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qué par menaces,par mauvais traitemens, par des injures, par des reproches , pas des brutalités,ne vaudroit rien & ne donneroit à celui qui s'en voudroit servir,aucuin veritable droit.

Il est certain encore qu’ın Testament dont la datte est conftainment falsifiée, dont le corps de l'écriture est justement suspect de fausseté, ne vaut rien.

Le different ne confifte donc point dans le droit , mais dans les faits dont on fauroit certainement la verité, fi les uns ou les autres étoient finceres. Sempronius & la famille foutient que Mævius a fait à sa femme, pour en obtenir un Teftainent, tous les inauvais traitemens dont il s'est pu aviser ; qu'il l'a menacée une infinité de fois de la rendre la phis malheureuse de toutes les femmes; qu'il l'a outragée ; qu'il l'a abandonnée ; qu'il lui a refusé toutes choses dans l'extreinité de la maladie. Si ces faits sont vrais, le Teitament ne vaudroit rien quand il seroit ineine veritable.Dieu fait la verité de ces faits , & les Parties ne la peuvent pas ignorer. Il condane donc encore dans ce jugement les uns ou les autres d'injustice & de mensonge.

Sempronius soutient qu'on lui a montré ce Testament non datté aprés la mort de la fille. Mævius le nie & loutient

qu'il a toujours été datté. Ce fait est décisif. La moindre fausseté dans un Testament olographe , est une tache d'huile qui annulle l'acte , comme Titius (l'AvoGat arbitre ) en eft convenu, & comme en conviennent les plus faineux Avocats de Paris.

Il est impossible que l'un & l'autre soit de bonne foi: c'est donc encore un pro cès devant Dieu que celui de la validité de ce Testainent.

III.

Il s'ensuit de là que nulle Sentence arbitrale , nulle Transaction ne peut mettre en fureté de conscience ceux qui auront alluré des choses fanssesy & qui en auront desavoué de veritables. Et qne fi par malheur la Sentence des Arbitres ne se trouvoit pas conforme à celle de Dieu , elle ne dispenseroit mullement celui en faveur de qui elle feroit rendue, de la restitution exacte à laquelle il est obligé par la loi de Dieu , parcequ'il en seroit toujours in julte poslesseur.

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Non seulement ceux qui s'emparenc du bien d'autrui par des parjiires , sont obligés à la restitution de ce bien; & n'en

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peuvent être dispenses que par l'impnisfance, mais ils sont même obligés indispensablement à la restitution de l'honneur qu'ils ont voulu ravir au prochain. Car en disant qu'ils n'ont point reçu , ce qu'ils ont reçui, ils accusent par là ceux qui leur font cette demande, de vol, d'injustice , de mensonge.Ceft donc une calonnie & une calomnie publique ; & tous ceux qui ne lesy obligent pas ,

les trompent iniserablement.

V. Ceux qui disent que l'on scandalife un parjure en disant & en soutenant qu'il cft parjure, ne savent guéres ce que c'est que fcandaliser , & téinoignent qu'ils ne sont guéres instruits des veritables regles de l'Eglise. Car si ce parjure est obligé lui-même selon la loi de Dieu, à un defaveu public de ses parjures qui enferment une calomnie ; comment peut-on croire qu'on le scandalise en ne disant de lui que ce qu'il est obligé d'en reconnoitre lui mêine publiquement s'il veut farisa faire à la justice de Dieu.

VI. left clair par tout cela que la Senteri ce des Arbitres fur ces differens , eft l'urne de ces Sentences dangereuses, où en

favorisant ceux que la loi de Dieu condanne , on leur fait réellement le plus grand mal qu'on leur puisle faire. Qu'aindi le foin des Arbitres doit être , autant qu'il est possible, de reconnoître le fond des chofes,& la verité réelle fur laquelle le jugement de Dieu est fondé.

VII. Il est clair aussi qu'après l'avoit reconnue ils doivent moins avoir égard aux formalités : & s'ils ne s'en dispensent pas tout-à-fait, ils doivent faire en sorte qu'elles s'accordent avec la verité sur laqnelle Dien juge: parcequ'autrement ils ne fauroient éviter de nuire à ceux mê mes qu'ils vondroient servir.

VIII. Cela leur sera facile en interrogeant, comme ils le peuvent de droit, toutes les perfonnes de ces familles, étant difficile que la veritė se cache à des personnes li clairvoyantes, & qne la malice puisse être fi artificieuse qu'elle ne tombe en une infinité de contradictions.

I X. Celui qui a écrit ceci est très-petfuadé de la justice de la cause de Sempronius , & de Son entiere sincerité, quoiqu'il ne

fache ces choses que par raport.

1. Il lui peut rendre ce téinoignage veritable , que l'on n'a jamais remarque en lui le inoindre défaut de sincerité; de forte qu'il peut dire avec verité que la fincerité est plutôt une vertu naturelle qu’une vertu chrétienne dans la famille.

2. Il a été averti par lettres ponctuellement de toutes les violences de Mævius avant qu'on eût encore aucune vûe qu'il feroit paroître un Testament.

3. La chose parle d'elle-même à l'égard des hardes, & il n'y a point d'homme de bon sens qui puisse s'imaginer qu’ın homme de bien, coinme Sempronius,qui n'a jamais été soupçonné de la moindre mauvaise foi, forine le dessein de favirà son gendre une petite somine d'argent, en se dannant avec toute sa famille. Cela est incroyable. Et il est air-contraire trèscroyable qu’nn jeune homme avide & déreglé se parjure pour retenir ce qu'ilne veut pas rendre.

4 Les parjures certains & indubitables de Mæyits lui doivent ôter toute créance dans le reste.

5. La déposition du sieur P. qui est prêt de declarer qu'il a vû le Testament sans datte, est une preuve moralement certaine.

6. Il y a plusieurs personnes d'honneur

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