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plus loin , vous voyez quelques maisons du village paroître à travers les arbres ; elles prennent pour fond toute la masse de la forêt: à l'est, vous retrouvez les hauteurs du Désert, le lac qui vient baigner le pied des rochers de Jean-Jacques; c'est là que vous vous êtes arrêtés pour regarder un joli tableau ; c'est ici que vous avez passé : on jouit deux fois d'une promenade agréable, quand on revoit, d'un seul point, la plus grande partie du pays que l'on a parcouru.

Si vous reportez votre vue vers le nord, vous apercevez l'abbaye de Chaalis qui s'élève du milieu des bois, & qui se détache sur des fonds vaporeux, dont la teinte bleuâtre fe dégrade & s'unit avec celle du ciel ; vous découvrez aussi la côte fertile de mont Epiloy, dont le village & la tour font un fi bon effet de la terrasse du château.

· A l'ouest, au pied des côtes sablonneuses, couronnées par le bois de Perte, on voit une vigne, au milieu de laquelle est construite , à côté du pressoir, une fabrique d'une jolie forme, sur le modèle d'un temple de Baca chus , qui subsiste encore dans les environs de Rome; ce bâtiment eft le logement du Vigneron. Lorsqu'on est descendu au pied de la cour,

il

il faut prendre le premier sentier qui se pré« sente; il passe au milieu d'arbres verts, d'elpèces différentes, & se divise, à l'entrée d'une voûte de lilas', en deux branches, qui se réunissent au pont que l'on traverse pour sortir de l'île : elle est plantée d'arbustes, mais on désireroit encore y trouver des fleurs de toutes espèces, dont les odeurs parfumeroient délicieusement l'air ; l'île de Gabrielle doit être le bosquet de l'amour.

Toute la partie qui vous fait face est remplie de vignes, de potagers, & se joint à l'enclos des cultures (1); un sentier qui prend

(1) J'ai entendu dire que M. de Gérardin avoit divise en différens enclos la partie de la plaine la plus proche du village ; que son intention étoit d'y faire, bâtir des métairies, pour les donner aux gens les plus vertueux de la paroisse , d'établir un prix d'encouragement pour augmenter l'émulation, & de tâcher, par des essais sur l'agriculture , d'approcher des Anglois dans un art qu'ils ont fi fort perfectionné.

Si jamais cet exemple pouvoit déterminer à diviset les terres en petites cultures, au lieu de les réunir en une, seule ferme qui n'enrichit qu'un seul homme, tandis qu'elle suffiroit pour faire vivre dans l'aisance tous les habitans d'une paroisse, M. de Gérardin auroit rendu un grand service à ses semblables & à sa patrie ; car la source de la vraie richesse est dans l'agriculture, comme la sûreté d'un Gouvernement dans le bonheur des peuples,

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Sur la droite , vous ramène au pont du château.

C'est là que se termine une promenade de trois ou quatre heures, que j'ai dirigée par les points de vue les plus intéressans. Il est posible de trouver en Angleterre, & même en France, des jardins qui offrent quelques parties beaucoup plus belles; mais il n'en est point où l'ensemble soit ausli parfait, où le pays & les paysages offrent autant de variété, puisque, dans un espace de temps aussi court, & dans un lieu circonscrit, vous avez vu les effets les plus piquans de la Nature , lacs, cascades, rivières , ruisseaux , rochers, déserts arides, prairies, pays champêtres; enfin toutes les parties qui pourroient contribuer å l'embellissement des jardins, se trouvent réunies en un seul.

Je sais qu'il faudroit plus d'un jour pour connoître parfaitement toutes les beautés d'un parc qui a plus de deux lieues de tour, en y comprenant l'enclos des cultures : leur description exigeroit un Ouvrage beaucoup plus volumineux ; pour les rendre, il faudroit des estampes plus grandes & plus soignées ; mais mon intention, en publiant ce Livre, et seulement qu'il serve de guide à ceux qui viennent voir les jardins d'Ermescnville, qu'il en donne une idée à ceux qui ne les connoissent pas, & qu'il fixe le souvenir de ceux qui les ont vus.

