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étoiles ont répandu leur lumiére, chacune en sa place : il les a appellées, en elles ont répondu , CHAP. I. Nous voici ; elles ont pris plaisir à luire pour leur Créateur. Ce langage fi différent de la simplicité de celui de la Genese, étoit proportionné aux besoins de l'homme. Dieu

s pour lui Rom. 1. 29 rendre sensibles la fageffe & fa puissance, n'avoit ce semble qu'à expofer devant lui le fpeetacle merveilleux du ciel & des astres. Il ne faut que des yeux pour en être frappé, & un peu de réflexion pour en reconnoître l'auteur. Les lumiéres qui y brillent de toutes parts le découvrent. Mais l'homme s'est conduit au milieu d'une si vive lumiére, comme un aveugle ;. & il a été lourd à la voix de toutes les créatures , qui publioient la grandeur de Dieu. Il a vû tous les joars luire sur fui le soleil, & toutes les nuits l'innombrablc armée des étoiles former au-dessus de sa tête un camp lumineux fans y faire aucune attention. C'est pour le tirer de cette espéce d'assoupissement , & pour lui reprocher sa stupidité & son ingratitude , que les prophétes semblent emprunter le fon de la trompette dans les inagnifiques descriptions qu'ils font des merveilles de la nature: Levez les yeux en haut , lui crie Isaïe , e re- Isaï. 40: 26; gardez. Qui est celui qui a créé toutes ces choses ; qui fait marcher avec tant d'ordre l'armée des étoiles, ego qui les appelle toutes par leur nom å Il n'y en a pas une qui se dérange , tant est grana de la force on fa puissance.

[Que les eaux produisent des animaux vivants qui nâgent dans l'eau, e des oiseaux qui volent , doc.) Dicu commence au cinquiéme jour à étaser des merveilles d'un genre tout nouveau. L'eau & l'air se trouvent tout d'un coup peuplez d'une multitude innombrable d'êtres ani.

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mez, en qui l'on voit une variété éconnaiite CHAP. I. de mouvements qui paroissent libres, & à qui

Dieu donne la force, l'industrie, le difcerne-
ment, la prévoyance , la ruse pour la conser-
vation de leur vie, & la fécondité pour la mul-
tiplication de leurs espéces. Les poissons & les
oiseaux sont tirez de la même mariére, c'est-
à-dire de l'eau , fans néanmoins se ressembler
en rien , si ce n'est en ce que Dieu a donné aux
uns & aux autres des rames naturelles qui leur
font fendre les eaux & les airs. Les poissons
n'ont, ce semble, qu’une tête & une queue :
ils font sans pieds & sans bras : rien ne pa-
roît en eux propre au mouvement. Cependant
avec si peu d'organes extérieurs , ils sont plus
agiles & plus prompts que s'ils avoient plu-
fieurs mains & plusieurs pieds ; & l'usage qu'ils
font de leurs queues & de leurs nageoires, les
pousse comme des traits , & semble les faire vo-
ser. Comme l'eau où ils vivent ne leur produit
point de quoi se nourrir , la principale ressource
de ces animaux voraces est dans la force, la
violence & la ruse : ils s'attaquent & se dévo-
rent mutuellement, & les petits sont la proie
des grands ; fans que cette guerre sanglante
& ce cruel acharnement , qui durent depuis
l'origine du monde , aient encore détruit ‘au-
cune de leurs espéces ; parce que la Providence
qui veille à leur conservation, les multiplie
d'une maniére li prodigieuse, que ce qui s'en
détruit est toujours fort au-dessous de ce qui sert
à les renouveller.

Les oiseaux nous sont plus connus. Qu'on
observe la légéreté de leur vol, la douceur de
leur chant, l'admirable structure de leurs nids
leur pénible assiduité à couver leurs æufs ; leurs
[endres soins pour leurs petits ; & qu'on falle

:

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attention qu'ils sçavent toutes ces choses prelque en naissant, & qu'ils les obfervent , cha- CHAP. I.

, cun dans son espéce, avec une constante uni. formité, sans avoir jamais eu de maître , ni vû de modéle ; on ne pourra s'empêcher de reconnoître qu'une souveraine intelligence préside à toutes ces opérations ; & l'on s'écriera avec le prophéte dans les transports d'une religieuse admiration : La vue de vos ouvrages, Seigneur, Pl. 91.46 me remplit de joie 5 deo je suis dans le ravissement, en considérant les ouvres de vos mains. O sein gneur , que vos ouvrages sont magnifiques ! que

! vos desseins sont profonds en impénétrables ! L'homme hébété don stupide n'y comprend rien : la Pinsensé n'y fait aucune réflexion. Quelle ftupidité en effet , d'avoir sous les yeux tant de merveilles , & de n'y réfléchir non plus que

des enfants ! Quelle folie de perdre tant de temps à des lectures ou pernicieuses, ou inutiles; au lieu de l'emploier à lire le grand livre de la nacure , qui est toujours ouvert,

ou tout nous élea ve à Dieu , & nous invite à l'adorer & à fui rendre graces!

