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e-point du jour , prit les deux femmes --& les deux servantes, avec ses onze fils, Ch.XXIV. & pasla le gué de Jaboc. Après qu'il les eut fait paller au-delà de ce torrent , comme il étoit demeuré seul, il parut un homme , qui lurra contre lui jusqu'au grand jouri Cet homme voyant qu'il ne pouvoit le surmonter, lui toucha la cuiffe, & le rendit boiteux. Puis il lui dit : Laissez-moi aller ; car l'aurore com: mence à paroître. Jacob lui répondit : Je ne vous laisserai point aller que vous ne m'ayez béni-Et il l'en conjura avec Osée szi 53 larmes. Cet homme lui dit: Comment vous appellez-vous ? Il répondit : Je m'appelle Jacob. Et cet homme ajouta : Désormais on vous appellera Israël : car si vous avez été fort contre Dieu , combien plus le ferez-vous contre les hommes ? Jacob l'interrogea à son tour : Dites-moi , je vous prie , votre nomi Pourquoi, répondit-il voulez-vous sçavoir mon som? Er il le bénit en ce me

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me lieu.

Jacob en étant parti au lever du sokil, vit venir de loin Esaü avec quatre cents hommes. Auflitêr il partagea sa famille en trois bandes. Les deux fervantes avec leurs enfants étoient à la tête : ensuite Lia & ses enfants : R20 chel & Joseph marchoient les derniers,

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:

Pour lui , s'avançant le premier de tous, C1.XXIV. il se prosterna jusqu'à sept fois , en s'ap

prochant de son frére. Esaü courut audevant de lui , l'embrassa tendrement, & le baisa en verfant des larmes. Puis ayant levé les yeux, & appercevant les

, enfants de Jacob avec leurs mérés, il lui dit : Qui font ceux-ci ; font-ils à vous ? Ce font, répondit Jacob; lesen, fants que Dieu a donnez à votre serviteur, Alors ils s'approchérent tous , & le saluerent profondément. Efaü lui dir ensuite : Qu'est ce que c'est que ces troupeaux que j'ai rencontrez Jacob répondit : Je les ai envoyez à mon Sei-:gn:ur , pour trouver gcace devant lui. Mon frére, dit Esaü , j'ai des biens en abondance : gardez ce qui est à vous. Jacob répondit: N'en usez pas

ainsi avec moi, je vous prie: mais si j'ai trouvé gface devant vous, recevez de ma main ce petit présent, que je tiens de la li béralié de Dieu qui donne toutes chofes. Esaü së rendit avec peine à fes ing" stances. Puis il lui dit: Marchons, & je. vous accomp:gnerai. Jacob répondit : Vous voyez, mon Seigneur, que ces enfants sont encore petits , & que j'ai des brebis & des vaches pleines. Sijeles fatigue en les poussant durant un jour feulement; tous mes troupeaux pérüont.

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.

Que mon Seigneur marche , s'il lui plaî:, devant lon serviteur ; & j'irai Ch.XXIV. tout doucement au pas de mes bestiaux & de mes petits enfants. Je vous prie , dit Esaü, qu'il demeure au moins quel ques-uris de mes gens avec vous. Cela .. n'est pas nécessaire, répondit Jacob: Je "n'ai besoin

que

d'une seule chose, mon Seigneur, c'est de trouver grace devant vous. Ils se séparérent ainsi

. Esaü s'en retourna dans le pays où il s'étoit établi; & Jacob alla habirer dans le pays de Chanaan , d'abord à Sochoth , & enfuite près de la ville de Sichem , où il : acheta des enfants d'Hemor prince de ce pays-là, une partie du "champ où il avoit drelfé ses tentes. Il y éleva un autel, & invoqua le tout-puissant Dieu d'Israel.

ECLAIRCISSEMENTS ET REFLEXIONS.

[ Des Anges de Dieu vinrent à sa rencontre, Et les ayant vâs, il dit : C'est ici le Camp de Dien. ] Le mot Hebreu marque

deux

camps ou deux armées. Jacob près de sortir de la terre de Chanaan ; avoit été consolé par une vision, où Dieu lui promit d'être avec lui. A son retour, Dieu lui donne une nouvelle affurance de la protection par deux armées d'Anges ; qui marchent à ses côiez, & qui sont commises à fa' garde. Il est écrit dans ls Pseaur.es , que Genes, io. ad les Anges eampent ainfi Autour de ceux qui craiPS: 33. 8.

