Imágenes de páginas
PDF
EPUB

ce

[ocr errors]
[ocr errors]

ce

[ocr errors]

bienfait qu'il leur offre, comme à des gens qui CH. XII. en ont be oin; mais une grace & un honneur

qu'il follicite pour lui-même avec les plus vie ves instances ; & il emploie pour l'obrenir, toit ce qu'il cioit êt :e le plus capable de les persuader : en un mot il fait par

le mouvement d'une charité sincére, tout ce que la pluspait des hommes font tous les jours par un principe tout contraire , qui est la cupidité. Celt que

saint homme , qui vivoit de la foi , étoit A4. 20, 35. très-persuadé de cette vérité enseignée depuis

par Jesus-Christ , que c'est un plus grand bon-
heur de donner que de recevoir ; parce que celui
qui reçoit , reçoit un bien qui ne peut pas al-
fer au delà de la vie présente ; au lieu que
lui qui donne à son frére ce bien de fi

peu

de valeur, en recevra une récompense éternelle.

Nous verrons bientôt Lot neveu d'Abraham exercer l'hospitalité avec une charité aussi pres

fante & aulli ingénieuse. Et S. Paul ayant eu Web: 13. 2.

vûe l'exemple de ces deux jültes , la recommande aux Chrétiens par cette raison , que Quel ques-uns en la pratiquant , ont logé chez eux des Anges sans les connoître. Quel est l'homme er cffet , qui-ne fetînt fort honoré & fort heureux de recevoir un Ange sous une figure humaine? Cependant c'est encore trop peu pour celui qui alliste un pauvre ; puisque celui à qui il rend ce devoir de charité, n'est pas un Ange , mais

Jesus-Christ même caché dans la personne de What; 25.40.

ce pauvre. Je vous le dis en vérité; autant de fois que vous avez rendu ces devoirs à l'un des moindres de mes fréres y c'est à moi-même que vous les avez rendus.

[ Un peu d'eau pour vous laver les pieds. La 1. Tim. si

coutume de laver les pieds aux hôres a duré long-temps ; & S. Paul met geite: action >>

[ocr errors]

Explic, de

[ocr errors]

noinbre de celles qui rendent une veuve digne d'être choisie pour servir l'Eglise. Dans les pays CH. XII. chauds, où l'on marchoir les pieds nuds avec des sandales , & quelquefois sans sandales, les voyageurs avoient besoin de fe laver les pieds, pour les nettoyer , & se rafraîchir.

[ Que je vous ferve un peu de pain. ] Le pain se prend communément dans l'Ecriture pour toute sorte de nourriture nécessaire à l'homme.

[C'est pour cela que vous êtes venus chez votre serviteur. Cela ne signific pas qu'ils étoient la Gen, to. so venus près de lui , afin d'être invitez ; ce qui eft fort éloigné de la pensée d'Abraham: mais que ce n'étoit point par hazard , ni sans une Providence particulière de Dieu, que leur chemin les avoit conduits fi près de la tente. Comme s'il leur avoit dit : Dieu vous a fait tom. ber dans mes mains : il vous a conduits par un dessein de miséricorde

pour

moi dans un lieu ou j'habite. Ne vous opposez pas à l'honneur qu'il a voulu me procurer..

[ De faire cuiri au plus vite des pains sous la cendre.] C'étoient des pains de la plus pure farine délayée fans levain, qu'on faisoit cuire entre deux cendres, à peu près comme ces gâa

à teaux qu'on fait cuire aujourd'hui dans une tourtiere couverte. Ces fortes de pains étoient prompts à cuire & à fervir.

[ Il courut lui-même à son troupeau, dot. ] Abraham cet homme si riche , qui alloit de pair avec les rois , & qui avoit un fi grand nombre de domestiques, travaille lui-même comme l'un d'eux : & Sara à son exemple ne croit pas s'avilir en s'occupant aux choses du ménage. Nous ne devons pas négliger de remarquer ces précieux vestiges de la simplicité des meurs anciennes, dont la suite des mours nous four

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

Ch, IT

nira beaucoup d'exemples. Nous y apprenons CH. XII. que les richesses & le

rang
n'étoient

pas

des titres qui donnaffent droit de passer la vie à dormir, à jouer, à se promener, à rendre & à recevoir des visites. On avoit des valets & des servantes, comme en ont encore aujourd'hui les plus riches laboureurs, non pas pour demeurer soi-même à rien faire, mais pour en être aidé dans les travaux du dedans & du dehors. On ne faisoit point faire par d'autres tout ce qu'on pouvoit faire par soi-même ; & l'on ne s'étoit pas encore avisé, avec une pleine santé, & dans la plus grande vigueur de l'âge , de se faire peigner & habiller comme de petits enfants , ou des vieillards infirmes & décrépits.

