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THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY,

ASTOR, LENOX AND TILDEN FOUNDATIONS.

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Il lui lit celui-ci :
Di pensier' in pensier , di monte in monte ,
Mi guida amor, e pur nel primo sasso
Disegno con la mente il suo segno.

« De pensers en pensers, de montagnes en mon> tagnes l’Amour me guide , & sur le premier rocher ► mon imagination se plaît à dessiner son chiffre ».

Ici tout est plein de l'image de Julie; elle ne peut faire un pas sans en avoir de nouvelles preuves. Madame de Wolmar, touchée de tant d'amour, va redevenir Julie; elle le craint; elle prend le bras de Saint-Preux, & lui dit: Allons-nous-en, mon ami, l'air de ce lieu n'est pas bon pour

moi. Quelle difference, me dira-t-on, monts qui s'élèvent dans les nues, de ces ro, chers qui se perdent dans les airs, de ces sapins aussi vieux que le monde, à ces objets qui sont devant moi? J'en conviens ; mais ceci en est le tableau en miniature. L'imagination qui voudroit vous transporter dans ces lieux consacrés par la profe de Rousseau agrandit les objets : si le charme de la lecture de l'Héloïse, ou les souvenirs délicieux de cet ouvrage viennent s'y joindre, alors l'il. lusion eft complète , & vous n'êtes plus à Ermenonville,

de ces

Mon conducteur, en m'avertissant qu'il falloit continuer la promenade, produisit fur moi l'effet du réveil, après un songe agréable. Je suivis le sentier le long du lac, qui, resserré par une île, prend la forme d'une petite rivière. La vue est arrêtée, à droite, par

des arbres plantés sur le rivage ; à gauche, on découvre une montagne de bruyères, couronnée d'une forêt de pins. Ce carađère sauvage & retiré prête un charme fi grand à ce paysage, qu'on ne peut s'empêcher de dire avec Roufseau :

La Nature fuit les lieux fréquentés ; c'est au fond des forêts, au fommet des montagnes, & dans les déserts qu'elle étale ses charmes les plus touchans.

Que ceux qui ne craignent ni les ardeurs du soleil, ni l'âpreté des montagnes, suivent les hauteurs du désert en côtoyant le bois de pins qui couvre le sommet de la côte. La beauté , la variété des aspe&s & des paysages qu'ils trouveront sur leur route, les dédommagera de la fatigue; mais, je le répete encore, il est des beautés dans la Nature qui ne peuvent être fenties que par des Artistes ou des gens de goût; c'est pourquoi l'on a fait passer la promenade au bord de l'eau, pour l'abréger

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& la rendre moins pénible. Les effets qu'elle présente ne sont pas aussi impofans, mais ils n'en sont pas moins agréables.

A l'endroit où la rivière vient rejoindre le lac, on traverse une chauffée qui le sépare d'avec ime autre pièce d'eau beaucoup plus petite. Ony a construit une baraque, appelée la Maison du Pécheur. C'est un banc abrités d'où l'on jouit de deux vues d'un genre différent; lune est celle du lac dans la plus grande étendue , l'autre est celle d'une partie. de l'abbaye de Chaalis qu'on aperçoit a travers les groupes d'arbres. La petite pièce. d'eau fait le devant de ce paysage, qui rappelle le genre de Ruisdall & de Vangoyen.

En quittant la maison du Pêcheur, entrez, å droite, dans un bois planté sur une côte. D'abord les arbres ne vous laissent: qu'en-trevoir les eaux du lac; mais bientôt on arrive sur ses bords, d'où l'on découvre toute la côte de J. J. & la forêt de pins. Je ne veux point essayer de décrire les charmes de cette promenade ; cette tâche seroit trop au. dessus de mes forces; je ne pourrois jamais. rendre les effets du soleil couchant, dont les derniers rayons viennent dorer les rochers, & forcer encore la teinte noirâtre des arbres xerts, le calme enchanæur qui règne autour

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