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les pågés de l'Ecriture. En vain l'homme s'oppose aux desseins de Dieu. Tout ce qu'il a ré-C HA P. solu , arrivera , parce que la parole est toute- XXX, puissante; & qu'aucune créature , ne peut ni en empêcher , ni en retarder l'effet. Ma parole qui

1fa. 25.11. fort de ma bouche , dit le Seigneur , ne retournera point à moi sans effer ; mais elle fera tont ce que je veux ; dyr elle produira l'effet pour lequel je l'ai envoyée.

[Joseph repartit : Vous êtes des espions. ] Le dessein de Joseph , en accusant ses fréres d'être des espions , étoir de les obliger à lui dire des nouvelles de leur pére & de Benjamin , qui étoient absents, & dont avec raison il étoit en peine.

[ Nous sommes douze fréres , tous enfants d'un mêre homme , . le dernier de tous est avec notre pére.] C'étoit ce que Joseph defiroit d'ap. prendre. Mais comment se fier à leur parole? Il est vrai que leur discours a un air d'ingénuité & de candeur , que l'artifice auroit peine à imiter. Mais après la maniére cruelle dont ils ont traité Joseph, l'absence de Benjamin donne de justes inquiétudes. Ils avoient mérité par leur ancienne perfidie , de n'être crûs que

sur des preuves manifestes ; & toute autre preuve que la venue de Benjamin même ne peut contenter Joseph.

[ Envoyez l'un de vous pour l'amener. En attendant , vous demeurerez prisonniers .. IL les fit donc mettre en prison pendant trois jours.] Il leur proposoit de députer l'un d'entre eux, Et comme ils ne pûrent s'y résoudre , il les fit tous mettre aux fers, comme il les en avoir menacez d'abord. Son dessein étoit de leur prouver que ses paroles n'étoient pas de fimples menaces, & que leur vie dépendoit de la venue de leur frére Benjamin.

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( Et ils se disaient l'un à l'autre : C'est avec CH A P.

justice que nous souffrons tout ceci , parce que XXX. nous avons péché contre notre frére. ] Ce crime,

long-temps oublié, est cour d'un coup rappelle à leur mémoire , & d'une maniére si vive, qu'il semble qu'ils ne viennent que de le commettre. Tous se le reprochent : aucun ne s'ercuse ; & tous conviennent qu'il est jufte qu'ils en soient punis. Telle est la force de la conscience dans des hommes d'ailleurs vicieux, mais qui n'ont point été jusqu'à en étouffer la lumiére, quoiqu'ils n'y aient pas toujours été fidelles ; & qui ont respecté la Loi qui condamnoit leurs actions.

[ Nous le voyions accablé de douleur, lorsqu'il nous prioit d'avoir pitié de lui. ] Nous apprenons ici des coupables une circonstance de leur crime, qui n'est point dans le récit de l'Ecriture. On en a fait usage dans l'application de la premiére partie de l'histoire de Joseph à Jesus-Christ.

(C'est pour cela que ce malheur nous est arrivé.

Les hommes n'effaceront jamais de leur cæut Genese to. z. le sentiment que Dieu y a imprimé de sa pré

fence & de fa justice. Ils ne réussiront jamais à fe persuader que le crime n'est rien, ou qu'il n'a pas été vû , ou qu'il demeutera impuni. Ils seront quelquefois rassurez par la pacience & par le silence de leur Juge, ou par la multitude de leurs complices. Mais lorsque la vengeance commencera à éclatter, ils seront les premiers

avouer qu'ils l'ont mérité.

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a

Jacob contraint par la famine, renvoie ses

fils en Egypte, 6 Benjamin avec eux. Ils font bien reçûs par Joseph, & man

gent avec lui. Gen. 43. CEPENDANT la famine continuoit

d'affliger tout le pays. Jacob voyant que les vivres commençoient à manquer,

dit à ses enfants : Retournez en Egypte , & ache:ez-nous un peu de bled. Juda lui dit: Celui qui commande en Egypte nous a déclaré expressément fa réfolurion, disant : Vous ne paroîtrez plus devant moi , si votre frére n'est avec vous. Si donc vous voulez l'envoyer avec nous, nous partirons , & nous irons vous acheter des vivres. Si vous ne l'envoyez pas, nous n'irons point. Car ce Seigneur nous a dir , Vous ne paroîtrez plus devant moi , que votre frére ne soit avec vous. De quoi vous êtes-vous avisez, reprit Jacob, de lui dire pour mon malheur que vous aviez encore un frére Ils répondirent : Il nous a fait plusieurs questions sur nous & fur notre famille : Votre pére vit-il encore !

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&

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n'avez-vous point quelque autre frére? CHA P. Nous avons répondu à ses demandes. X.XXI. Pouvions-nous deviner qu'il nous di

roir : Amenez ici votre frére ? Et Juda dit à son pére: Envoyez-le avec moi, afin

que nous puissions partir , & avoir de quoi vivre ; & que nous ne mourions pas, vous, & nous, & nos petits enfants

. Je me charge de lui ; & c'est à moi que vous en demanderez compte. Si je ne le raméne, & si je ne vous le rends , ne me le pardonnez jamais. Hé bien, dit Jacob, puisque c'est une nécessité, faites ce que vous voudrez. Prenez des meilleurs fruits du pays , pour en faire présent à ce Seigneur. Reportez aussi l'argent que vous avez trouvé dans vos sacs, de peur que ce ne soit une méprise. Prenez votre frére avec vous , partez, & retournez vers ce Seigneur. Je prie mon Dieu, le Dieu tout puissant, de vous le rendre favorable; afin qu'il renvoie avec vous votre autre frére , & Benjamin. Pour moi, je m'en vais demeurer feul, comme fi j'élois sans enfants. Ils partirent donc tous ensemble avec des présents pour Joseph, & le double de l'argent qu'ils avoient porté la premiére fois,

Etant arrivez en Egypte , ils se présentérent devant Joseph. Lorsqu'il les

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cue apperçûs, & Benjamin avec eux ;
il dit à son Incendant , Faites entrer ces c H A Po
gens-là chez moi , & préparez un grand X X X I.
repas, parce qu'ils mangeront à midi
avec moi. L'Intendant exécuta l'ordre,
& les fit entrer. Eux tout surpris d'un
tel traitement , s'imaginoient qu'on al-
loit leur faire un crime de l'argent qui
s'étoit trouvé dans leurs facs. Ils com-
mencérent donc par se justifier auprès
de l'Intendant, disant qu'ils ne sça-
voient pas comment cela étoit arrivé ;
&

que pour preuve de leur bonne foi, ils rapportoient cet argent. L'Intendant les rasfura , en leur disant: Ne craignez rien : c'est votre Dieu , & le Dieu de votre pére qui vous a fait trouver de l'argent dans vos sacs : car pour moi,

:

: j'ai reçû celui que vous avez donné. Aussitôt après il leur amena Siméon leur frére. On leur apporta de l'eau : ils se lavérent les pieds , & préparérent leurs présents, en attendant l'arrivée de Joseph. Dès qu'il parut , ils se prosternérent devant lui, & lui offrirent leurs présents. Joseph après les avoir faluez avec bonté, leur dit : Votre pére, ce bon vieillard dont vous m'aviez parlé, vit-il porte-t-il ?'

encore? comment le Ils répondirent : Notre pére votre ser-: viteur est encore en vie , & il se

porte

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