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qu'on leur offre, en s'imaginant qu'on le mai CHAPITRE à un trop haut prix. XXIX. Car il faut acherer ce bled

pour en avoir ; & Iiv. u Par. Jeļus-Christ le vend aux hommes. Mais le prix 1.04.5,,7

qu'il en exige , dit S. Ambroise, n'est pas de l'ar. gent : c'est la foi, de les sentiments d'une piété fincére. Or c'est de lui-même que vient la foi & la piété. Ainsi il vend , & donne gratuitement tout ensemble, puisque lui-même donne de quoi achèter ce qu'il vend. Allons donc à lui , ajoute ce saint Docteur, pour acheter de quoi nous nourrir dans la faim qui nous presse. Que personne ne soit arrêté par la vûe de sa propre indigence. Que ceux qui n'ont point d'argent ne craignent point : ce n'est pas avec de telles richesses qu'il faut s'approcher de Jesus-Christ ,mais avec la foi,qui est une monnoie tout autrement précieuse. Aussi le Prophéte Isaïe dit-il , Venez aux eaux, vous tous qui avez soif ; do vous qui n'avez point d'argent, accourrez , achetez, og mangez. og $ $$$$$$$$$$$$$$$$$$ 6.6

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CHAPITRE XXX.

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Enfants de Facoben Egypte. Ils sont traitez

durement par Joseph, á renvoyez en-
suite avec du bled ő leur argeeni. Ordre
d'amener Benjamin. Simeon demeure
pour ôlage. Gen. 42.
ACOB ayant appris qu'on vendoit

du bled en Egypte , commanda à ses enfants d'y aller. Ils partirent au nombre de dix. Car Jacob retint Benjamin

auprès

An du M. 4297

J

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auprès de lui, de peur, dit-il, qu'il ne lui arrive quelque accident fâcheux C H A P. dans le chemin.

XXX. Erant arrivez en Egypte , ils parulrent devant Joseph , & l'adorérent. Joseph les reconnut d'abord ; & en les voyant profternez devant lui, il se souvint des fonges qu'il avoit eu autrefois : mais il ne se fit point connoître à eux. Il leur parla même fort durement: D'où venez-vous , leur dit-il ? Ils répondirent : Nous venons du pays de Chanaan pour acheter des vivres. Joseph repartit : Vous êtes des espions. Vous êtes venus pour reconnoître les lieux les moins fortifiez du pays. Non, mon Seigneur , répondirent-iis , vos serviteurs font venus seulement pour

acheter des vivres. Nous sommes douze fréres , tous enfants d'un même homme, qui demeure dans le pays

de Chanaan. Le dernier de tous est avec notre pére , & l'autre n'est plus. Hé bien , reprit Joseph , je m'en vais éprouver si vous dites la vérité. Vous ne partirez point d'ici, que votre plus jeune frére ne soit venu. Envoyez l'un de vous pour l'amener. En attendant vous demeurerez prisonniers : car assurément vous êtes des espions. Il les fit donc mettre en prison pendant trois jours. Tome I.

T

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Le troisiéme jour il leur dit : Faites C HA P. ce que je vais vous dire , & vous viXXX

vrez : car je crains Dieu. Si vous m'ayez parlé selon la vérité, que l'un de vos fréres demeure dans la prison où vous avez éré. Vous autres, allez-vousen : emportez du bled pour le besoin de vos familles , & amenez-moi votre jeune frére. Il fallut y consentir : & ils se disoient l'un à l'autre en leur langue ; C'est avec 'justice que nous souffrons tout ceci , parce que nous avons péché contre notre frére. Nous le voyions accablé de douleur , lorsqu'il nous prioit d'avoir pitié de lui : mais nous ne voulûmes pas l'écouter. C'est pour cela que ce malheur nous est arrivé. Ruben lun d'entre eux leur difoit : Ne vous le disje pas alors , Ne vous rendez point coupables d'un si grand crime contre cet enfant. Cependant vous ne m'é. courâtes point. C'est son sang mainte

Dieu vous redemande, En parlant ainsi, ils ne sçavoient pas que Joseph les entendît, parce qu'il leur parloit par interpréte. Il se retira pour un moment, & versa des larmes : puis il rentra pour leur parler. Alors il fit

prendre Siméon, & le fit lier devant eux : puis il commanda secrettement à ses officiers d'emplir leurs sacs de bled,

nant que

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d'y remettre leur argent, & de leur donner avec cela des vivres pour leur C H A A.. voyages. Ces ordres furent auflitôt exé. XXX. cutez , & ils partirent avec leurs ânes chargez de bled.

L'un d'eux ayant ouvert son sac dans l'hôtellerie pour donner à manger à fa bête , trouva son argent à l'entrée du sac. Il le dit à ses fréres , qui en furent fort étonnez ; & ils se diloient l'un à l'autre : Qu'elt-ce que ceci que Dieu nous a fait ? Mais leur éronnement fut bien plus grand , lorsqu'étant arrivez chez leur pére , ils trouvérent tous à l'entrée de leurs sacs l'argent qu'ils avoient donné. Ils racontérent à Jacob

tout ce qui leur étoit arrivé , l'emprii fonnement de Siméon, & l'ordre exprès

qu'ils avoient reçû de mener Benjamin en Egypte. Alors Jacob leur dit : Vous m'avez réduir à être sans enfants. Joseph n'est plus; Siméon est en prifon; & vous voulez encore m'enlever Benjamin. Ruben lui répondit : Confiez-le-moi : je vous le rendrai certainement. Si je ne vous le ramene, faites mourir mes deux enfants. Non, dit Jacob , mon fils n'ira point avec vous. Car s'il lui arrivoit quelque malheur comme à son frére, vous accableriez

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ma vieillesse d'une douleur qui m'em CH. X X. porteroit dans le tombeau.

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ECLAIRCISSEMENTS ET REFLEXIONS.

Nous suivons dans cette seconde partie de l'histoire de Joseph , la même méthode que dans la premiére. La lettre de l'histoire nous fournira d'abord quelques sujets de réflexions sur chaque chapitre. Ensuite nous tâcherons d'en pénétrer l'esprit , & d'y découvrir la suite du mystére de Jesus-Christ.

[Ils parurent devant fofeph, dus l'adorérent.) Adorer , dans le langage de l'Ecriture & de l'Eglise, signifie fimplement se prosterner, quand il se rapporte aux créatures. C'étoit alors, & c'est encore aujourd'hui l'usage des Orientaux , de fe profterner le visage con

tre terre devant les perionnes à qui l'on Genes. to. 3. ble soumission, ou demander quelque grace.

veut marquer un profond respect & une humLes fréres de Joseph l'adorérent de cette forte. Et voilà ce qu'ils avoient tant appréhendé, ne fçachant pas l'intérêt qu'ils avoient de le reconnoître pour maître. Plus ils se sont efforcez de s'en rendre indépendants , plus ils ont contribué à l'écablir sur leurs têtes. Ils n'ont pû cn fupporter la vûe quand ils l'avoient dans leur famille ; & ils vont le chercher en Egypte, pour fe prosterner à ses pieds, Iļs l'ont renoncé, & lui ont voulu ôter la vie, quand son pére l'a envoyé vers eux ; & ils sont contraints de paroître devant lui, pleins de crainte & de tremblement. Nous l'avons déja dit plus d'une fois : mais ne nous laffons point de le dire , parce que c'est une vérité dont retentissent toutes

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