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» Les Alpes , avant que d'être » ainsi appellées , se nommoient réel» lement les monts Riphées : c'est ce » que rapporte Posidonius dans A » thenée : c'est ce

que

soutient Proa • tarchus dans Etienne de Byzan» ce. »

J'abandonne volontiers Posidonius à M. Gibert. Cet Auteur comparé à un point de Géographie, qui a précedé de plus de quinze fiecles celui où il a vécu, eft fi récent, qu'il ne mérite, ni d'être écouté, ni d'être cité. Ce qui est d'autant plus certain, qu'il ne s'est avisé de convertir, de son autorité privée, les Alpes

de notre Occident en monts Riphées, que parce qu'il a désespere de découvrir la véritable position des monts Riphées des anciens.

Pour Protarque, il est si éloigné d'avancer ce qu'on lui fait dire , qu'il affûre manifestement le contraire. En effet, voici les paroles d'Etienne de de Byzance exactement rendues en François: Protarque dit que les Alpes portent aussi le nom de monts Rio phées, & qu'on appelle Hyperboréens les

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peuples qui habitent aux pieds des Ala pës. Or pour peu qu'on soit initié aux myfteres de l'ancienne Géographie, en lisant les paroles de Protarque , on eft convaincu que cet Ecrivain ne parle nullement de cette partie des Alpes, qui séparoient l'Italie de la Germanie & des Gaules, & qui ém toient seulenient connuës de Posidonius : Mais que ces paroles tombent nécessairement sur les Alpes , que les anciens plaçoient à l'extrémité du Nord de l'Europe, telles qu'étoient les Alpes Carpathiennes, ou ces montagnes qu'on appelle encore sur les lieux, les Alpes de Transilvanie , qui séparent cette Province de la Valachie, ou quelques autres montagnes semblables du Septentrion : car les anciens étendoient les Alpes jusques-là. Cette vérité a bien été entrevûë par quelques-uns de nosSçavans des derniers tems; mais aucun d'eux n'a pû la considerer à toutes sortes de jour, faute , non-seulement d'une autorité expresse, sur laquelle il pût se décider, mais encore de sçavoir le peu de

fonds qu'il falloit faire sur celle de Po sidonius.Mais aujourd'hui le voile est levé, & c'est Onomacrite qui nous rend cet important service. En effet , cet Auteur si antèrieur à Protarque, & fort connu de l'Auteur moderne, après avoir fait franchir les monts Riphées aux Argonautes les introdait dans l'heureux climat des Hyperboréens;& au sortir de-là, il les fait passer immédiatement dans le pays des Cimmeriens, « peuple, dite »il, qui est condamné à passer sa vie » dans les téņebres, parce que le mont » Riphée & le mont Calpien à l'O

rient, le mont Phlegre au Midi , & » les hautes Alpes à l'Occident, lui » dérobent en tout tems la clarté du #soleil. »

Er mér zaio Pigalov špos, rou' Kármos auxclus
Ανηλίας είργασ', επικίλεται η πρώτη
Ατον επισκιάζεσαι μεσημβeμον καιρο φλίγρό
Adieux au spurtya Páos 7' &ruarius AX

MIS

Κείνοισι μερίπαν,αχλύς επικέκλια! άει Onomatr. Argon. fol. 35. verso , édis. Aldin. an. 1517.

Un témoignage fi clair & fi précis m'exempte de faire des rèflexions , qui ne serviroient qu'à répandre des ténébres cimmériennes sur le point important, que je viens d'éclaircir.

. VI.

Vraie signification du mot Ri

phée. Les monts Riphées étoient près de la caverne par l'on defcendoit aux Enfers ; cette caverne étoit au fond du Nord.

» Le nom même de Riphées est Là més to purement Celtique, & signifie dans mc. » cette langue les montagnes du froid , på telles qu'on dépeignoit celles dont wil s'agit.« Arvaque Riphæis numquàng vidyata

pruinis, L'Auteur moderne ne persuadera à qui que ce soit, que le nom de Riphées soit purement Celtique, & qu'il signifie dans cette langue les montagnes du froid, à moins qu'il

ne cite quelque Ancien, sur la foi duquel on puisse compter. Je trouve au contraire dans Servius, que Riphée a une origine Greque, & qu'il fignifie impétuosité. Riphai autem montes Scythia, ut diximus, à perpetuo ventorum flatu nominari : nam bo og Grace impetus & oppen to TG PIT TEWY. Serv. Georm gic. 111. p. 140. Ainsi en attendant, on peut s'en tenir en fûreté de conscience à la signification marquée par Servius ; parce qu'outre que ce sont les Grecs, qui ont les premiers parlé des monts Riphées, ils les ont aussi connus,

&
pour

ainsi dire, baptisés plusieurs siécles avant qu'ils îçûssent s'il y avoit des Celtes dans le monde.

Au reste, une preuve certaine que dans le vers cité par l'Auteur moderne le nom Riphées ne signifie ni loin ni près, ce qu'il lui fait fignifier, c'est qu'il y est emploïé pour marquer la position des lieux , qui sont aux environs de la caverne, par où les Anciens disoient

que

l'on de cendoit aux Enfers. Caverne que Virgile, en cet endroit, Onomacri

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