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THE NEW YORK PUPLIC LIBRARY

ASTOR, LENOX AND TILDEN FOLATIGS.

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pratiqués en avant, invitent à se reposer dans cet endroit. On y jouit de la vue du lac, de la tour de Gabrielle, d'une échappée de la rivière. L'estampe donne une idée de cette superbe situation. En parcourant les environs de la maison, on trouve graves, sur plusieurs quartiers de rocs, différens passages des Ecrits de Rousseau. Les voici :

Celui-là est véritablement libre, qui n'a pas beloin de mettre les bras d'un autre au bout des siens

pour faire la volonté.

C'est sur la cîme des montagnes solitaires que l'homme sensible se plaît à contempler la Nature; c'est là que, tête à tête avec elle, il en reçoit des inspirations toutes puissantes, qui élèvent l'ame au dessus de la région des erreurs & des préjugés.

Tour ici retrace à vos yeux la situation de Meillerie; tout rappelle à votre cour l'idée de Saint-Preux écrivant à Julie, appuyé sur un quartier de roc qui lui servoit de table; c'est là qu'il faut venir , au lever du soleil lire cette lettre brûlante qui décida Julie; c'est là qu'il faut venir renouveler aux pieds de la maîtreffe le ferment de l'aimer toujours.

On s'éloigne à regret d'un lieu où les idées s'agrandissent & s'élèvent en rendant home mage au brûlant Auteur de l'Héloïse ; le cæue çit yiyement ému par le souvenir que J. J. sa

D

reposoit souvent dans cet endroit, après ayoir herborisé aux environs : ici tout est rempli de l'idée de Rousseau. C'est le droit du génie d'imprimer un carađère sacré à tous les lieux qu'il habita.

Mais reprenons le sentier : il conduit sur les bords du grand lac, à un banc ombragé par des aunes. De là vous voyez les eaux baigner les rochers couverts de roses fauvages ,

de chevrefeuils, de fapins. C'est le monument des anciennes amours. Si une barque est arrêtée sur le rivage, elle amène Julie & son amant ;

ils

parcourent ces promenades solitaires ; Saint-Preux fait remarquer à Julie leurs chiffres entrelacés, le caillou qui lui servit de burin; il lui fait lire cette inscription. Ma pur si aspre vie , nè si selvagge Cercar non so , ch'amor non venga sempre Ragionando con meco ed io con lui. PETRARCAL

« Point ne faurois trouver chemins. si difficiles ni - lieux fi sauvages, que l'Amour n'y vienne, toujours

raisonner avec moi, & moi avec lui. »

Plus loin elle voit ce passage de Pétrarque:

Chi non fa come dolce ella sospira , E come dolce parla, e dolce ride ? « Qui ne fait comme elle foupire comme ell parle , & comme elle fourit avec douceur » ?

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