[ Que la terre produise des animaux vivants de toute espéce.... Et cela se fit ainsi JDieu, après avoir créé les poissons & les oiseaux, fait sora tir de la terre toutes les espéces d'animaux qui doivent la peupler : 1o animaux domestiques destinez à vivre avec l'homme , pour l'aider de leur force ou de leur industrie , le nourrir de leur lait, le vétir de leur laine : 2o. bêtes fauvages , qui habiteront dans l'es bois & dans les folitudes ; & dont les unes plus paisibles , comme le cerf, se nourriront d'herbes, de grains & de fruits ; les autres plus cruclles, comme le lion & le loup , chercheront à vivre de sang & de carnage : 3o. insectes , à qui leur peau cient

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fieu d'os ; & dont les uns marchent simple. CHAP. I. ment , comme la fourmi &- l'araignée ; les au

tres volent , coinine la mouche & le haneton :
4°. reptiles , qui n'ayant point de pieds, s'avan-
cent en allongeane & accourcissant succeflive-
ment les différentes parties de leurs

corps , com-
me le ver ; ou se glissent avec une incroyable
vitesse , comme le ferpent. Que de prodiges opć-
tez tout à la fois par une seule parole! Le plus
perit insecte que nous foulons aux pieds
& que nous cherchons à détruire parce qu'il
nous incommode , en offre une infinité à notre
adıniration dans la variété & la délicatesse de
fes organes , dans le choix qu'il fait de ce qui
lui est utile, dans l'attention à éviter tout ce
qui lui est contraire, dans les précautions qu'il
prend pour se perpétuer. Un ciron, par exem-
ple , qu'à peine les yeux apperçoivent , a des
jambes avec des jointures , puisqu-il marche : il
y a des veines dans ces jambes, du sang dans
ccs veines

des humeurs dans ce fang, des
gouttes dans ces hameurs, des vapeurs dans ces
gouttes : les ressorts & les nerfs qui servent aux
divers mouvements de ce petit corps , sont à
proportion aussi délicats

que ceux

du
corps

hu-
main , dont plufieurs échappent à nos yeux. Ce-
pendant le ciron eft lui-même un gros animal,
fi

compare avec d'autres insectes, dont on découvre des millions à l'aide du microscope dans une quantité presque imperceptible d'une certaine écume. Leur extrême periteffe ne pernet presque pas de distinguer leur figure : mais la rapidité de leurs mouvemens démontre qu'ils sont vivants ; & parfaiteinent organisez dans la même proportion que le ciron. Je me perdois tout à l'heure dans l'étendue immense des cieux : maintenant je me perds dans la petitesse in

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maux

cancevable où la matiére peut être réduite. C'est des deux côtez un abîme dont la profondeur CHAP. I. m'épouvante ; & dans le transport de mon étonnement je m'écrie avec le Sage, Qui sera ca- Eccli. 18. 2 pable de parler des ouvrages du Seigneur ? Qui pourra pénétrer ses mervilles ? qui pourra exprimer la puissance doo sa grandeur ?... Lorsque V..6 t'homme sera à la fin de sa recherche , il trouvera qu'il ne fait que commencer ; des après qu'il s'y fera long-temps appliqué, il ne lui en demeurera qu'un profond étonnement.

Mais l'homme n'a pas seulement dans la création des poissons, des oiseaux & des animaux terrestres, de quoi admirer : il y trouve encore de quoi s'instruire de fes devoirs. Le Créateur a pris plaisir à les lui montrer dans plusieurs ani

& les différents instincts qu'il leur a donnez, sont autant de leçons pour nous , qu'il veut que nous étudiions. J'ai nourri des enfans , 1fa1. 1. 2. 3.7 dit-il

par l'un de ses prophétes , don je les ai élevez; ergo après cela ils m'ont méprisé. Le boeuf connoît celui à qui il appartient ; don l'âne, l'étable de son maître: mais Ifraël ne me connoît point , do mon peuple n'a point d'intelligence, Un autre prophére reproche au même peuple d'ignorer ce que sçavent les oiseaux , & de ne pas discerner les temps propres & favorables,

a ni les signes qui les prédisent. Le milan connoît Jer. 8.9 dans le ciel quand son temps est venu : la tour, terelle, l'hirondelle , la cicogne sçavent discerner la saison de leur passage : mais mon peuple n'a point connu le temps du jugement du Seigneur. Le Sage renvoie le paresseux à la fourmi, qui Prov. 6 n'ayant ni chef, ni maitre,ni prince , fait néan. 6.7.8. moins fa provision durant l'été, dos amasse pendant la moisson de quoi se nourrir. Et il veur qu'en considérant sa conduite il apprenne à deure nir fage.

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