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m'ont donné à chaque âge, que les vies moyennes, que j'en ai déduit, font très approchantes du vrai pour les Religieux, ce qui doit être encore affez prouvé par la conformité qu'il s'y rencontre par-tout.

J'ai dit dans mon Livre page 49, que je n'ai pas employé la Tontine de 1709, à caufe de la longueur du tems qu'il y a eu entre l'Edit de création & la clôture, & je dis par ma Lettre du mois de Mai, que c'eft cette même longueur de tems qui a occafionné le déplacement & les difproportions que M. Thomas trouve dans les claffes de fon Rentier: voici fa replique. Et l'objection, dit-il, que la longueur de la confection de quelques Tontines peut occafionner ces difproportions, me paroît tomber d'elle-même, fi lon fait attention. que ceux qui font préposés pour l'opération des Tontines n'admettent dans les claffes, quelque longues qu'elles foient à remplir, que des. perfonnes fuivant l'âge qu'elles avoient lors de la création, à moins qu'ils ne foient authorifes par quelque Arrêt du Confeil que l'on devroit produire.

Ne croiroit-t-on pas que cela eft vrai par la fécurité avec la quelle il ofe l'avancer, j'aurai l'honneur de lui apprendre qu'on a toujours mis les Rentiers dans la claffe où ils ont pû être lors de la conftitution, & non pas dans la claffe où ils auroient pû être lors de l'Edit de création, je connois plufieurs Rentiers qui font dans ce cas; il fuffira, je penfe, de lui en citer un ; je le prendrai exprès dans la Tontine qui fait fon champ de bataille. Anne Laurence Dupuy, née à Befançon le neuviéme Août 1692, acheta une action de la troifiéme Tontine au mois de Novembre 1712, trois années & demi après l'Edit de création, elle a été employée dans la cinquiéme claffe, parce qu'elle avoit alors 20 ans complets, au lieu que fi elle eût acheté fon action en 1709, ou 1710, ou 1711, & même au commencement de 1712, elle n'auroit pû être employée que dans la quatriéme claffe. Le Contrat eft dans l'étude de M. de la Manche, Notaire, à la pointe faint Euftâche. D'ailleurs fi M. Thomas avoit voulu prendre garde au Rentier qu'il cite, qui de fon propre aveu eft légitimement placé dans fes deux claffes, fçavoir, dans la fixiéme en 1689, & dans la onzième en 1709, (l'Edit de création de cette troifiéme Tontine eft du mois de Mai, & celui de la premiere du mois de Novembre, ) il auroit vû que puifque ce Rentier n'avoit pas 30 ans complets en Novembre 1689, à plus forte raifon n'avoit-t-il pas 50 ans complets au mois de Mai 1709. Si ce que M. Thomas avance étoit vrai, fon Rentier auroit dû être dans la dixiéme claffe de la Tontine de 1709, & non dans la onziéme comme il l'eft; ou bien fi ce Rentier avoit eû 50 ans juste,

lors de la création de la Tontine de 1709, comme le dit M. Thomas; il auroit eu 30 ans paffés en Novembre 1689, & il auroit été dans la feptiéme claffe de cette premiere Tontine.

M. Thomas doit voir par-là que j'ai eû raifon de ne pas employer cette Tontine, parce qu'il doit fe trouver de trop grandes inégalités d'âge dans toutes les claffes, la différence pouvant aller à 7 ou 8 ans; par là toutes les comparaifons qu'il fait des réfultats des claffes de la premiere Tontine, aux résultats des claffes de la troifiéme, tombent d'elles-mêmes à leur tour; s'il veut cependant qu'elles ayent lieu, il s'enfuivra que les vies moyennes des Rentiers doivent être plus longues que je ne les ai faites, parce qu'il refte plus de Rentiers vivants en 1744 à la dixiéme claffe de lá troifiéme Tontine (que je n'ai pas employée) qu'il n'en devroit refter proportiellement à ce qu'il en refte dans la fixiéme claffe de la premiere Tontine, dont j'ai fait ufage, parce qu'il ne refte dans celleci qu'un feptiéme, & qu'il refte un cinquiéme dans les deux divifions enfemble de la dixiéme claffe de la troifiéme Tontine; ce qui s'accorde avec ce que j'ai dit pages 51 & 63, que les vies moyennes des Rentiers péchent plutôt par défaut que par excès, parce que j'ai toujours laiffé l'avantage du côté des Rentiers. Les Lecteurs jugeront parce qu'on vient de voir du fonds qu'on doit faire fur la replique de M. Thomas, & du motif qui peut l'avoir porté à la faire. Je fuis Monfieur, &c,

M

Extrait des Regiftres de l'Académie Royale des Sciences.

