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lib.vj. ce 14.

Philosophes de l'antiquité, ils s'expliquoient le plus clairement, &avec moins d'équivoque sur ce point important de la vraie Religion. Mais on n'en doit point inferer que ce dogme les rendît plus célébres : car parmi le grand nombre d'Auteurs qui parlent de leur créance , il n'en eft point qui ne les donne pour les inventeurs, ou plûtôt pour les défenseurs de la métempsychose. « Les Bel.Gal. Druïdes , dit Cesar, ont pour ma- a xime que les amesne meurentpoint, mais qu'après la mort du corps « qu'elles animoient, elles passent en « d'autres corps. Le dogme favori u lib. ve de Pythagore, écrit Diodore de p. 213, Sicile, eft fi fort gravé dans l'elo a prit de tous les Gaulois , qu'ils a croïent non-seulement que les ames « sont immortelles, mais encore que, & pendant la durée d'une longue pé- a riode d'années, elles entrent dans « d'autres

corps, & les animent. » Lucain &Ammien Marcellin tiennent le même langage; mais celui qui le fait avec le plus d'indécence, c'eft Vale- lib. 11. re Maxime: car après avoir dit fim-: 4.00 plement, que les Gaulois étoient persuadés de l'immortalité de l'ame, il ajoûte : « Je traiterois de fous ces » Porte - brayes , 's'ils ne tenoient le » même sentiment que le Philosophe » Pythagore. » Par- là il est visible, que le dogme de l'immortalité de l'ame n'a point valu aux Druïdes un once de gloire & de réputation : au contraire, après l'avoir découvert à Pythagore , & l'avoir eu lui-même pour éleve, ils ont eu le chagrin de lui voir défigurer un sistême essen-, tiellement vrai, qui étoit le fondement de leur Religion & de leur Philosophie ; & ce qui est encore pire, de passer pour ses disciples: Et voilà pourquoi j'ai proposé plus haut cette alternative, que les anciens ne faisoient passer les Druïdes que pour les inventeurs, ou plântôt pour les défenseurs de la métempsychose.

Mais après tout, que fait le dogme de l'immortalité de l'ame à la

que ftion présente ? On veut nous perfuader

que

les Druïdes doivent pafser pour les Hyperboréens des anciens

, parce que le dogme de l'ima

mortalité de l'ame étoit le fondement de leur Religion de leur Philosophie. Mais avant toutes choses, il faudroit prouver que le même dogme eft aufsi le fondement de la Religion & de la Philosophie des Hyperboréens : ce qu'on ne fait sûrement pas ; & quand on le feroit , les preuves devroient être fi propres aux Hyperboréens, qu'en ne faisant d'eux & des Druïdes qu’un même peuple, elles donnaffentl’exclufion aux Egyptiens, & aux autres nations qui faisoient profession de croire l'immortalité de l'ame, & qui néanmoins n'étoient point les Hyperboréens.

S. XVIII. Ravages que le vent de Borée fai

Soit dans la véritable Celtique. Les Gaulois donnoient à ce vent c de nom de Circius. Auguste lui fit ériger un temple. La Col

chide n'étoit point la région que les Hyperboréens occupoient. Il y avoit deux fortes d'Hyperbo

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réens. Les monts Riphées étoient
voisins de la mer glaciale.

» Les Druïdes ont donc évidem-
s ment tous les caracteres attribués
» aux Hyperboréens : & par consé-
» quent on ne peut gueres douter,

qu'ils ne soient les véritables Hy» perboréens que nous cherchons , w puisqu'ils sont les seuls, dans le païs » où nous devons trouver les Hy» perboréens , à qui ces cara&eres » peuvent convenir. »

Je laisse à décider au public, fi les Druïdes étoient vraiment dans le païs,où nous devons trouver les Hyperboréens ; fi mêne, en supposant qu'ils y füssent, ils pouvoient seuls, & indépendamment des Celtes , dont ils étoient la portion la plus distinguée', être les Hyperboréens; enfin, s'ils avoient tous les caracteres attribués aux Hyperboréens. Aucune de ces questions ne sçauroit être problématique : car pour

entaffer

preupreuves, le nom seul d'Hyo perboréens donne absolument l'exclufion aux Druïdes, & aux véritables

ves sur

Celtes. En effet, il marque un peuple , qui , selon les uns, étoit immédiatement au-celà du vent de Borée , & qui , selon d'autres, étoit le plus septentrional de tous les peuples; avec cette circonstance particuliére, selon tous , que par la position du pais qu'il occupoit, il n'éprouvoit, ni ne pouvoit éprouver les incommodités du vent de Borée. Circonstance seule qui auroit dû arrêter les Ecrivains, lesquels, désesperant de pouvoir découvrirles montsRiphées, se sont avisés de les transformer dans les Alpes , & de donner la Celtique pour le pais des Hyperboréens;ignorant que le vent de Borée souffle des Alpes dans la Celtique avec tant de Strab. l. force & de violence, qu'il roule de grof- " ses pierres , qu'il renverse les voitures pua bliques , avec les charges a les personnes qui y sont ; qu'il dépoüille les voiageurs,& emporte leurs hardes , leurs ara mes , & tout ce qu'ils portent ; qu'il remplit la bouche , & empêche de parler ; que des pierres qu'il enleve , il en forme des monceaux semblables aux monceaux de Sable , que forment ordinairement les

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