[ Sara se mit à rire secrettement. ] Abraham avoit ri aussi pour le même sujet : mais celui qui connoît le fond des cæurs, a fait voir par le jugement différent qu'il a fait de deux actions toutes semblables ; que le ris d’Abraham étoit un ris d'admiration & de joie ; & que celui de Sara étoit un ris de doute & de deffiance. Au reste , comme ce doute venoit plutôt d'un deffaut de réfexion, que d'un fonds d'incrédulité ; il fut bientôt après dissipé par la foi qui

prit le dessus , selon le témoignage que lui Heb.id, 114

rend l'Apôtre S. Paul: C'est par la foi que Sara, toute stérile qu'elle étoit , dos hors d'âge d'avoir des enfants , reçut la vertu de concevoir , parce qu'elle crut fidelle don véritable celui qui le lui avoit promis.

[ Mon Seignenr étant vieux auffic] S. Pierre exhortant les femmes chrétiennes à imiter

l'exemple des saintes femmes de l'Ancien Tel1. Pier. 3. tament , qui espéroient en Dieu , & qui étoient f.& 6.

soumises à leurs maris, propose en particulier

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

>

[ocr errors]
[ocr errors]

velui de Sara , qui obéiffoit, dit-il, à Abraham, l'appellant son Seigneur. Elle l'appelloit ainsi, CH. XII, même en fecrer , & sans être entendue ; marque qu'elle ne songcoit point à lui plaire par ce terme de respect, mais qu'elle l'honoroit ainfo dans le fond de son cæur.

[ Pourquoi Sara a-t-elle ri? .y a-t-il rien de difficile à Dieu? ] Voilà ce qu'Abraham avoit mieux entendu que Sara. Rien n'est difficile la Gen. co.3a

Explic, de à Dieu : rien ne lui est plus ou moins facile. Il n'y a jamais d'obstacles à son égard. Tout ce qui est naturel , n'est tel que parce qu'il l'a voulu. Une Vierge peut être féconde : une femme âgée & stérile peut devenir mére, parce que ni la virginité ni la vieillesse ne sont ftériles, que parce que Dieu l'a ainsi ordonné.

[Sara toute épouvantée dit qu'elle n'avoit pas ri. ] La premiére ressource que l'homme trouyc dans lui-même, quand il a fait une faute, c'est le mensonge. Sara qui avoit été

peu arrentive au Coûris dont on la reprenoit, comprit alors que sa faute étoit plus grande qu'elle n'avoit pensé. Aussitôt la crainte, la surprise, letrouble où elle se trouva, la lui firent désavouer. Mais ce défaveu en étoit une seconde , que Dieu

par

miséricorde lui fit connoître für le champ. Car quoiqu'un mensonge de trouble & de surprise, tel que celui-là, ne soit pas criminel, comme un autre qui auroit été prémédité & foutenu ; il n'est

pas

néanmoins innocent , parce que rien de ce qui contredit la vérité ne le peut être.

[ Pourrois-je cacher à Abraham ce que je dois faire ? ) Rien ne peut égaler la bonté que Dieu témoigne par ces paroles. C'est un ami , qui n'a rien de caché

pour son ami ; qui lui ouvre fon cæur , & qui lui fait confidence de fes def

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

Aug. Couf,

seins les plus secrets. Plufieurs Péres de l'Eglise CH. XII. ont cru que l'Ange qui s'entretient ici avec

Abraham , représentoit le Verbe divin , qui de

voit naître de lui selon la chair. Ces paroles en Jean.I sons. effet ressemblent assez à ce que le Verbe incar

né dit depuis à son Apôtre : Je ne vous donnea rai plus le nom de servireurs , parce que le servi. teur ne sçait pas ce que fait son maitre : mais je vous ai donné le nom d'amis , parce que je vous ai découvert tour ce que j'ai appris de mon Péro. Amitié ineffable & incompréhensible , qui unit la créature au Créateur , & qui semble égaler en quelque sorte deux choses fi inégales. Combien est-elle admirable en Dieu ! combien

doit-elle être précieuse à l'homme ! On entre 1.1.c, 8. prend tout , on s'expose à tout pour gagner

l'amitié & la confiance des Grands. O qu'il en coûte bien moins , disoit un Courtisant désabusé, pour être ami de Dieu ! Il n'y a qu'à le vouloir; dos fi je le veux , je le serai dans ce moment.

(Car je le connois, on je sçai qu'il ordonnera à ses enfants don à tous ses descendants, de garder la voie du Seigneur , do d'agir selon l'équité de la justice. ] C'est la raison que Dieu donne de cette étroite communication qu'il a avec Abraham, & de la familiarité avec laquelle il lui parle. Il connoît son amour pour lui, son zéle pour sa gloire, le soin qu'il aura de faire connoître son saint nom , & de raconter ses æuvres & ses miséricordes à sa famille ; d'en faire passer la mémoire à ses descendants; de leur inspirer la crainte de Dieu,& de leur recommander par

son exemple encore plus que par les paroles , la justice & la piété. Tel est le devoir d'un pére de famille envers ses enfants & les domestiques, les instruire de la religion, & faire tout ce qui dépend de lui pour les porter

[ocr errors]
[ocr errors]
« AnteriorContinuar »