il en a compris l'explication, il les a reçûs. Dioscore & Eutychés loüoient laint Cyrille, parce qu'en le prenant mal, ils croïoient y trouver leur heresie : au contraire Ibas le blâmoit en croïant y voir la même erreur : en cela il étoit catholique ; & c'est pour cela qu'il fut déposé par Dioscore au faux concile d'Ephese , & rétabli au concile de Calcedoine. C'est pourquoi nous ordonnons , que le jugement de ce faint concile demeure en son entier à l'égard de la lettre d'Ibas , comme à l'égard de tout le reste.

Enfin pour montrer en general, combien doit être inviolable l'autorité du concile de Calcedoine , le pape Vigile rapporte plusieurs extraits des lettres de faint Leon 8. de Simplicius : même de son Judicatum

ce que

p. 373. E.

XLVII. Cinquiéme con

qu'il avoit retiré, & qu'il revoque au reste , en ce qui A N. 53f. regarde les trois chapitres. Il conclud en defendant P. 375. A. à qui que ce soit, en quelque dignité ecclesiastique qu'il soit constitué, de rien decider au contraire. Tel est le Constitutum du pape Vigile. Seize évêques у

souscrivirent avec lui, & trois diacres de l'église Romaine, entre lesquels est Pelage son successeur. L'acte est daté du quatorziéme jour de Mai de cette année

553.

Mais il ne fut envoïé à l'empereur qu'onze jours aprés : c'est-à-dire, le vingt-cinquième de Mai; & il n'eut aucun effet, quelque sage que paroisse le temperamment que le pape y avoit pris, de condamner les erreurs en épargnant les personnes.

Le concile de C. P. continuoit toûjours, & dans la cinquiéme conference tenuë le dix-septiéme de ference, Mai, on lût d'abord. plusieurs extraits des livres v. not. Baluz. de saint Cyrille contre Theodore, où il mettoit ses paroles, & les refutoit ensuite: montrant qu'il anéantissoit le mystere de l'Incarnation, & par consequent la redemption. On lût ensuite la requête presentée à Proclus évêque de C. P. par les clercs & les moines n. 37. d'Armenie contre Theodore, & une partie de la réponse de Proclus. On lût quatre lettres de saint Cy- *. 470. rille, & celle que Rabbula d'Edesse lui adressa. On lût un passage de l'histoire ecclesiastique d'Helychius prêtre de Jerusalem, que nous n'avons plus, où il dir, que Theodore de Mopsueste, suivant les principes des Juifs, écrivit sur les pseaumes, & rejetta toutes les propheties de Jesus-Christ. Qu'en aïant été repris, il se dédit malgré lui, & aïant promis de brûler son livre, il le cacha. Qu'il demeura long-tems inconnu à cause de la petitesse de son

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Sup. lib. XXVI.

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AN 553

17. Mai.

p. 475

Greg. Naz

fiége, instruisant quelque peu de disciples qu'il infectoit de ses erreurs. Qu'enfin dans sa derniere vieillesse, il composa des livres contre l'incarnation. On fût ensuite deux loix de Theodose le jeune , contre Diodore de Tarse, Theodore de Mopsuefte & Neftorius: puis une lettre de Theophile d'Alexandrie à Porphire d’Artioche, & une de faint Gregoire de Nazianze à Theophile, rouchant ceux qui renou. velloient les erreurs de Paul de Samosate : puis plufieurs paffages de Theodoret, où il reconnoissoit que l'on accusoit Theodore, & prétendoit le défendre.

On lût ensuite d'autres pieces, pour détruire ce que l'on disoit pour la défense de Theodore. On

produisit des lettres de saint Gregoire de Nazianze Epijt. 81. 88. 90. å un évêque nommé Theodore, avec lequel il pa- :

roisloit être en grande union. Şurquoi Euphrantas évêque de Tyane fe leva, & dit: Ceux-là se trompent, qui croïent que Gregoire d'heureuse memoire a écrit ces lettres à Theodore de Mopsueste. Moi, qui suis évêque de Tyane, & natif de la province, je vous dirai la verité. Il y a eû dans ma viłle un évê. que nommé Theodore, du tems de saint Gregoire ; on lit encore fon nom dans les diptyques. En ce tems-là, Dohare & Nazianze dépendoient de Tyane: c'eft nôtre pieux empereur qui les a loûmises à la ville, qui s'appelloit autrefois Mucifle, & à present Justinianopolis , en la faisant metropole. De la vient que saint Gregoire parle à Theodore de Tyane, de Bosphore évêque de Dohare , qui étoit accusé; & le prie de mettre un évêque à la place à Nazianze. Quant à la seconde Cilicie où Mopsueste est située, elle n'a rien de commun avec la seconde Cappado

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