Du 28 Novembre 1746.

RS. NICOLE & DE BUFFON, qui avoient été nommés pour examiner quatre Lettres que M. Déparcieux défire faire imprimer, dont deux contiennent des difficultés contre fon Effai des Probabilités de la vie humaine, par M. Thomas; & les deux autres les Réponses à ces diffcultés, en ayant fait leur rapport, l'Académie lui a permis de les donner à l'Impreffion. En foi de quoi j'ai figné le préfent certificat. A Paris le 28 Novembre 1746.

GRANDJE AN DE FOUCH 1, Secretaire

perpétuel de l'Acad. Royal. des Sciences,

PRIVILEGE DU ROI.

OUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre, à nos

ment, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand-Confeil, Prevôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils, & autres nos Jufticiers qu'il appartiendra: SALUT. Notre Bien amé HIPPOLYTELOUIS GUERIN, Libraire à Paris, Nous a fait expofer qu'il defireroit faire imprimer & donner au Public un Ouvrage qui a pour titre : Effai fur les Probabilités de la durée de la Vie humaine, &c. s'il Nous plaifoit de lui accorder nos Lettres de Permiffion pour ce néceffaires. A ces causes, voulant favorablement traiter l'Expofant, Nous lui avons permis & permettons par ces Préfentes, de faire imprimer ledit Ouvrage en un ou plufieurs Volumes, & autant de fois que bon lui femblera, & de le faire vendre & débiter par tout notre Royaume pendant le tems de trois années confécutives, à compter du jour de la date des Préfentes. Faifons défenfes à tous Libraires, Imprimeurs, & autres perfonnes de quelque qualité & condition qu'elles foient, d'en introduire d'impreffion étrangere dans aucun lieu de notre obéiffance; à la charge que ces Préfentes feront enregistrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois de la date d'icelles; que l'impreffion dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume, & non ailleurs, en bon papier & beaux caracteres, conformément à la feuille imprimée, attachée pour modele fous le contre-fcel des Préfentes; que l'Impétrant fe conformera en tout aux Reglemens de la Librairie, & notamment à celui du 10. Avril 1725. & qu'avant de les expofer en vente, le Manufcrit qui aura fervi de copie à l'impreffion dudit Ouvrage, fera remis dans le même état où l'Approbation y aura été donnée, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier le Sieur Daguesseau Chancelier de France, Commandeur de nos Ordres; & qu'il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliotheque publique, un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle de notre trèscher & féal Chevalier le Sieur Dagueffeau, Chancelier de France; le tout à peine de nullité des Préfentes; du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Expofant & fes ayans caufe, pleinement & paifiblement, fans fouffrir qu'il leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons qu'à la copie defdites Préfentes qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, foi foit ajoutée comme à l'original. Commandons au premier notreHuiffier ou Sergent fur ce requis, de faire pour l'exécution d'icelles tous actes requis & néceffaires, fans demander autre permiffion, & nonobftant clameur de Haro,Charte Normande, & Lettres à ce contraires. Car tel eft notre plaifir. Donné à Fontainebleau le vingt-uniéme jour du mois d'Octobre, l'an de grace mil fept cent quarante-cinq; & de notre regne, le trente-uniéme. Par le Roi en fon Confeil.

SAINSON.

Registré fur le Registre XI. de la Chambre Royale des Libraires & Imprimeurs de Paris, No. 501. fol. 436. conformément aux anciens Reglemens, confirmés par celui du 28. Fevrier 1723. A Paris, le 28. Octobre 1745.

VINCENT, Syndic.

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