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gnent Dieu. La montagne ou Elisée paroisscht CH.XXIV.

être seul & sans deffense, étoit pleine de che4. Rois. 6. vaux & de chariots de feu. Le Julte n'est jamais 17. feil, lors même qu'il paroît le plus délaissé

. Esaü à la têre de quatre cents hommes eft

moins bien accompagné que Jacob , qui n'à Prov.18. 10. avec lui que des enfants & des bergers. Le nom

du Seigneur est une forterele invincible : le fufte y a recours , do y troure la sureté..

[ Jacob saisi de crainte, ec.) Jacob'étoit plein de foi : mais la foi est moins agissante que les sens ; & les justes mêmes dont le cœur est le mieux affermi dans la confiance au secours de Dieu , ont peine à se deffendre des vives im, pressions que fait sur leurs sens le péril présent. Mais par un effet de la bonté de Dieu, qui fait tout servir au bien de ceux qui l'aiment , cette foiblesse contribue à les rendre plus humbles & plus persévérants dans la priére. Leur confiance pourroit dégénérer en une oisive sécurité, s'ils yoyoient le secours que Dieu leur prépare, comme ils voient le danger qui les menace.

[ il fit à Dieu cette priére, etc.) Priére touchante, & pleine de sentiments admirables de confiance, d'humilité, & de reconnoissance. Dieu d' Abraham mon pére, Dieu de mon pére Isaac. Ce Dieu est le Tout-puissant , l'Eternel, le Saint, le Jufte : mais il semble que Jacob oublie dans ce moment tout ce que l'idée de Dieu présente de plus grand , pour ne voir en lui

que la qualité aimable & consolante d'ami & de protecteur de ses péres. Seigneur , qui m'avez dit , Retournez au pays de votre naissance. Il lui représente qu'il est, comme ses péres, fous sa main; qu'il s'est toujours abandomé à fa co duite ; & qu'il n'a fait aucun mouvement quc par ses ordres. Quel motif plus puiilany

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pour engager Dieu à ne nous point abandonher , que de pouvoir lui dire qu'on n'est exposé Ch.XXIV. au danger, que parce qu'on a été fidélle à lui obéir ? Et je vous comblerai de biensoJ'ai fait , Seigneur ce que vous m'avez commandé. N'ai-je pas quelque droit d'espérer que vous exécuterez ce que vous m'avez promis ? Je

suis , il est vrai, indigne de toutes vos miséricordes. Je ne mérite rien, parce que je suis pécheur ; & vous pouvez me refusertout sans

que j'aie droit de me plaindre. Aufli ma confiance n'est-elle. point fondée sur mes mérites, mais uniquement sur vos promesses. Vous pouviez me ra= mener ici ausli dénué & aussi pauvre que j'en trois parti. Mais vous m'aviez promis que vous seriez avec moi ; & je reviens comblé de vos dons , avec une noinbreuse famiHe, & de grandes richesses. La fidélité avec laquelle vous avez jusqu'ici accompli vos promesses, me répond de ce que je dois attendre pour la suite. Conservez-moi donc, Seigneur

ce que je viens de votre libéralité. Ne fouffrez pas qu'un frére irrité me ravisse vos doirs, ni qu'if anéantisse la vérité de vos paroles, en faisant périr une famille , dont vous vous êres déclaré le protecteur, que vous devez multiplier à l'infini , & qui rená ferme l'espérance de l'Univers.

[ il fit partir les troupeaux, doc. jusqu'à ce mor, favorablement. 1 Jacob unit deux devoirs également nécessaires. Il prie Dicu d'arrêter les effets de la colére d’Esaü ; & it emploie en même temps tous les moyens imaginables pour l'appaiser. Les vrais ferviteurs de Dicu, dans les difficultez & les périls où ils se trouvent n'attendent rien ni d'eux-mêmes, ni de quel que créárure que ce soit. Toute leur ressource elt dans la bonté & la puissance de Dieu. Ils

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