APPROBATION. 'Ar lu, par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux,

, , un Manuscrit qui a pour titre Promenade ou Itiriéraire des jardins d'Ermenonville, &c.; cet Ouvrage ne contient rien qui doive en empêcher l'impre lion & le débit avec les gravures qui en font partie. A Paris, ce 22 juillet 1788.

LE Begue de Presle.

PRIVILÉGE DU ROI.

Lo

OUIS, par la grace de Dieu Roi de France & de Navarre, à nos amés & féaux Conseillers, les Gens tenant nos Cours de Parlement , Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel , Grand Conseil , Prévôt de Paris, Baillis , Sénéchaux leurs Lieutenans Civils , & autres nos Justiciers qu'il appartiendra: SALUT. Notre amé le Sieur MÉRIGOT l'aîné, Libraire à Paris , nous a fair exposer qu'il désireroit faire imprimer & donner au Public les Proinenades ou itinéraire portatif des jardins d'Ermenon. ville , orné d'Estampes par M***. s'il nous plaisoit lui accorder nos Lettres de Privilége pour ce nécessaires. A ces CAUSES, voulant favorablement traiter l'Exposant, nous lui avons permis & permettons par ces présentes de faire imprimer ledic Quvrage autant de fois que bon lui semblera , de le vendre, faire vendre & débiter par couc notre Royaume pendant le temps de dix années consécutives, à compter de la date des Présentes. Fai. fons défenses à tous Imprimeurs, Libraires & autres personnes, de quelque qualité & condition qu'elles soient, d'en introduire d'impreliion étrangere dans aucun lieu de notre obéissance ; comme aussi d'imprimer ou faire in primer, vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Ouvrage, sous quelque prétexte que ce puille être , sans la permission expresse & par écrit dudic Exposant, ses hoirs ou ayans cause, à peine de saisie & de confiscation des exemplaires contrefaits , de fix mille livres «l'amende, qui ne pourra être modérée , pour la premiere fois; de pareille amende & de déchéance d'écar , en cas de récidive, & de tous dépens, dommages & intérêts, conformément à l'Arrêt du Conseil du 30 Août 1777 , concernant les contrefaçons i à la charge que ces

Présentes seront enregistrées tout au long sur le Registre de le Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris, dans trois mois de la date d'icelles ; que l'impression dudit Ouvrage sera faite dans notre Royaume & non ailleurs , en beau papier 85 beaux cara&teres , conformément aux Réglemens de la Librairie, à peine de déchéance du présent Privilége ; qu'avant de l'exposer en vente , le manuscrit qui aura servi de copie à l'impression dudit Ouvrage, sera remis dans le même état où l’Approbation y aura été donnée , ès mains de notre très-cher & féal Chevalier, Garde des Sceaux de France, le sieur DE LAMOIGNON , Commandeur de nos Ordres ; qu'il en sera ensuite remis deux exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, uu dans celle de notre trèscher & féal Chevalier , Chancelier de France le lieur DE MAUPEOU, & un dans celle dudit lieur de LAMOIGNON. Le tout à peine de nullité des Présentes ; du contenu desquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Exposant & ses ayans cause pleinement & paisiblement, sans souffrir qu'il leur soit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie des Présentes , qui sera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, soit tenue pour dûment signifiée, & qu'aux copies collationnées par l'un de nos amés & féaux Conseillers-Secrétaires, foi soit ajoutée comme à l'original. Commandons au premier notre Huissier ou Sergent sur ce requis, de faire pour l'exécution d'icelles tous actes requis & néceslaires , fans demander autre permission , & nonobstant clameur de Haro, Charte Normande, & Lettres à ce contraires. Car tel est notre plaisir, Donné à Versailles, le deuxieme jour du mois de Juillet, Pan de grace mil sept cent quatre-vingt-huit , & de notre Regne le quinzieme. Par le Roi en son Conseil.

L E B E G U E.

Registré sur le Registre XXIII de la Chambre Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris, no. 1687 , fol. 5,9! ,, conformément aux dispositions enoncées dans le présent Privilege ; & à la charge de remettre à ladite Chambre les neuf exemplaires prefcrits par l'Arrét du Conseil du 16 Avril 17850 A Paris, le si Juilles 1788. KNAPEN, Syndic,

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