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qui sont inforınés exactement de la vefité de ces faits, & qui en peuvent rendre témoignage.

X Je laisse les autres preuves plus conformes aux formalités, & que je ne sai mais je suis sûr que celles-ci suffisent pour persuader à des personnes raisonnables que toute cette affaire est une noire inalice de la part de Mævius & de fa famille.

XI. Et delà il s'enfuit que les Arbitres étant assurés de la verité dans le fond , doivent faire tout ce qui leur est possible pour y réduire les formes; c'est-à-dire, pour faire que ceux qui font convaincus en effet de tant d'impoftures, le soient aussi d'une maniere qui leur puisse ôter le moyen d'en retirer le fruit qu'ils en esperent; parceque ce fruit est pour eux le plus grand de tous les malherirs, & dont tous ceux qui les aiment veritablement doivent tâcher de les préserver.

XII. Et la conclusion generale de tout ce Traité, est qu'iln'y a point de voie par laquelle Mæyius puisle obtenir quelque

chose legitimnement de cette succession ; que celle de renoncer à toutes ces prétentions, de s'offrir à rembourser tous les frais du procès qu'il a faits, & de le remettre à la bonne

volonté de

Sempronius, qui lui seroit peut-être aussi favorable que ses poursuites injustes. Mais lui & tous ceux qui auront été complices de fes parjures, & qui en les connoillant l'auront affifté dans ce procès seront toujours obligés de restituer tout ce qu'ils auront obtenu par Transaction, Jugement, Sentences arbitrales; & enfin par tout accord forcé, involontaire, & auquel Sempronius aura été obligé par les parjures de Mævius.C'est ce quel'on

peut faire ligner par toute la Sorbonne, supposé la verité des faits dont Mævius ni la famille ne

peuvent douter.

Cette condition eft dure, mais elle est unique, tous les hoinmes ensemble n'en fäurvient trouver une autre,parceque cela ne dépend point des hommes,mais de Dien qni ne lai laisse que celle-là.

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N a tout ,

Direction.

dit-on
» pour

de l'argent en ce monde, & quelques riches voudroient porter

cette maxime jusques à avoir aussi de la direction pour de l'argent. Leur aveuglement està plaindre , puisqu'il approche fort de ceux qui croient qu'on peut acquerir les dons de Dieu à prix d'argent, & ils doivent craindre que les égards qn'ont pour enx lenrs Dires êteurs, ne tiennent un peu de la molesie condannée

par l'Ecriture qui avertit les Pasteurs de ne pas mettre des coussins sousles condes des pecheurs:mais les pauvres n'ont point cet écueil à craindre ; car l'humilité et un des avantages de leur

.

condition , qu’un Directeur doit confera ver à ceux à qui Dieu l'a donné , & il le conserve en les traitant en apparence avec plus d'indifference & de froideur: Il se peut aussi dispenser à leur égard de tous les devoirs inutiles qui ne viennene que de la condescendance pour l'infirmité que

les Grans tirent de leur condition même. Mais soit ces Directeurs, soit ces riches ils doivent demeurer dans ces terines , & craindre fur-tout de les exceder.

II. Moderés contredisans. Il n'y a point de personnes plus contredisantes & plus contredites que celles qui sont les plus moderées dans leurs sentimens. Cela paroît étrange , &elt pourtant vrai. La raison en est, que la plupart du monde se jette dans l'excès; ou en blamant,ou en approuvant; d'où il arrive que les personnes moderées qui ne louent rien, & qui ne blament rien avec excès, mais qui souvent approuvent le bien & blâment le mal dans les mêmes personnes, se trouvent presque toujours contraires au jugeinent des autres.

III. Deux fortes de moderation. 1 y a une moderation de langage &

ane moderation de sentiment , & ce sont deux qualités très- differentes. Car fouvent ceux qui sont dans des sentimens justes & moderés , ne font point moderés dans leurs discours

, & y font paroître plus de chaleur qu'il ne faut. Et au-contraire il arrive souvent que des personnes dont les sentimens sont très-injustes & crès-excessifs,ne laissent pas d'être inoderées dans leurs paroles, ce qui ne sert qu'à les abuser, en leur faisant prendre certe moderation apparente pour une veritable moderation de fentiinent.

IV. Serviteurs imparfaits utiles. Il estutile à un Maître d'avoir des fer. viteurs imparfaits, parcequ'il lui eft utile d'avoir des dettes å reinettre , afin d'engager Dieu à lui remettre les fiennes. Ceux qui s'en plaignent, se plaignent en effet, que Dieu leur donne de l'argent pour acheter le ciel

V. Honteux d'être servi. Cest une chose honteuse à un pecheur que d'être servi, parceque la condition naturelle devroit être de servir les autres.. Il n'y a perfonne qui ne doive se consideser comme pecheur:il n'y a donc per

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